Un curé en colère à Clairac (47) en 1748.

La colère est détectée plus  facilement dans un acte paroissial. Ainsi le 16 janvier 1748,  après que Jean AURADOU de Monbarbat eut fait sa profession de foi, qui ressemble à une abjuration de la RPR, (Religion Prétendument Réformée) voici ce qu’écrit le curé sur le registre de Clairac, en lieu et place de la bénédiction nuptiale de Jean AURADOU et Marthe REAU,

Le seizième du mois de janvier 1748 en présence des témoins soussignés après la publication des bans sans connaissance de ….

Et puis rien, sinon cet « acte » écrit en plus gros et en plus gras.

cette place devrait être remplie par les témoignages de bénédiction nuptiale impartie à quelques autres, mais leur indigne conduite après ce bienfait m’a porté à ne vouloir le faire, qu’ils cherchent s’ils en ont besoin.

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Eugène Delacroix, la lutte de Jacob avec l’ange.

Les futurs mariés ont du se faire pardonner, puisque le 5 février 1748 sur le registre de Castelmoron-sur-Lot, ont peut lire;

Après avoir fiancés dans l’église, Jean Auradou de la paroisse de Marsac habitant et Marthe Réau de la paroisse de Castelmoron et publié leurs trois bans de mariage sans opposition, je Antoine Negre, après avoir reçu d’eux leurs consentements mutuels les ai solennellement conjoints en mariage en présence d’Antoine et Hugues Biscarron, brassier, d’Anselme Demarrault maître d’école, pris pour témoins et ensuite ai célébré la sainte messe pendant laquelle je leur ai donné la bénédiction nuptiale selon les formes ordonnées par l’église en foi de quoi j’ai signé….

Il avait raison il fallait  chercher. Le curé a brouillé les pistes, mais Jean AURADOU était protestant et n’a surement pas suivi son engagement vis a vis de l’église, d’assister à la messe ….. d’où la colère du curé!

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Courbet, un enterrement à Ornans 1849.1850

Le huit septembre 1748, huit mois après, c’est un autre curé, Caillava, qui procédera à l’enterrement de Jean AURADOU, forgeron dans le cimetière de Clairac, il avait 30 ans. Son fils unique Etienne naîtra le vingt cinq décembre 1748; trois mois et demi après son décès,baptisé le 26 et sera tenu sur les fronts baptismaux par Etienne. …

Marthe REAUD , sa veuve,décède le 2 novembre 1787 et sera inhumé en terres profanes de nuit sans attroupement conformément à l’instruction du roi et enterrée dans les tombes de son jardin faute de place dans le cimetière après une déclaration au juge de Clairac.

Protestants jusqu’au bout.

Etienne AURADOU est mon SOSA 142, il sera charpentier.

Filiation:

9. Jean AURADOU

8. Etienne AURADOU

7. Anne AURADOU

6. Suzanne BACOND

5. Anne Iréna COURTINES

4. Numa DESAGE

3. Pierre Henri DESAGE

Sources;

Clairac BMS 1741-1749

 

Bacond, Baccon, Bacon.

Depuis 3 ans je retourne les registres BMS de Clairac (47) dans le Lot et Garonne . Suzanne Bacond (Sosa 35 génération 6), née en l’an XIII de la République, est la fille de Pierre Bacond (1774-1849) dit Cadiche, boulanger de son métier et de Anne Auradou (1780-1859), elle est l’épouse de Jean Courtines le coutelier de la rue des couteliers à Clairac. Jusque là tout est clair.

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Jean Courtines, coutelier rue des couteliers à Clairac (47).

Nelly  reçut en cadeau de mariage la traditionnelle armoire du pays mellois. Cette dernière l’a toujours accompagnée jusqu’à la fin de sa vie, y compris quand elle vivait chez sa fille Suzanne et que l’armoire prenait la moitié de la chambre que dis-je les trois-quarts. L’armoire est restée là, sagement, sans bouger de  sa place jusqu’au décès de Suzanne en juillet 1987. A ce moment seulement l’armoire s’est ouverte, cette armoire que Suzanne, sa fille avait toujours jalousement gardée fermée à clef. Aucun secret ne s’y trouvait, mais des souvenirs pas tous identifiables et personne pour les raconter.

Aux premières loges; un petit canif, bien en évidence à côté d’une boîte de commerce d’horlogerie de Hector Desage. Que pouvait bien faire un canif  sur une étagère de souvenirs, qui plus est dans une armoire de dame! c’était un canif à plusieurs lames.  Je ne l’ai pas bien examiné et ne peut donc pas dire s’il y avait des initiales.  Aujourd’hui quelques recherches généalogiques plus tard, je pense pouvoir dire qu’il s’agissait d’un petit couteau fait par Jean Courtines, coutelier à Clairac. Je vais vous en dire plus.

Il était une fois….Hector Desage est né à La Roche-Chalais (24) en Dordogne un jeudi 10 octobre 1833. Quelques mois plus tard le lundi 5 mai 1834 naquit à Clairac, (47) Lot et Garonne  une centaine de kilomètres plus bas, Anne-Iréna Courtines,  sœur cadette de Paul-Numa né en 1830.
1836, nous sommes rue des couteliers à Clairac, dans la maison de Jean Courtines, père,(1743-1849) coutelier, son épouse Marthe Mathieu, (1778-1851 ),leur fils Jean (1803-1884) sa femme Suzanne Bacond (1805-1874) et les deux enfants Anne-Iréna et Paul-Numa. Paul-Numa deviendra instituteur épousera Sabine-Azéma Bergeret, aura au moins trois enfants. Il est surement à l’origine du prénom de Numa Desage.
Je ne connais pas l’histoire de leur rencontre, mais en 1868, Hector, horloger, 34 ans et  Iréna  habitent, un quartier commerçant de Clairac, et sont tous les deux issus de familles  protestantes …ils s’épouseront le 15 février 1868 à Clairac.
Mais avant, il y eu Jean Baptiste Courtines né à Tonneins tout près de Clairac, en 1748, coutelier, et encore avant lui Guillaume Courtines.
En résumé;

6 Guillaume COURTINES, coutelier
5 Jean Baptiste COURTINES 1748-1819, coutelier
4 Jean COURTINES 1783-1849, coutelier
3 Jean COURTINES 1803-1884, coutelier
2 Anne-Iréna COURTINES 1834-1901
1 Numa DESAGE 1868-1953
Au moins quatre générations de couteliers COURTINES dans le Lot et Garonne, entre Clairac (47) et Tonneins (47). Une surprise m’attendait en 1744 à Tonneins, dans le Lot et Garonne
le 23 mai 1744 après avoir proclamé les 3 bans du mariage contracté entre

 Guillaume COURTINES coutelier natif de MILLAU en ROUERGUE habitant de cette paroisse et
Jeanne BARAILLAC fille de feu Gédéon et d’Anne DUPONT  de LISLE de cette paroisse
sans opposition ni empêchement civil ni canonique je soussigné les ai conjoints en légitime mariage par paroles le présent ayant précédemment fiancé à l’église en présence Pierre Larmet, Claude Corret, Charles Dupuy, Jean Laroque,qui n’ont signés pour ne savoir pour ce enquis.
Delorman archiprêtre
Guillaume Courtines est natif de Millau en Rouergue. Il est coutelier. Est-il venu en apprentissage chez maître Gédéon BARAILLAC? Son âge n’est pas précisé non plus. Gédéon Etienne BARAILLAC maître coutelier décède à 55 ans le 8 mars 1743 à Tonneins. Son fils Jean Baraillac, successeur naturel, décède le 10 octobre de la même année, à 24 ans. Dans la coutellerie de Tonneins vivent alors la veuve de Gédéon, Anne Dupont et Jeanne Marguerite sa fille 18 ans. Amour, opportunité, mariage arrangé? Guillaume Courtines ne repartira pas de Tonneins , un an après il épousera Jeanne Marguerite Baraillac et reprendra l’atelier de coutellerie de feu son beau-père. De sa descendance naîtra Anne Iréna COURTINES, épouse DESAGE, belle-mère de Nelly qui décédera en 1901 à Clairac.
 Nelly puis  Suzanne ont gardé des contacts étroits avec les descendants du frère d’Anne-Iréna, Paul Numa Courtines, soit
1 Jean Paul Numa Samuel COURTINES (1860-1943) dont Marcel COURTINES (1892-1945)
marcel courtines 10001

photo de Marcel Courtines,  » à son oncle et à sa tante, 1896″ collection personnelle.

2 Anne Elisabeth Célina COURTINES épouse HORDERN  (1865-1956) dont Hordern Edward Numa (1901-1976)
hordern 10003

hordern 10001 photo Hordern, 1915 collection personnelle.

 comme nous le raconte cette carte datée de 1915
3 Anne Elisabeth Suzanne COURTINES épouse Marcel Etienne VEZIAN
Il me reste à aller vers d’autres Archives Départementales celles de Millau en Rouergue…..
sources;
AD 47, clairac.

25 novembre, sainte Catherine

Je pourrais vous dire comme le dicton;

« à la Sainte Catherine, tout bois prend racine ».

Mais je vais plutôt vous parler de la Sainte Catherine et des catherinettes, et plus précisément d’une catherinette prénommée Suzanne.

Sainte Catherine d’Alexandrie est une vierge martyre qui aurait vécu au IIIème et IVème siècle. Belle et intelligente, née dans une famille noble d’Alexandrie en Egypte, elle reçut une instruction et convoquée par l’empereur Maxence, lui tint tête si bien qu’il ordonna sa décapitation. La légende dit que ce jour là du lait jaillit de son cou à la place du sang. L’église catholique elle même doute de son existence, mais malgré cela la dévotion à Sainte Catherine depuis le Vème siècle est une des plus répandues en Europe et de nombreuses églises conservent une statue ou une représentation de Sainte Catherine d’Alexandrie. La coutume voulait que le 25 novembre, jour de sa fête, les jeunes filles à marier de plus 25 ans lui change sa coiffe, d’ou l’expression « coiffer sainte Catherine ». la jeune femme pouvait alors prier la sainte  « Sainte Catherine, aide-moi. Ne me laisse pas mourir célibataire. Un mari, sainte Catherine, un bon, sainte Catherine ; mais plutôt un que pas du tout ».

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