Pourquoi les protestants s’exilent vers 1662, vers quel ailleurs ?

Un commentaire sur la « crise de l’Avènement »  m’a entraînée sur les chemins de la Grande Histoire et celle nos ancêtres protestants. Si la famine de ces années là peut être une raison de partir vers 1662, il en est une autre plus profonde, l’avènement de Louis XIV lui même et l’application « stricto sensu » de l’Edit de Nantes.

En recherchant l’ascendance de François BERGERON, aubergiste à la Crèche dans les années 1700, Geneanet me donnait en réponse une famille BERGERON de Saint Hilaire sur  l’ Autize ( aujourd’hui, Saint Hilaire des Loges , Vendée) qui partait en exil vers 1662 pour Quebec . Rien ne me permet de rapprocher l’ascendance de François Bergeron à cet autre François Bergeron, mais la date 1662, vingt trois ans avant la révocation de l’Edit de Nantes, m’a interpellée.

1663, le curé Delacroix d’Exireuil nous fait part d’un décès;

Le vendredi 13 juillet 1663 décéda Jehan Poussard, de ce bourg d’Exireuil, qui par la grâce de Dieu se convertit à la foi catholique gît en ce cimetière d’y celui âgé de 65 ans. Exireuil BMS 1662-1678 vue 79

Puis surgissent quelques actes d’abjuration.

Le 24 de janvier 1667, ont épousé par devant nous Jacques Bousseray avec Suzanne Pié (ou Ré) à laquelle j’ai donné l’absolution de l’hérésie en présence de tout de plusieurs témoins.
R Aucher prêtre curé de Saint Maxire (79)
Saint Maxire BMS 1597-1700 vue 171

Pourquoi abjurer la religion protestante dans les années 1660 ?

Il me fallait revenir à la Grande Histoire, à l’histoire protestante dans le royaume de France, à Louis XIII, à Louis XIV et plus précisément à sa politique religieuse.

25 août 1572, jour de la Saint Barthélémy; Catherine de Médicis ordonne le massacre des protestants et en particulier de leur chef, Coligny. On dénombre plusieurs milliers de morts à Paris et dans toute la France. La paix qui suivit est toute relative. Une première vague de départ est encouragée par Calvin vers Genève, L’Angleterre et les Provinces Unies.

30 avril 1598, l’Edit de Nantes fait une place aux protestants, leur donne la liberté de culte, l’accès à toutes les charges et professions, le droit de tenir des assemblées politiques, et celui de garder des places fortes au nom du roi pour assurer leur sécurité.

14 mai 1610, l’assassinat d’Henri IV qui avait réussi à maintenir un équilibre entre les religions et ainsi la paix dans le pays, rebat les cartes. Le jeune Louis XIII soutient le renouveau catholique. La paix est précaire mais la coexistence pacifique.

1620, l’assemblée générale des églises protestantes se réunit à La Rochelle, bastion de la religion calviniste, malgré l’interdiction royale et décide de défendre les places protestantes. La guerre est alors inévitable.

1628, Louis XIII et Richelieu décident de soumettre la ville de La Rochelle qui fait parti des places fortes accordées aux protestants par l’Edit de Nantes et refusent que la ville puisse constituer un « état dans l’état ». Le Grand Siège durera quatorze mois jusqu’au 1er novembre 1628. C’est la fin des privilèges de la ville. Les fortifications sont abattues, le temple transformée en cathédrale, la majorité religieuse devient alors catholique.

Le Cardinal de Richelieu au siège de La Rochelle (1881), musée d’Orbigny Bernon de La Rochelle.

.Ce 1er novembre 1628 Louis XIII victorieux et leur accorde la paix.

28 juin 1629 un édit est promulgué par Louis XIII, l’Edit d’Alais (Alès) ou Edit de grâce. Il confirme le régime de tolérance religieuse, mais réduit les réduits les privilèges militaires des protestants trop puissants à son goût. Les fortifications seront démantelées .Il y eu à nouveau des départs vers les pays refuges. L’histoire est en marche.

Il n’y a plus de territoire réservé aux protestants et les deux religions doivent coexister. Les huguenots perdent leurs privilèges politiques; places de sûreté et assemblées politiques. Ils sont alors dépendant du « bon plaisir du roi ».

Pour des raisons de politiques extérieures, cette cohabitation perdura bon an mal an jusqu’en 1655, 1657. Le cardinal ayant obtenu les alliances nécessaires avec les anglais, devint plus intransigeant, décide d’étouffer la R.P.R (la religion prétendue réformée, terme employé par les catholiques et par l’administration de l’époque). Le cardinal de Mazarin tente alors de faire appliquer à la lettre l’Edit de Nantes dès 1656 ce qui sera effectif en 1661.

Plusieurs édits restrictifs sont alors émis.

Le dernier synode des églises réformées de France eut lieu à Loudun (86) en 1659.

Il devient interdit de faire appel à des pasteurs étrangers  en particulier de Suisse.

Louis XIV en Apollon dans le ballet de la nuit, 1653

Louis XIV, le roi soleil.

Louis XIV, 22 ans, décide à la mort de Mazarin en mars 1661, de ne plus prendre de ministre et d’exercer son pouvoir qui sera alors absolu. Il s’identifie  au soleil, considère que seul Dieu est au dessus de lui, qu’il est monarque absolu de droit divin, chef des catholiques. Dans ses mémoires, il écrit vouloir maintenir la tolérance vis à vis des réformés dans « les plus étroites bornes » de l’Edit de Nantes (1598), et de l’Edit d’Ales (1629).

L’application à la lettre de l’Edit de Nantes, sous-entend que tout ce qui n’y est pas écrit est interdit….

L’étau se resserre.

Les textes législatifs contraignants les protestants s’accélèrent pour atteindre un paroxysme dans la décennie de 1660. Les abjurations commencent dans ces années là, de nouveaux convertis apparaissent  sur les registres d’inhumation. D’autres hommes, pour plusieurs raisons, peut-être la famine, mais aussi la vision d’une France devenue trop étroite, la misère,  le manque de travail et d’avenir vont s’exiler au fil du temps avec des pics en rapport avec les différents événements.

Du Poitou, ils embarquent des ports;  La Rochelle, Bordeaux, Dieppe, Rouen. Jusqu’en 1669, ils émigrent « officiellement ». Ils s’engagent au service d’un colon, d’une institution, ou d’un marchand vers la Nouvelle France, L’Acadie, les Petites Antilles. Il y a des études passionnantes sur ce sujet. Il faut alors s’intéresser aux compagnies, la Compagnie des Iles d’Amériques, la Compagnie des Indes Occidentales et Orientales. Le port de La Rochelle est tourné pour des raisons économiques vers le Nouveau Monde. En 1664, un comptoir de la compagnie des Indes Occidentales fut créé à La Rochelle.

En 1669, un édit royal interdit l’émigration des réformés, interdiction renouvelée dans l’Édit de révocation en 1685 et étendue aux nouveaux convertis.  Les voies maritimes sont alors surveillées.

Après cette date, ce sont des fugitifs que des chaloupes viennent chercher ,  déposent à bord des vaisseaux anglais, hollandais et danois ancrés au large. La mer est facile à franchir. Ils partent plus loin ensuite.

.La révocation de l’Edit de Nantes, l’Edit de Fontainebleau en octobre 1685, est l’aboutissement de la politique religieuse de Louis XIV qui considère qu’en 1685, il n’y a plus de protestants en France,  dernière étape, la plus violente, d’un long processus . Même si la religion n’est pas la seule raison d’exil, les années 1598, 1661 et suivantes, puis après 1680 ont été des pics d’émigrations vers un ailleurs.

 

 

 

 

 

 

Inhumé dans le ballet de l’église.

BALLET vous avez bien lu. Balet, ou ballet et non pas balai. Le balet d’une église est une pièce d’architecture ancienne ainsi appelée dans le Poitou qui peut être nommée « caquetoire » ailleurs.  En ces années là, le curé Delacroix de la paroisse d’Exireuil est plutôt bavard, surtout quand il s’agit d’inhumation et nous parle de ce jour de février 1660, où un homme fut inhumé dans le balet.

le mardi 3 jour du présent mois de février 1660, fut enterré le corps de Jehan Barreau métayer à la Roche d’Aubigné. Le corps du dit Barreau fut inhumé dans le ballet de l’église a cause de la gelée, âgé de 60 ans
Delacroix sépultures 1660.1661 vue 2
1 MI EC 91 R 276 coll communale

En ce mardi 3 février 1660, le gel avait du prendre le sol depuis plusieurs jours, le temps ne devait donner aucun signe d’amélioration. La terre gelée ne pouvant être creusée, rien n’étant prévu dans ce cas, la communauté dû alors prendre une décision si peu ordinaire que le curé Delacroix le mentionne dans son registre d’inhumation.

Définition

Située le plus souvent devant l’entrée, le balet désigne   un espace couvert en forme de auvent ou une avancée de toit ou encore une galerie couverte de tuiles dans la région. Souvent placé devant la porte, le balet pouvait plus rarement être accolé sur un des cotés de la nef. Ce auvent avait pour fonction de protéger la porte de l’église souvent une porte romane,  d’abriter les paroissiens et paroissiennes en cas de pluies, d’intempéries. C’était le lieu ou on échangeait des nouvelles des familles, savoir qui était le dernier né, les prochains mariages ou les dernières inhumations.

Le terme balet  peut également désigner une maison dont l’étage est desservi par un escalier extérieur protégé par un auvent.

Henri Martin, la vieille maison (1904), Musée Fabre Montpellier.

Étymologie

Le terme balet est peu connu et pourtant fréquent en Charente et Charente maritime. On en connait pas l’origine, mais il est mentionné par Gilles MENAGE dans son dictionnaire étymologique de la langue française.

« Ce pourroit bien être un mot de province. Mais d’où vient-il ? Peut-être balet en ce sens, signifie-t-il proprement ce petit toit qui règne le long d’un tripot pour y recevoir des bales » ; ici le terme tripot doit être pris avec son sens d’autrefois, à savoir un lieu couvert où se pratiquait le jeu de paume. Cette définition est reprise par Antoine Court de Gébelin en 1788, sans pouvoir préciser davantage l’origine du mot mentionné comme relevant du vieux français.
L’église St Vincent d’Exireuil telle que l’a connu le curé Delacroix n’existe plus. En effet, l’église actuelle fut construite sur l’emplacement de l’ancien cimetière entre 1869 et 1873, soit bien longtemps après. La première église, l’église St Vincent d’Exireuil dont on parlait depuis le 14e siècle était à quelques dizaines de mètres de l’église actuelle, un édifice roman, en parti détruit par les protestants, et démoli définitivement en 1873. On ne peut donc qu’imaginer cette église romane et son balet. Il existe néanmoins encore quelques auvents témoins de cet ancien temps.

Le prieuré Notre Dame de Champdeniers situé à Champdeniers Saint Denis (79), construit avant le 12e siècle, possède un petit parvis abrité par un auvent cachant une partie de la façade. De nombreux balets ont disparus surement pour cette raison. Celui-ci nous donne une idée de cette pièce d’architecture. Rien ne permet de dire qu’il ressemblait à celui d’Exireuil, mais il s’agit bien d’un balet.

L’église Notre Dame de Soudan (79) église d’architecture rustique, construite au 12e siècle, appartenait à l’abbaye de St Maixent (79). Elle n’a subit que peu de modification jusqu’au 18e siècle. Elle a le charme des petites églises rurales.

L’église Notre Dame de Clavé (79) située dans le Gâtinais, dominant aujourd’hui le lac artificiel de la Touche-Poupard, datant du 12e siècle, possède un auvent sur une charpente en bois devant le portail.

L’église  Sainte Eulalie de Secondigny (79), dont le portail sud est protégé par un auvent.

D’autres auvents couverts existent dans les régions du centre,   l’Orléanais, le Gâtinais, la Sologne, le Berry, le Bourbonnais. Ils prennent alors le nom de caquetoire, sont situés dans des villages plutôt que dans le milieu urbain, datent des 15e et 16e siècle et sont comme pour les balets accolés à des églises romanes.  Les paroissiens pouvaient  s’asseoir sur les murets ceinturant le auvent pour « caqueter » (parler à tort et à travers),  échanger des nouvelles au sortir de la messe, ce qui serait à l’origine du mot caquetoire. Il en existe de très beaux et bien conservés.

La liste n’est pas exhaustive. Le terme de balet, ballet caquetoire est peu connu, mais on les voit sans les nommer ou alors sous le terme plus général de « auvent ». Je vous laisse les découvrir ou encore redécouvrir à l’occasion des balades de printemps.

 

 

 

 

Mort pour avoir mangé trop de pain en 1663, à Exireuil (79).

Cette ligne alerta mon attention. Elle est dans le registre d’ Exireuil (AD 79) écrite par le curé de la paroisse, le curé Delacroix en 1663. Cet acte peut être lu comme une anecdote rare, ou on peut imaginer aller plus loin le remettre dans son contexte historique. Il prend alors une autre signification, change le regard qu’on lui a porté, et nous parle d’une crise de subsistance, la crise de l’Avènement.

février 1663
le dimanche 25 du présent mois de février susdit an  décéda Daniel Fournier nommé le Rouge au logis noble de la Chalonnière pour avoir trop mangé de pain gît dans le cimetière de céans
 Curé Delacroix
AD 79 Exireuil, BMS 1662.1678 vue 78

 

Salvador Dali, la corbeille de pain, 1926, Salvador Dali Museum, St. Petersburg (États-Unis)

Le curé Delacroix exerça son sacerdoce à Exireuil depuis environ l’année 1658 jusqu’au moins 1677, date après laquelle les archives ne sont plus en ligne avant 1693.  La transcription de ses actes de baptêmes est très classique. Sur le registre de 1662 à 1678 ( 1MI EC 91 R 276), il y a quelques pages où le curé Delacroix semble s’exprimer avec plus de franchise …Est ce une fin de carrière, ou une époque plus troublée que les autres?.

Nous sommes au début de l’année 1663, le curé de campagne était surement plus proche de ses ouailles que de l’épiscopat,  Louis XIV règne alors et pour tous ces hommes, la vie n’est pas rechercher le bonheur ou une bonne manière de vivre, mais plutôt chercher à survivre, ce qui est particulièrement vrai en cette période entre 1660 et 1663.

Un enfant sur quatre mourrait avant d’avoir atteint ses un an. Certaines années les récoltes étaient calamiteuses, il suffisait d’un printemps pluvieux, d’un été pourri, d’une récolte trop pauvre, suivi d’un hiver trop rigoureux, la famine était assurée.  Une famine toucha la France de 1661 à 1662,  conséquence de l’hiver rigoureux de 1660.  Les pluies continuelles du printemps et de l’été 1662 après de mauvaises récoltes les années précédentes compromettent les récoltes suivantes, font flamber les prix et les paysans souffrent de la faim.

Cette crise toucha toute la France mais plus particulièrement l’ouest du pays, le Val de Loire, le Bassin Parisien, la Normandie. Elle eut lieu juste après la prise de pouvoir absolu par Louis XIV, le 10 mars 1661, et fut nommée pour la circonstance, crise de l’Avènement.

Le pain est la première denrée alimentaire à l’époque, le pain blanc pour les gens des villes et le pain bis pour ceux des campagnes. Toutes les céréales y passaient, le froment,  le seigle, et si on manquait on pouvait y mettre du sarrasin, de la châtaigne, du mais, du millet. Un homme adulte mangeait en moyenne 1.5 kg de pain par jour, les enfants environ une livre, ce qui fait trois ou quatre kilos de pain par jour nécessaires pour une famille de cinq personnes. C’est dire l’importance des récoltes!

Ceux qui voulaient aller vers les villes, moins touchées par la famine étaient refoulés pour éviter les épidémies en appliquant l’adage, « chacun ses pauvres ». On parlait de pourpre à cette époque (rougeole, scarlatine) mais aussi  dysenteries, et de peste en 1662.1663.

Un retour rapide sur les archives départementales d’Exreuil confirme cet état de crise.

naissances
décès
Exireuil 1662
20
49
Exireuil 1663
18
18
Exireuil 1664
26
14
Exireuil 1665
29
5
Exireuil 1666
18
14
Les naissances 1662 et 1663 sont un moins nombreuses qu’en 1664 et 1665, mais c’est surtout la vague de décès de 1662 qui est énorme. 49 décès ont été enregistré par le curé Delacroix  !!! Presque 4 fois plus qu’en 1664 ou encore 1666, sans parler des 4 décès de 1665.

Relire cet acte de décès, avec ces informations, nous donne un autre éclairage, sur un homme, sur le curé, sa paroisse et ses paroissiens.

La relecture de cet acte en février 1663, juste après l’année  où il avait inhumé 49 de ses paroissiens, remis dans son contexte ne donne pas à rire, ni même à sourire. Le curé Delacroix a t’il voulu exprimer son désarroi devant un homme qui avait eu tellement peur de manquer, ou tellement faim, ou le souvenir de la famine de l’année précédente qu’il s’est étouffé avec du pain. Nous ne saurons jamais ce qu’il a voulu dire, mais c’était surement important pour lui pour qu’il le note dans son registre.

Louis Le Nain, Famille de paysans

Avoir été plus loin, remis cet acte dans son contexte , est ce que j’aime en faisant de la généalogie, inscrire la petite histoire dans une histoire plus grande, qui est aussi celle de nos ancêtres, dans ce cas dix ou onze générations avant moi.

 

Ligne de vie et ascendance INGRAND.

L’idée d’utiliser la ligne de vie d’un ancêtre m’avait séduite, jusqu’à ce que je constate que l’assistant de recherche fourni par le logiciel hérédis me suffisait. Elle me donnait la chronologie d’un individu avec les différentes étapes de sa vie, tout en permettant de visualiser l’état des recherche. J’utilise donc cette ligne de vie autrement;  comme  outil de comparaison entre deux individus ou encore deux couples. L’idée s’impose en face de l’ascendance de Madeleine Ingrand (Sosa 151, génération 8) née on ne sait où et décédée à Vouillé le 18 décembre 1817.

Mariage au Desert, Gravure de Samuel Bastide, http://www.museeprotestant.org/0000002343l/

Madeleine Ingrand épouse Jean Ingrand le 12 octobre 1778. Le mariage est célébré par le pasteur Gobinaud et inscrit sur les registres d’une commune indéterminée. L’époux, Jean est le fils de Jean Ingrand et Marie Marché demeurant au bourg de Fressines (79) et l’épouse Madeleine est la fille de Jean Ingrand et Marie Suire demeurant à Montaillon paroisse de Mougon (79).

Une recherche rapide sur geneanet donne une seule réponse en plusieurs exemplaires sur le premier couple Ingrand-Marché, mais plusieurs réponses différentes sur le deuxième Ingrand-Suire.

Un couple Ingrand-Suire vit à St Martin de St Maixent, s’est marié en 1710, eut au moins 11 enfants, voire 16. Ils sont donnés comme les parents probables de Madeleine Ingrand. Des détails me titillent, il y a des incohérences. C’est ce qui m’a décidé à faire une ligne de vie ou plutôt deux de ce couple Ingrand-Suire. L’estimation de l’âge la deuxième Marie Suire est calculé par rapport à la naissance des enfants.

Jean Ingrand
Marie Suire
Jean Ingrand
Sosa 302
Marie Suire
Sosa 303
naissance
avant 1690
24.3.1689
St Martin St Maixent
?
?
estimation vers 1720
mariage
9.9.1710 St Martin de St Maixent           avec
………
?
enfants
Françoise 8.9.1711 Saivres
Marie       6.10.1713 St Martin St Maixent
Michel      28.8.1715 St Martin St Maixent
Louise      9.10.1717 St Martin St Maixent
Jean        5.6.1721   St Martin St Maixent
Madeleine 5.8.1722  St Martin St Maixent
Pierre      23.11.1723 St Martin St Maixent
René       10.12.1724 St Martin ST Maixent
Jeanne    1726
Jeanne    29.5.1727 St Martin St Maixent
Marguerite 1729      St Martin St Maixent
Madeleine vers 1744 ?
Sosa 151
Daniel vers 1747 ?
Marie 1.1.1751 Ste Blandine
Pierre 3.4.1753 Ste Blandine
Jeanne 6.4.1757 Ste Blandine
mariage des enfants
Marie 27.7.1734         St Martin  St Maixent
Louise 26.9.1742        St Martin St Maixent
Françoise 28.7.1746   St Martin St Maixent
Jean    11.7.1747       Saivres
René   23.10.1759     St Maxire
Madeleine 12.7.1762 St Martin St Maixent
Marguerite 27.9.1762 St Martin St Maixent
Madeleine 11.10.1778 C.indéterminée
Daniel 15.1.1787 C. indéterminée
Marie 27.10.1781 St Romans les Melle
Pierre 9.6.1789 C.indéterminée
décès
avant juillet 1762
avant sept 1762
avant 1778 ?
?

Mis en tableau, il est évident que se sont des couples homonymes, et si le premier est bien connu, il reste beaucoup à rechercher sur le deuxième.

Le Jean Ingrand de St Maixent serait lui meunier, fils d’Abel, meunier,décédé à St Martin de St Maixent et de Louise Gascon . Marie Suire, sa femme née le 24 mars 1699 à St Martin de St Maixent, de Pierre Suire boulanger et de Marie Dubois. Elle avait 22 ans à la naissance de son premier enfant et 39 ans à la naissance du dernier en 1729 et ne peut donc pas avoir eu d’enfant de 1744 à 1757. Si l’aînée naquit à Saivres, les autres sont nés à St Martin. Ils eurent 4 fils et 7 filles. L’aîné des garçons est né en 1715, le deuxième Jean né en 1721 fut boulanger, le troisième Pierre est né en 1723, René le quatrième né en 1724, farinier. Parmi les filles, Marie épouse Jacques Mochon meunier, en 1734 et Louise épouse Jean Mochon meunier en 1742. L’ascendance et la descendance sont donc clairement dans la meunerie entre St Martin de St Maixent et Saivres

Le Jean Ingrand de Ste Blandine (Sosa 302, génération 9) serait maréchal, de même que ses fils Daniel à Ste Blandine et Pierre à Verrines sous Celles. Son mariage avec Marie SUIRE est introuvable et devrait se situer vers 1744, leurs ascendances inconnues, leurs décès sont également introuvables, ce qui peut s’expliquer par leur religion protestante.

Jean Ingrand et Madeleine INGRAND eurent une fille unique, Marie Madeleine née en 1780, ce qui est prouvé par la déclaration des non catholiques faite par Jean Ingrand à Sainte Blandine le 29 décembre 1788, déclaration de mariage et de naissance faite le même jour.

La seule solution pour le couple Ingrand-Suire consisterait à rechercher aux Archives Départementales le contrat de mariage établit en 1778 par le notaire Boisseau à Melle, ou encore rechercher un testament ….

Piet Mondrian, Boogie-Woogie, 1942, Museum of Modern Art New York.

 

La ligne de vie comparée a au moins permis de déterminer qu’il s’agit bien de deux couples homonymes.

 

Comment Marie Madeleine INGRAND me fait-elle tourner en rond?

Depuis bientôt trois mois j’arpente les archives des Deux-Sèvres à la poursuite de l’ascendance Moreau. Cette recherche est maintenant orientée vers Marie GIRARD, la mère de Pierre MOREAU, instituteur, direction Sosa 37, génération 6, née en l’an XIII à Aiffres (79) et décédée à La Crèche en 1866. Cette ascendance est pour le moins compliquée, une famille INGRAND y apparaît des deux cotés, sans que je puisse les rapprocher et tout cela dans le périmètre étroit de Beaussais, Thorigné, Sainte Blandine et Fressines, aux environs de Celles-sur-Belle (79).

 

Carte Cassini, Thorigné, Sta Blandine 79

L’aventure commence avec les parents de Marie Girard et un acte de mariage, celui de Jean Girard avec de Marie Madeleine INGRAND le 27 fructidor an 10 (14.9.1802) à Thorigné (79).

Jean GIRARD né le 21 du mois de mai 1780 est le fils de François Girard et de Michelle Vincent domicilié à Thorigné département des Deux-Sèvres
Marie Madeleine INGRAND née le 22 septembre 1780 domiciliée à Tauché commune de Sainte Blandine département susdit.
AD 79 Thorigné naissances, mariages décès: 1793-an X (vue 225)

La grand-mère de l’époux Jean Girard a pour nom Elisabeth Ingrand.

Du coté de l’épouse, Marie Madeleine Ingrand, même après plusieurs relectures, je n’ai pas vu mention de ses parents. Étaient ils décédés? simplement consentants non présents? il ne reste que la date de naissance et la piste des témoins:

Daniel Girard âgé de 24 ans frère de l’époux domicilié à Thorigné, François Girard âgé de30 ans frère de l’époux domicilié à Thorigné, Daniel Ingrand oncle de l’épouse, âgé de 50 ans domicilié à Ste Blandine, François Vinatier 29 ans beau frère domicilié à Thorigné département susdit.
AD 79 Thorigné naissances, mariages décès: 1793-an X (vue 225)

La date de naissance le 22 septembre 1780 est la première piste, mais ne donne rien ni à Sainte Blandine ni aux alentours. Il reste les registres protestants. C’est dans les registres de la commune indéterminée, BMS 1775-1791 tout en bas de la page, un peu rogné par le temps que je trouve ce qui pourrait être son acte de baptême.

Je soussigné certifie que le 24 de septembre 1780 j’ai batisé Marie Madeleine fille légitime de Jean Ingrand et de Marie Madeleine Ingrand demeurant à Saumon paroisse de Ste Blandine né le 22 de l’an susdit, présentée au baptême par Pierre et Marie Ingrand. Les témoins sont Pierre et Jacques ….
Pasteur Gobinaud
Commune indéterminée, BMS protestants, 1775-1791 (vue 69)
 J’admet donc cette hypothèse, la date concorde, le lieu aussi.Jean Ingrand et Madeleine Ingrand sont manifestement protestants, je recherche donc leur mariage dans le même registre jusqu’en 1778:
je soussigné certifie et atteste que le 12 octobre 1778 j’ai béni après la publication des promesses et bans sans opposition le mariage de Jean Ingrand, fils de Jean Ingrand et de Marie Marché demeurant au bourg et paroisse de Fressines d’une part avec Madeleine Ingrand fille de Jean et Marie Suire demeurant à Montaillon paroisse de Mougon d’autres part. Les témoins sont Jean Bonnet Jacques Pairaud, Jean et Pierre Ingrand qui ont promis de signer le registre de l’église
pasteur Gobinaud
AD 79 commune indéterminée-BMS protestants:1775-1791 (vue 39)
 Les INGRAND apparaissent ici deux fois. Les parents sont bien identifiés. Le premier couple est bien « connu » sur geneanet.
1. Ascendance du marié.
Jean Ingrand né à Beaussais en 1698, épouse à 35 ans Marie Marché née en 1709 à Sainte Blandine. Jean Ingrand est apparemment leur seul fils né en 1735 à Ste Blandine. Jacques Ingrand, son frère et Elie Sabourin son beau-frère époux de Marie Ingrand sont les témoins du mariage.
Si on remonte encore cette branche Ingrand, Jean Ingrand né en 1698 serait le fils de Abel ou Elie Ingrand, bottier, né vers 1654, mari d’Elisabeth Gadeau qu’il a épousé en 1686 à Beaussais.
2. Ascendance de la mariée.
Madeleine Ingrand fille de Jean et Marie Suire, l’ascendance parait simple puisqu’il y a un couple qui a vécu à St Martin de St Maixent et eut plus de 16 enfants, mais c’est tout simplement impossible comme je vous l’expliquerai dans le prochain épisode Ingrand.
Et si j’ajoute qu’il y a une Elisabeth Ingrand (parents inconnus), née vers 1700, épouse d’un maréchal Charles Girard arrière grand-mère de Marie Girard (voir au début), vous comprendrez mon désarroi et pourquoi je tourne en rond depuis trois mois….malgré une base de données de nommés INGRAND qui s’allonge….s’allonge…..
Soit j’efface tout et je passe à autre chose, j’en suis incapable, soit je continue….
Cela vous arrive-t-il de rester bloqué sur une recherche sans avancer, ni reculer? Comment en sortez vous?

Kandinski, Olympe.

 

 

 

Le Drame de Grand Ry, 22 février 1688

C’est un triste anniversaire qui toucha profondément la communauté protestante en 1688. Depuis début février de la même année, malgré l’interdiction de religion et de rassemblement, des protestants avaient fait le choix de se retrouver « dans un logis de campagne nommé Grand-Ry qui était fort éloigné des papistes, Ce logis appartenait à des gentilshommes de la Religion, qui avaient tout abandonné pour se retirer dans les pays de liberté. Il y avait là un fermier nommé ROUSSEAU, aussi de la Religion. On prit donc la résolution de s’assembler dans la cour de ce logis, qui était close tout alentour de hautes murailles. »  Des bruits avaient courus, les dragons allaient venir, les dragons allaient intervenir, mais rien n’y fit, la tentation de se retrouver pour prier, la frustration des dernières années depuis la révocation, la volonté de montrer que la communauté protestante était bien vivante….jusqu’à ce jour funeste.

Depuis la Révocation de l’Edit de Nantes en 1685, les temples étaient démolis, les pasteurs traqués ou même mis à mort, les assemblées interdites et depuis l’ordonnance royale du 12 juillet 1688, les organisateurs de telles manifestations étaient soit mis à mort (prédicants et pasteurs),soit envoyés aux galères pour les hommes, en prison pour les femmes.

Dans les régions où les protestants sont nombreux, la résistance est publique. D’abord ils s’abstiennent massivement d’aller à la messe lorsque les dragons s’éloignent. Surtout, ils convoquent des assemblées secrètes dans des lieux écartés, le plus souvent de nuit, pour le « prêche » et éventuellement la cène. Contrairement aux premières assemblées, il n’y a plus de pasteurs pour les présider puisqu’ils ont dû ou fuir ou abjurer. Ce sont donc des laïcs qui convoquent et conduisent les assemblées : les prédicants.
Musée virtuel du Protestantisme.

Le choix pour ces assemblées avait alors été de les faire dans la campagne dans des endroits choisis pour se défendre.

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Le Désert : assemblée de protestants à Lecques près de Nîmes © S.H.P.F.

Le Grand Ry est situé dans la commune d’Aigonnay, au nord du canton de Celles-sur-Belle, en Moyen Poitou, entre Thorigné et Prailles. Dès 1572, il y eut un pasteur du nom de Novel, dont l’activité fut à l’origine d’une forte implantation protestante dans le pays mellois.

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Mariage au Désert, gravure de Samuel Bastide © Musée du Désert

En ce jour de février, il dut y avoir un grand remue-ménage dans le pays. On dit que l’assemblée était formée de 7 à 800 peut être même 1800 protestants. Leur arrivée n’a pas du passer inaperçue. Elle n’est pas passée inaperçue non plus des papistes ni des dragons. On peut même y voir une forme de provocation. Plusieurs assemblées étaient prévues ce même jour autour de Saint Maixent. L’intendant Foucault, présent ce jour là pris la tête de ses troupes. Ils encerclèrent et fondirent sur l’assemblée la plus proche, celle du Grand Ry, un pré entouré d’un ruisseau et d’une haie, gardée par 10 hommes armés, qui tirèrent sur un lieutenant et 10 dragons envoyés en reconnaissance. Les dragons tirèrent alors sur les protestants, « comme sur une nuée de pigeons ».

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L’assemblée est surprise, gravure de Samuel Bastide © Musée du Désert

D’après plusieurs témoignages il y eut 6 morts sur le champ, de noms inconnus.

Selon des témoignages, 200 personnes furent arrêtées, mises sous bonne garde dans une grange pour la nuit jusqu’au matin, où curés et seigneurs vinrent pour demander la libération de certaines de leurs ouailles. l’intendant Foucault envoya son rapport circonstancié à Louvois le lendemain 23 février. Il en fut hautement félicité car le roi précisait «qu’on ordonne aux dragons de tuer la plus grande partie des coreligionnaires qu’ils pourraient joindre sans épargner les femmes».

Le lendemain lundi 23 février 1688, il y eut un semblant de jugement. Trois hommes périrent sur l’échafaud à Saint Maixent.

Thomas Marché, maréchal-ferrant de Thorigné, lecteur et prédicant, fut pendu le 23 février 1688.

Jacques Guérin, de Sainte Blandine lecteur et prédicant, fut pendu à Saint Maixent le 23 février 1688.

Pierre Rousseau, le fermier de Granry qui avait mis ses terres à disposition de l’assemblée,pendu également.

L’intendant Foucault fait état dans ses mémoires de 6 autres pendus, 31 envoyés aux galères perpétuelles et deux femmes condamnées au fouet. Parmi les 31, 29 hommes ont été identifiés. Ils avaient entre 20 et 61 ans, ils étaient laboureurs, journaliers, maréchal, charpentier ou encore valet de meunier.

Enchaînés, ils partirent le 7 mars pour Poitiers,  transférés à Tours ils firent une quarantaine de jours de marche pour atteindre Marseille le 7 juin. Un certain André Moreau de 24 ans est décédé, un Abraham Nocquet d’Aigonnay décédera après 3 ans de galères. Trois hommes ont fait 25 ans de galères, cinq autres furent déportés en Amérique, plutôt les Antilles.

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Plaque commémorant l’assemblée du Désert au Grand-Ry (Deux-Sèvres) surprise par les dragons en 1688. © Musée du Poitou protestant

En 1951, une plaque commémorant ce site du souvenir porte l’inscription;

EN CE LIEU

SPÉCIALEMENT DE 1688 A 1706

SE RÉUNIRENT

DES ASSEMBLÉES DU DÉSERT

L’UNE D’ELLES FUT SURPRISE

LE 22 FÉVRIER 1688

IL Y EUT 200 PRISONNIERS

31 CONDAMNES AUX GALÈRES

ET 15 MARTYRS

EN SOUVENIR DE CEUX QUI

NOUS ONT PERMIS DE PRIER

DIEU EN PAIX AUJOURD’HUI

LA SOCIÉTÉ DE L’HISTOIRE

DU PROTESTANTISME FRANÇAIS 1951.

L’affaire fit grand bruit, de Marseille jusqu’à Versailles. Louis XIV fut il l’instrument aveugle de ces barbaries? Les jésuites de Poitiers écrivait au père Lachaise qu’on « réduisait par des voies douces et efficaces les nouveaux convertis à leurs devoirs ». Celui ci répondait que le roi prenait un singulier plaisir à l’entendre…..

BIBLIOGRAPHIE:

Elisabeth et Guy Vidal.

Le Musée du Désert.

le Musée virtuel du Protestantisme.

«Mémoires de N.J.Foucault, intendant du Poitou» dans « Documents inédits sur l’Histoire de France » Paris 1862 p.219 –

Maurice Pezet: «L’épopée des camisards» Seghers 1987 p.233 –

«Journal de Jean Mignault, maitre d’école 1681»

Beauchet-Filleau. Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou. Poitiers : Oudin, 1891.

 

Quand Pierre Moreau épouse sa nièce en 1806 …

Ce pourrait être un article insolite (généathème) si ce n’était pas aussi courant à cette époque là, enfin presque.

C’est l’histoire de Pierre Moreau, bordier à Exireuil, né au lieu dit les Noues (Nouhes) le 2 février 1750. Il était exirois, habitant d’une paroisse très près de Saint Maixent (79), dans une campagne principalement agricole. Il a 38 ans quand il épouse une jeune veuve sans enfants de 44 ans, Jeanne Goyon (ou Goy selon les époques et les orthographes) .

Jeanne Goyon était veuve de Pierre Martin, avait eu cinq enfants tous décédés en bas âge, avant le décès de leur père en 1782, à Fontournable d’Exireuil.

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Vincent Van Gogh, les mangeurs de pommes de terre, 1885 Musée van Gogh, Amsterdam (Pays-Bas)

Jeanne GOYON et Pierre MOREAU se marient le 21 octobre 1788, peu avant la révolution. Ce sera un mariage sans enfant. Jeanne décède le 26 février 1806, à 61 ans, le décès est déclaré par sa sœur, Marie GOYON.

Marie et Jeanne Goyon sont les deux filles d’André journalier à Exireuil et de Jeanne Nicolas. Marie épousa Jean Borrit en 1778. Elle fut la mère d’ au moins deux enfants, Pierre et Marie-Jeanne Borrit.

C’est cette Marie-Jeanne  BORRIT née en 1779 que Pierre Moreau épouse le 18 novembre 1806. Il a alors 56 ans, elle en a  27 ans, 29 ans d’écart. Elle est sa nièce par alliance.

C’est un mariage qui durera 22 ans, jusqu’au décès de Pierre Moreau le 8 janvier 1839 à l’âge respectable de 88 ans. Ils eurent deux enfants.

1.Pierre MOREAU né le 10 août 1807, à Exireuil, sera bordier à  Fontournable Exireuil, comme son père, épousera Madeleine MONNET à Exireuil en 1845 et aura deux enfants. Il décédera à Nanteuil en 1886 chez son gendre Pierre Barbier.

2. Louis MOREAU le cadet, naîtra le 14 septembre 1810 à Fontournable. Son père a alors 60 ans, sa mère 31 ans. Son enfance, son éducation sont inconnues sinon qu’il fut protestant, élevé à Fontournable  d’Exireuil. Il partit faire son service militaire à 20 ans en 1831, repris du service en 1838, en remplacement d’un autre. Il fut nommé voltigeur en 1841, et libéré en décembre 1843. Sa carrière fut une carrière militaire. C’est de son livret militaire dont il fut question il y a deux ans.

Louis Moreau revint au pays, épousa Marie GIRARD en 1843. Ils s’installèrent à la Crèche comme domestiques.

Un fils unique Pierre Moreau naquit le 23.2.1845 à Breloux, devint instituteur et en 1874 père de Nelly.

Le recensement de 1881 à Celles sur Belle (79) nous donne une image de cette famille. Dans l’école de Celles rue de la Mairie vivent alors Pierre MOREAU, 38 ans chef de famille, Marie PROUST son épouse 32 ans, Nelly MOREAU 8 ans fille, Louis MOREAU 72 ans, le père du chef.

Nelly connut bien son grand-père, mais son arrière était décédé depuis longtemps (35 ans avant sa naissance)  et rien ne dit qu’elle eut connaissance de cette histoire. Mais c’est elle qui conserva le livret militaire de son grand-père Louis Moreau, un signe de respect.