Milicien au tirement de 1766.

Pierre GELIN né le mercredi 10 janvier 1742 à Chauray (79) est dit milicien le jour où il épousa Marie COURANT le 23 octobre 1770 dans La paroisse de Breloux (la Crèche). Par la suite, sur les actes de baptême de ses enfants puis au moment de son second mariage, il est dit journalier. Il n’est plus question de milicien.

L’an 1770 le 23 du mois d’octobre après les trois publications requises et nécessaires faites par trois dimanche consécutifs aux prônes de nos messes paroissiales sans qu’il soit venu à notre connaissance aucun empêchement ni opposition nous prêtre soussigné avons donné la bénédiction nuptiale à Pierre GELIN fils mineur de feu Jacques GELIN journalier et de Suzanne de l’aumône le dit pierre autorisé de la dite Suzanne De l’aumône du village de Boisragon de cette paroisse et Marie COURANT fille majeur de feu  jean COURANT cardeur et de françoise GIRAULT de ce bourg de Breloux
le présent mariage célébré après que le proparlé en sa qualité de milicien de cette paroisse au tirement 1766 nous a présenté la permission de l’intendant de cette province en date du 28 septembre de cette dite année délivrée à Rennes et signée Blossac en présence et consentement de parents et amis à savoir du coté de l’époux de Suzanne de l’aumône sa mère Jacques GELIN son frère, du coté de l’épouse de Jeanne et Renée GIRAULT ses tantes Pierre BERLOIN sacristain et autres parents et amis qui ont déclarés ne savoir signer sauf les soussignés.
A signé, Pierre Delaumonne
AD 79 La Crèche, BMS 1750-1770 (vue 191)

Ma réflexion est partie de « Milicien au tirement de 1766 » . Que puis-je dire de cet ancêtre;  en 1766 il avait entre 18 et 30 ans n’était pas marié, ni soutien de famille. pas fils aîné de laboureur ni domestique n’était pas handicapé mais apte à porter une arme mesurait plus d’1.62m et avait tiré le billet noir de la milice. Comment je sais tout cela?

Définition de la milice;

Plus simplement appelée « milice provinciale », elle exista de 1688 à 1791. C’était une forme de service militaire obligatoire, dont la levée avait pour but de compléter le recrutement habituel des « armées royales » régulières, en particulier en cas de conflit. Si il n’y avait pas de volontaires, ils étaient désignés par tirage au sort.

Histoire.

En 1688, c’est le marquis de Louvois qui instaura une levée de miliciens provinciaux pour seconder l’armée royale à l’occasion de la guerre de la Ligue de Habsbourg. Les miliciens rentrèrent chez eux en 1697 après la paix de Ryswick.

Il y eut ensuite la guerre de succession d’Espagne (1701.1714).

Une ordonnance royale de 1726, rend la milice permanente avec une nouvelle définition; « avoir toujours sur pied dans l’intérieur du royaume un corps de milice qui, s’exerçant pendant la paix au maniement des armes, sans déranger les travaux qu’exige l’agriculture, ni sortir des provinces, pût être prêt à marcher sur les frontières pour en augmenter les forces dans les besoins les plus pressants de l’État. » Ainsi eurent lieu la guerre de succession de Pologne (1733.1738), guerre de succession d’Autriche (1741.1748), puis la guerre de 7 ans. A la suite de la guerre de 7 ans (1756.1763), la milice fut délaissée.

L’Ordonnance du 25 novembre 1765 précise les règles et redonne vie à la milice.

Choiseul  reconstitue l’effectif en 4 années de 1766 à 1769, par 4 tirages successifs avant que celle-ci soit de nouveau négligée, pour être à nouveau reconstituées de 1775 à 1780.

Dans la pratique;

Depuis 1691, les miliciens sont désignés par tirage au sort parmi les hommes valides de la paroisse. Mais c’est en 1765 que fut établie une liste officielle des exemptions. Elle concerne les soutiens de famille, les domestiques…

Les hommes devaient être âgés de 18 à 40 ans, être propres à manier les armes, mesurer au moins cinq pieds de haut (1.624m). Le miliciable était le plus souvent célibataire, comme on disait « garçon », veuf sans enfants, ni ecclésiastique, ni noble, ni « gens vivant noblement ». Ils étaient donc roturiers.

La durée du service fut portée en 1765 à 6 ans. Le milicien libéré ne pouvait plus être repris pour le service de la milice au delà du terme de son engagement, il recevait un certificat de congé absolu signé par le chef de corps et visé par l’intendant.

Le tirement de 1766 tient donc compte de ces exemptions. Ce jour là à La Crèche(79), il y avait dans le chapeau un billet par miliciable. Les billets étaient blancs sauf un nombre déterminé qui contenaient le terme de « milicien », le billet noir. L’ordonnance de novembre 1765 avait fixé un effectif à 74550 hommes qui ne fut rassemblé qu’au bout de 4 ans. Les levées furent de nouveau interrompues de 1770 à 1774.

L’uniforme fut définitivement réglé par l’ordonnance du 27 novembre 1765; « habit, veste et culotte de drap blanc, avec revers bleus, collets et parements bleus, boutons blancs chapeau bordé d’argent faux ».

Infanterie française, grenadiers, milice.

La dépense de l’armement fut toujours à la charge du roi ainsi que le grand équipement à partir de 1733. Le petit équipement, chapeau, veste, une paire de souliers, une paire de guêtres, deux chemises de toile, un havresac était payé par la paroisse.

Dans les dernières années du règne, Louis XV (1710-1774) voulut conserver une institution qu’il croyait nécessaire pour la défense du pays, mais ne pouvant réformer les inégalités de répartition, l’abus des exemptions, l’incapacité des officiers à organiser la milice, les angoisses de la populations, de demi-mesures en demi-mesures, il ne réforma pas, ne détruisit pas la milice, il « la laissa tomber ».

En 1771, si elle fut conservée, elle changea de nom, le milicien devient le soldat provincial. Depuis la fin de la guerre de 7 ans la milice n’était pas assemblée, Saint Germain voulut même supprimer les exercices périodiques et les régiments provinciaux arguant « que c’était une dépense sans utilité ».

Voila comment je peux dire que Pierre Gelin au moment de son mariage en 1770 était un homme célibataire, entre 18 et 30 ans, roturier, ni infirme ni à charge de famille et qu’il mesurait plus d’1.62m. Il fut milicien à partir de 1766 jusqu’à son mariage en 1770. Compte tenu de la situation de la milice et de sa nouvelle situation de famille, il dut recevoir son certificat de congé absolu deux ans avant la fin.

Pierre Gelin Sosa 166, fut l’aïeul d’Eugène Dairé.

SOURCES;

Les milices et les troupes provinciales

Histoire des milices provinciales 1688-1791: le tirage au sort sous l’ancien régime.

La milice ou les débuts du service militaire sous Louis XIV.

Marie Madeleine Laurent, La Crèche (79) changement de nom…

Les noms de famille, les patronymes ont évolués au fil du temps. Repérer nos ancêtres quand la famille reste dans une paroisse est quelques fois ardu, mais quand ils partent même à moins de 30 km et que le curé écrit leur nom différemment c’est une autre histoire. C’est ce qui est arrivé pour Marie Madeleine Laurent Sosa 327, 9 ème génération du coté Dairé, décédée à La Crèche en 1771. Grâce à Geneanet je pense avoir retrouvé son ascendance, voila comment.

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Sainte Marie Madeleine Piero Di Cosimo, 1501 Rome galerie nationale d’art ancien.

Ce que je sais:

Marie Madeleine Laurent, eut trois enfants d’un premier mariage avec François Bergeron. Felice en 1738 qui ne vécut que onze mois, Pierre né en 1741 et Marie en 1744. Pierre et Marie sont tous les deux mes ascendants du coté Dairé. Les deux aînés Félice et Pierre naissent à Saint Maixent (79) et la troisième, Marie à Breloux, La Crèche (79).

François Bergeron, son premier époux, aubergiste à la Crèche décède à 40 ans en 1749. Son acte de décès mentionne comme témoins, ses beaux-frères Louis Laurent et Jacques Le Blanc, inconnus à La Crèche.

Marie Madeleine Laurent épouse en secondes noces René Duprat en avril 1750 à Breloux, aubergiste également et sont alors témoins Jacques Le Blanc, Louis Laurent et Pierre Jarc. Les trois témoins sont inconnus.

La recherche:

Il n’y a pas de mariage dans les années 1737 ni avant, ni de naissance vers 1700 dans les paroisses de Saint Maixent, ni de Breloux. J’avais donc plus ou moins, (plutôt plus) abandonné l’affaire, jusqu’au moment où…. Si j’utilisais les moteurs de recherche de Geneanet, en particulier en ajoutant des variantes sur le nom de recherche et une zone géographique étendue à 30km….

J’ai une proposition; lorand Madeleine née à Augé le 7 avril 1707, 7 km de Saint Maixent, 8 km de Breloux, un frère prénommé Louis. Au moins trois bonnes raisons d’y regarder de plus près.

Conclusion:

Il apparaît alors une famille de laboureur d’Augé (79). Madeleine est la dernière fille de Louis Lauren, laboureur à Augé (79) et  Elisabeth Morin mariés le 15 octobre 1691 à Saivres (79). Ils eurent sept enfants.

L’aînée Marie née en 1692  épousa en 1721 à la Chapelle-Bâton un Jacques Leblanc, une Elisabeth Lorand née en 1706 épousa un certain Pierre Jarc en 1740 et un  frère Louis Lorand est né vers 1704 à Augé.

Madeleine Laurent naquit le 7 avril 1707 à Augé, son père Louis est alors valet de meunier.

Les coïncidences se multiplient, la famille se dessine. L’horizon s’élargit considérablement, mais pas de certitude absolue sans le mariage de Marie Madeleine Laurent et François Bergeron, qui reste encore à trouver.

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Marie Madeleine – Jan Van Scorel- 1530 Rijksmuseum, Amsterdam.

Noms de famille.

Dans cette recherche, le nom de Laurent apparaît sous plusieurs orthographes; Laurent, Lauren, Lorand ou encore Loran.

Origine du nom Laurent; nom de baptême formé sur le latin Laurentius, dérivé de laurus (= laurier). Le laurier étant un symbole de victoire, on comprend le succès de ce nom dès l’époque romaine. Par la suite, dans la chrétienté, il représente la victoire de la nouvelle religion sur le paganisme, à l’image de saint Laurent brûlé sur un gril au IIIe siècle en se riant des flammes. (étymologie geneanet). Les autres orthographes en sont des variantes.

L’orthographe d’un nom de famille a varié au fil du temps. Elle est devenue fixe, théoriquement avec l’apparition du livret de famille en 1777. Les lois Jules Ferry (1882) ont accentuées le phénomène en rendant l’école obligatoire. Chaque élève apprend alors à écrire son patronyme.

Dans les années 1730 ou 1740, Madeleine Lorand venue d’Augé (79) s’est mariée et à la naissance de ses enfants est devenue Marie Madeleine Laurent sous la plume du curé de St Maixent (79) puis de Breloux (79).

Un autre exemple, la famille Maye.

La famille Maye est dans l’ascendance du côté Vacher-Dairé.

2- mon père

3- ma grand-mère

4- Blanche Vacher.

5- François Vacher

6- Marie MAYE, née en 1821, épousa François Vacher en 1847 à Pamproux (79).

7- Jacques MAYE naquit en juin 1793 à Pamproux (79).

8- Jacques Mée naquit en 1738 à Pamproux (79)

9- Daniel Germain Mée naquit en Janvier 1705 Pamproux (79).

10- Jean Mehe ?

Il y eut au moins 3 orthographes différentes sur 5 générations, mais toujours  dans la paroisse de Pamproux.

Une recherche sur Mee avec des variantes sur le nom, la commune de  Pamproux élargie à 30 km, me suggère un mariage de Jean MEE, Mie avec Marie Michaud, à Rouillé dans la Vienne, département limitrophe…. à voir.

Faire une recherche en élargissant l’orthographe du nom de famille est logique, les 30 km sont un paramètre pris plus ou moins au hasard ayant constaté que ces ancêtres étaient journaliers amenés à bouger mais qu’ils restaient proches de leur famille.

Cette astuce de recherche est sans prétention, elle m’a permis de lever quelques blocages ou d’ouvrir d’autres portes en vérifiant bien sûr.

Et vous, avez vous des astuces?

 

 

 

# Sosa 666, un ancêtre poitevin.

Ce qui devait être une aparté se révèle une énigme. La recherche via le logiciel Hérédis me donne la réponse en un clic, le Sosa 666 se nomme Isaac Delaumone, fait parti de l’ascendance Dairé, 10ème génération et puis …J’ai du faire quelques recherches complémentaires pour pouvoir vous en parler.

Isaac DELAUMONE quelques fois écrit Delaumosne voire même « de l’aumosne » vécut au XVIIIe siècle dans les Deux-Sèvres ou plutôt le Poitou, il fut laboureur. Il est le fils d’un autre Isaac Delaumone et de  Marie Plantiveau.  Sa mère eut au moins 10 enfants, tous nés à François (79) entre 1682 et 1695. La mortalité infantile était élevée, quatre enfants décèdent en bas âge, les six autres atteindront l’âge adulte. et quatre auront des enfants;Jacques (1687.1737) aura deux filles, Paul (1694-) 3 filles et un garçon, Louis (1695-1752) quatre garçons et une fille.

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Carte de Cassini, n°97, François Chauray.

Isaac est surement l’aîné des enfants et  le seul dont je n’ai pas trouvé la date de naissance exacte. Sa filiation est prouvée par son mariage qui eut lieu à St Gelais (79) le 31 août 1711.

« Aujourd’hui trentième jour d’août 1711 après les trois publications faites sans oppositions ont reçu la bénédiction nuptiale Isaac Delaumone de la paroisse de François et Madeleine Jamonneau de cette paroisse de Saint Gelais en présence d’Isaac Delaumone père, de Jacques Plantiveau, de Jean Alix, d’André Fouet oncle de la dite Jamonneau.  » ont signé, I Delaumone, Jacques Plantiveau et le curé de St Gelais.

6.11.1712, naissance de sa fille Madeleine qui épousera le 10.2.1733  Pierre Gibault à François.

18.3.1715 naissance de sa fille Jeanne qui épousera Claude Gelin le 2.5.1741 à Chauray.

Le 5 août 1715, il passe un bail de trois ans pour l’exploitation de la métairie du colombier de Bonneuil (François 79). Contrairement à son père, il ne sait pas signer.

14.2.1718, naissance de Louise Suzanne, mon aïeule. Louise Suzanne et Jeanne se marie le même jour, le 2.5.1741 et épousent les deux frères Jacques et Claude  Gelin.

1.2.1721  naissance de Françoise qui décède à 18 ans à Chauray.

20.9.1724  naissance de Louise qui épousera  Michel Bouliau à Chauray  le 4 juillet 1746.

27.4.1727 un fils Jacques qui décède deux jours après.

Il aura donc 4 filles avec Madeleine Jamonneau et des descendants qui s’appelleront Gibault ou Gelin, ou encore Bouliau. Il semble avoir quitté François pour Chauray vers 1739. Sa date de décès reste inconnue, mais située entre 1741 mariage de Louise Suzanne et Jeanne et 1746 celui de Louise. Quant à son épouse Madeleine Jamonneau, son destin m’est inconnu.

En résumé;

11 Isaac Delaumonne

10 Isaac Delaumone, Sosa 666

9 Louise Suzanne Delaumonne

8 Pierre Gelin

7 Marie Gelin

6 Marie Rossard

5 André Dairé

4 Eugène Dairé

3 ma grand-mère

Source;

AD 79 Chauray, François, La Crèche.

Carte de Cassini.

Prénoms et généalogie.

Aujourd’hui, il  sera question de prénoms. Choisir un prénom, c’est pour la vie et celui qui nous est attribué le jour de notre baptême ne peut pas être changé si facilement. Le site officiel de l’administration publique française, explique;

Pour changer de prénom, la personne doit justifier d’un intérêt légitime. C’est le cas si :

  • son prénom ou la jonction entre son nom et son prénom est, par exemple, ridicule ou peut lui porter préjudice,
  • ou si elle veut franciser son prénom.

L’adjonction ou la suppression de prénoms peut également être demandée.

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état des lieux (2).

Vient le temps des bilans. Après celui de Nelly je vous propose le mien, l’occasion de faire le point et de prendre des résolutions généalogiques pour 2015.

Cette année les branches de mon arbre se sont allongées, étoffées, mais de façon inégales. Je vous ai parlé de Nelly MOREAU épouse DESAGE, ce qui a pris une partie de mon temps, Du côté DESAGE, j’ai quelques belles épines généalogiques.

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Noël en Poitou

A l’origine fête païenne, qui célébrait le solstice d’hiver, la fête de Noël est devenue une célébration chrétienne depuis le IV ème siècle. L’église lui donne alors un sens nouveau. Nous célébrons donc la naissance du christ le 25 décembre pour l’associer à la lumière croissante. Mais vous connaissez et fêtez déjà tous noël mais je vais vous parler d’un noël en Poitou et plus exactement mon noël traditionnel.

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