Comment Marie Madeleine INGRAND me fait-elle tourner en rond?

Depuis bientôt trois mois j’arpente les archives des Deux-Sèvres à la poursuite de l’ascendance Moreau. Cette recherche est maintenant orientée vers Marie GIRARD, la mère de Pierre MOREAU, instituteur, direction Sosa 37, génération 6, née en l’an XIII à Aiffres (79) et décédée à La Crèche en 1866. Cette ascendance est pour le moins compliquée, une famille INGRAND y apparaît des deux cotés, sans que je puisse les rapprocher et tout cela dans le périmètre étroit de Beaussais, Thorigné, Sainte Blandine et Fressines, aux environs de Celles-sur-Belle (79).

 

Carte Cassini, Thorigné, Sta Blandine 79

L’aventure commence avec les parents de Marie Girard et un acte de mariage, celui de Jean Girard avec de Marie Madeleine INGRAND le 27 fructidor an 10 (14.9.1802) à Thorigné (79).

Jean GIRARD né le 21 du mois de mai 1780 est le fils de François Girard et de Michelle Vincent domicilié à Thorigné département des Deux-Sèvres
Marie Madeleine INGRAND née le 22 septembre 1780 domiciliée à Tauché commune de Sainte Blandine département susdit.
AD 79 Thorigné naissances, mariages décès: 1793-an X (vue 225)

La grand-mère de l’époux Jean Girard a pour nom Elisabeth Ingrand.

Du coté de l’épouse, Marie Madeleine Ingrand, même après plusieurs relectures, je n’ai pas vu mention de ses parents. Étaient ils décédés? simplement consentants non présents? il ne reste que la date de naissance et la piste des témoins:

Daniel Girard âgé de 24 ans frère de l’époux domicilié à Thorigné, François Girard âgé de30 ans frère de l’époux domicilié à Thorigné, Daniel Ingrand oncle de l’épouse, âgé de 50 ans domicilié à Ste Blandine, François Vinatier 29 ans beau frère domicilié à Thorigné département susdit.
AD 79 Thorigné naissances, mariages décès: 1793-an X (vue 225)

La date de naissance le 22 septembre 1780 est la première piste, mais ne donne rien ni à Sainte Blandine ni aux alentours. Il reste les registres protestants. C’est dans les registres de la commune indéterminée, BMS 1775-1791 tout en bas de la page, un peu rogné par le temps que je trouve ce qui pourrait être son acte de baptême.

Je soussigné certifie que le 24 de septembre 1780 j’ai batisé Marie Madeleine fille légitime de Jean Ingrand et de Marie Madeleine Ingrand demeurant à Saumon paroisse de Ste Blandine né le 22 de l’an susdit, présentée au baptême par Pierre et Marie Ingrand. Les témoins sont Pierre et Jacques ….
Pasteur Gobinaud
Commune indéterminée, BMS protestants, 1775-1791 (vue 69)
 J’admet donc cette hypothèse, la date concorde, le lieu aussi.Jean Ingrand et Madeleine Ingrand sont manifestement protestants, je recherche donc leur mariage dans le même registre jusqu’en 1778:
je soussigné certifie et atteste que le 12 octobre 1778 j’ai béni après la publication des promesses et bans sans opposition le mariage de Jean Ingrand, fils de Jean Ingrand et de Marie Marché demeurant au bourg et paroisse de Fressines d’une part avec Madeleine Ingrand fille de Jean et Marie Suire demeurant à Montaillon paroisse de Mougon d’autres part. Les témoins sont Jean Bonnet Jacques Pairaud, Jean et Pierre Ingrand qui ont promis de signer le registre de l’église
pasteur Gobinaud
AD 79 commune indéterminée-BMS protestants:1775-1791 (vue 39)
 Les INGRAND apparaissent ici deux fois. Les parents sont bien identifiés. Le premier couple est bien « connu » sur geneanet.
1. Ascendance du marié.
Jean Ingrand né à Beaussais en 1698, épouse à 35 ans Marie Marché née en 1709 à Sainte Blandine. Jean Ingrand est apparemment leur seul fils né en 1735 à Ste Blandine. Jacques Ingrand, son frère et Elie Sabourin son beau-frère époux de Marie Ingrand sont les témoins du mariage.
Si on remonte encore cette branche Ingrand, Jean Ingrand né en 1698 serait le fils de Abel ou Elie Ingrand, bottier, né vers 1654, mari d’Elisabeth Gadeau qu’il a épousé en 1686 à Beaussais.
2. Ascendance de la mariée.
Madeleine Ingrand fille de Jean et Marie Suire, l’ascendance parait simple puisqu’il y a un couple qui a vécu à St Martin de St Maixent et eut plus de 16 enfants, mais c’est tout simplement impossible comme je vous l’expliquerai dans le prochain épisode Ingrand.
Et si j’ajoute qu’il y a une Elisabeth Ingrand (parents inconnus), née vers 1700, épouse d’un maréchal Charles Girard arrière grand-mère de Marie Girard (voir au début), vous comprendrez mon désarroi et pourquoi je tourne en rond depuis trois mois….malgré une base de données de nommés INGRAND qui s’allonge….s’allonge…..
Soit j’efface tout et je passe à autre chose, j’en suis incapable, soit je continue….
Cela vous arrive-t-il de rester bloqué sur une recherche sans avancer, ni reculer? Comment en sortez vous?

Kandinski, Olympe.

 

 

 

Journée des femmes et Olympe de GOUGES.

Le 8 mars a été déclarée  la journée officielle des femmes  et tous les ans s’organise une manifestation à travers le monde. Cette journée internationale des femmes trouve son origine dans le combat des ouvrières et suffragettes du début du XXème siècle pour obtenir de meilleures conditions de travail et le droit de vote.

Histoire de cette journée.

L’idée émergea d’une journaliste allemande à la conférence internationale des femmes socialistes en 1910.

mars 1911 un million  de femmes manifestent en Europe.

8 mars 1913 des femmes russes organisent des rassemblements clandestins.

8 mars 1914 des femmes réclament le droit de vote en Allemagne.

8 mars 1915 à Oslo, des femmes défendent leurs droits et réclament la paix.

8 mars 1921 Lénine décrète le 8 mars journée des femmes.

8 mars 1946 la journée est célébrée dans les pays de l’Est.

8 mars 1977, les Nations Unies officialisent la journée internationale des femmes.

8 mars 1982, déclarée journée officielle des femmes en France.

Mais avant cela il y eut d’autres femmes pour s’élever contre les injustices . Olympe de GOUGES en fait parti.

OLYMPE de GOUGES (1748-1793).
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Olympe de Gouges portrait.

Marie GOUZE dite Olympe de GOUGES, née à Montauban le 7 mai 1748, morte guillotinée à Paris le 3 novembre 1793, était une femme de lettres françaises, devenue femme politique et considérée comme une pionnière du féminisme. Je l’ai découverte il y a des années au travers…..

La déclaration des droits de la femme et de la citoyenne
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Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne. Olympe de Gouges 1791. d’après collage de Henri Guedon.

Rédigée en septembre 1791, elle y pris pour modèle la déclaration des droits de l’homme et des citoyens (26 août 1789), qui énumère des droits ne s’appliquant qu’aux hommes. Dans de nombreux articles elle a remplacé « l’homme » par  » la femme et l’homme ».

La déclaration est constituée d’un préambule adressé à Marie Antoinette suivi de 17 articles.

Un principe de base d’ Olympe est que l’identité des devoirs doit entraîner celle des droits, dans tous les domaines publics ou privés. elle demande que les femmes puissent avoir droit aux votes, à la propriété privée, de pouvoir prendre part à l’éducation et à l’armée, exercer des charges publiques, allant jusqu’à demander l’égalité de pouvoir dans la famille et dans l’église.

Devant l’assemblée constituante, elle réclame l’égalité des sexes.

C’était révolutionnaire, dans un temps….révolutionnaire.

Cette déclaration est sans valeur légale et fut refusée par la convention. Elle ne parut qu’en cinq exemplaires. Alors que « la déclaration de l’homme et des citoyens faisait sensation dans toute la France » et qu’une diffusion s’étendait à l’étranger, seuls quelques extraits furent publiés en 1840. C’est une autre femme de lettres française Benoîte GROULT qui en fit publier la totalité en 1986.

PRÉAMBULE

Les mères, les filles, les sœurs, représentantes de la Nation, demandent à être constituées en Assemblée nationale. Considérant que l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de la femme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernements, ont résolu d’exposer, dans une déclaration solennelle, les droits naturels, inaltérables et sacrés de la femme, afin que cette déclaration constamment présente à tous les membres du corps social leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs, afin que les actes du pouvoir des femmes et ceux du pouvoir des hommes, pouvant être à chaque instant comparés avec le but de toute institution politique en soient plus respectés, afin que les réclamations des citoyennes, fondées désormais sur des principes simples et incontestables, tournent toujours au maintien de la Constitution, des bonnes mœurs et au bonheur de tous. En conséquence, le sexe supérieur en beauté comme en courage dans les souffrances maternelles reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l’Être suprême, les droits suivants de la femme et de la citoyenne :

Article 1 La femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune.

Article 2 Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de la femme et de l’homme. Ces droits sont : la liberté, la prospérité, la sûreté et surtout la résistance à l’oppression.

Article 3 Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation, qui n’est que la réunion de la femme et de l’homme ; nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément.

Article 4 La liberté et la justice consistent à rendre tout ce qui appartient à autrui ; ainsi l’exercice des droits naturels de la femme n’a de bornes que la tyrannie perpétuelle que l’homme lui oppose ; ces bornes doivent être réformées par les lois de la nature et de la raison.

Article 5 Les lois de la nature et de la raison défendent toutes actions nuisibles à la société ; tout ce qui n’est pas défendu par ces lois sages et divines ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu’elles n’ordonnent pas.

Article 6 La loi doit être l’expression de la volonté générale : toutes les citoyennes et citoyens doivent concourir personnellement ou par leurs représentants à sa formation ; elle doit être la même pour tous ; toutes les citoyennes et citoyens étant égaux à ses yeux doivent être également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leurs capacités, et sans autres distinctions que celles de leurs vertus et de leurs talents.

Article 7 Nulle femme n’est exceptée ; elle est accusée, arrêtée, et détenue dans les cas déterminés par la loi : les femmes obéissent comme les hommes à cette loi rigoureuse.

Article 8 La loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires, et nulle ne peut être punie qu’en vertu d’une loi établie et promulguée antérieurement au délit, et légalement appliquée aux femmes.

Article 9 Toute femme étant déclarée coupable, toute rigueur est exercée par la loi.

Article 10 Nul ne doit être inquiété pour ses opinions même fondamentales ; la femme a le droit de monter sur l’échafaud, elle doit également avoir celui de monter à la tribune, pourvu que ses manifestations ne troublent pas l’ordre public établi par la loi.

Article 11 La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de la femme, puisque cette liberté assure la légitimité des pères envers leurs enfants. Toute citoyenne peut donc dire librement : je suis mère d’un enfant qui vous appartient, sans qu’un préjugé barbare la force à dissimuler la vérité ; sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans des cas déterminés par la loi.

Article 12 La garantie des droits de la femme et de la citoyenne nécessite une utilité majeure ; cette garantie doit être instituée pour l’avantage de tous, et non pour l’utilité particulière de celles à qui elle est conférée.

Article 13 Pour l’entretien de la force publique, et pour les dépenses d’administration, les contributions des femmes et des hommes sont égales ; elle a part à toutes les corvées, à toutes les tâches pénibles, elle doit donc avoir de même part à la distribution des places, des emplois, des charges, des dignités et de l’industrie.

Article 14 Les citoyennes et citoyens ont le droit de constater par eux-mêmes ou par leurs représentants la nécessité de la contribution publique. Les citoyennes ne peuvent y adhérer que par l’admission d’un partage égal, non seulement dans la fortune, mais encore dans l’Administration publique et de déterminer la quotité, l’assiette, le recouvrement et la durée de l’impôt.

Article 15 La masse des femmes, coalisée pour la contribution à celle des hommes, a le droit de demander compte à tout agent public de son administration.

Article 16 Toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, n’a point de constitution. La constitution est nulle si la majorité des individus qui composent la Nation n’a pas coopéré à sa rédaction.

Article 17 Les propriétés sont à tous les sexes réunis ou séparés : elles sont pour chacun un droit inviolable et sacré ; nul ne peut être privé comme vrai patrimoine de la nature, si ce n’est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l’exige évidemment et sous la condition d’une juste et préalable indemnité.

« Femme, réveille-toi »

 

Une de ses citations célèbres est tristement prémonitoire;

« La femme a le droit de monter à l’échafaud, elle doit avoir également le droit de monter à la tribune. »
Olympe de Gouges.
Et c’est ainsi qu’elle finit sa vie en novembre 1793.
D’autres femmes ont pris le relais, puis l’ONU et d’autres pays. C’est une journée de manifestations au travers le monde, jour de bilan de la situation des femmes. Des groupes des associations de militantes  préparent des manifestations, pour fêter les victoires et les acquis, faire entendre leurs revendications, afin d’améliorer la situation des femmes. Le sujet ne date pas d’aujourd’hui et n’a pas fini de faire débat.
Montaigne disait déjà;
Les femmes n’ont pas tort du tout quand elles refusent les règles de vie qui sont introduites au monde, d’autant que ce sont les hommes qui les ont faites sans elles.
Montaigne, Essais, III, 5
Pensez à moi et souvenez-vous de l’action que j’ai menée en faveur des femmes ! Je suis certaine que nous triompherons un jour.
 Olympes de GOUGES.
Sources;

 

Le Drame de Grand Ry, 22 février 1688

C’est un triste anniversaire qui toucha profondément la communauté protestante en 1688. Depuis début février de la même année, malgré l’interdiction de religion et de rassemblement, des protestants avaient fait le choix de se retrouver « dans un logis de campagne nommé Grand-Ry qui était fort éloigné des papistes, Ce logis appartenait à des gentilshommes de la Religion, qui avaient tout abandonné pour se retirer dans les pays de liberté. Il y avait là un fermier nommé ROUSSEAU, aussi de la Religion. On prit donc la résolution de s’assembler dans la cour de ce logis, qui était close tout alentour de hautes murailles. »  Des bruits avaient courus, les dragons allaient venir, les dragons allaient intervenir, mais rien n’y fit, la tentation de se retrouver pour prier, la frustration des dernières années depuis la révocation, la volonté de montrer que la communauté protestante était bien vivante….jusqu’à ce jour funeste.

Depuis la Révocation de l’Edit de Nantes en 1685, les temples étaient démolis, les pasteurs traqués ou même mis à mort, les assemblées interdites et depuis l’ordonnance royale du 12 juillet 1688, les organisateurs de telles manifestations étaient soit mis à mort (prédicants et pasteurs),soit envoyés aux galères pour les hommes, en prison pour les femmes.

Dans les régions où les protestants sont nombreux, la résistance est publique. D’abord ils s’abstiennent massivement d’aller à la messe lorsque les dragons s’éloignent. Surtout, ils convoquent des assemblées secrètes dans des lieux écartés, le plus souvent de nuit, pour le « prêche » et éventuellement la cène. Contrairement aux premières assemblées, il n’y a plus de pasteurs pour les présider puisqu’ils ont dû ou fuir ou abjurer. Ce sont donc des laïcs qui convoquent et conduisent les assemblées : les prédicants.
Musée virtuel du Protestantisme.

Le choix pour ces assemblées avait alors été de les faire dans la campagne dans des endroits choisis pour se défendre.

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Le Désert : assemblée de protestants à Lecques près de Nîmes © S.H.P.F.

Le Grand Ry est situé dans la commune d’Aigonnay, au nord du canton de Celles-sur-Belle, en Moyen Poitou, entre Thorigné et Prailles. Dès 1572, il y eut un pasteur du nom de Novel, dont l’activité fut à l’origine d’une forte implantation protestante dans le pays mellois.

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Mariage au Désert, gravure de Samuel Bastide © Musée du Désert

En ce jour de février, il dut y avoir un grand remue-ménage dans le pays. On dit que l’assemblée était formée de 7 à 800 peut être même 1800 protestants. Leur arrivée n’a pas du passer inaperçue. Elle n’est pas passée inaperçue non plus des papistes ni des dragons. On peut même y voir une forme de provocation. Plusieurs assemblées étaient prévues ce même jour autour de Saint Maixent. L’intendant Foucault, présent ce jour là pris la tête de ses troupes. Ils encerclèrent et fondirent sur l’assemblée la plus proche, celle du Grand Ry, un pré entouré d’un ruisseau et d’une haie, gardée par 10 hommes armés, qui tirèrent sur un lieutenant et 10 dragons envoyés en reconnaissance. Les dragons tirèrent alors sur les protestants, « comme sur une nuée de pigeons ».

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L’assemblée est surprise, gravure de Samuel Bastide © Musée du Désert

D’après plusieurs témoignages il y eut 6 morts sur le champ, de noms inconnus.

Selon des témoignages, 200 personnes furent arrêtées, mises sous bonne garde dans une grange pour la nuit jusqu’au matin, où curés et seigneurs vinrent pour demander la libération de certaines de leurs ouailles. l’intendant Foucault envoya son rapport circonstancié à Louvois le lendemain 23 février. Il en fut hautement félicité car le roi précisait «qu’on ordonne aux dragons de tuer la plus grande partie des coreligionnaires qu’ils pourraient joindre sans épargner les femmes».

Le lendemain lundi 23 février 1688, il y eut un semblant de jugement. Trois hommes périrent sur l’échafaud à Saint Maixent.

Thomas Marché, maréchal-ferrant de Thorigné, lecteur et prédicant, fut pendu le 23 février 1688.

Jacques Guérin, de Sainte Blandine lecteur et prédicant, fut pendu à Saint Maixent le 23 février 1688.

Pierre Rousseau, le fermier de Granry qui avait mis ses terres à disposition de l’assemblée,pendu également.

L’intendant Foucault fait état dans ses mémoires de 6 autres pendus, 31 envoyés aux galères perpétuelles et deux femmes condamnées au fouet. Parmi les 31, 29 hommes ont été identifiés. Ils avaient entre 20 et 61 ans, ils étaient laboureurs, journaliers, maréchal, charpentier ou encore valet de meunier.

Enchaînés, ils partirent le 7 mars pour Poitiers,  transférés à Tours ils firent une quarantaine de jours de marche pour atteindre Marseille le 7 juin. Un certain André Moreau de 24 ans est décédé, un Abraham Nocquet d’Aigonnay décédera après 3 ans de galères. Trois hommes ont fait 25 ans de galères, cinq autres furent déportés en Amérique, plutôt les Antilles.

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Plaque commémorant l’assemblée du Désert au Grand-Ry (Deux-Sèvres) surprise par les dragons en 1688. © Musée du Poitou protestant

En 1951, une plaque commémorant ce site du souvenir porte l’inscription;

EN CE LIEU

SPÉCIALEMENT DE 1688 A 1706

SE RÉUNIRENT

DES ASSEMBLÉES DU DÉSERT

L’UNE D’ELLES FUT SURPRISE

LE 22 FÉVRIER 1688

IL Y EUT 200 PRISONNIERS

31 CONDAMNES AUX GALÈRES

ET 15 MARTYRS

EN SOUVENIR DE CEUX QUI

NOUS ONT PERMIS DE PRIER

DIEU EN PAIX AUJOURD’HUI

LA SOCIÉTÉ DE L’HISTOIRE

DU PROTESTANTISME FRANÇAIS 1951.

L’affaire fit grand bruit, de Marseille jusqu’à Versailles. Louis XIV fut il l’instrument aveugle de ces barbaries? Les jésuites de Poitiers écrivait au père Lachaise qu’on « réduisait par des voies douces et efficaces les nouveaux convertis à leurs devoirs ». Celui ci répondait que le roi prenait un singulier plaisir à l’entendre…..

BIBLIOGRAPHIE:

Elisabeth et Guy Vidal.

Le Musée du Désert.

le Musée virtuel du Protestantisme.

«Mémoires de N.J.Foucault, intendant du Poitou» dans « Documents inédits sur l’Histoire de France » Paris 1862 p.219 –

Maurice Pezet: «L’épopée des camisards» Seghers 1987 p.233 –

«Journal de Jean Mignault, maitre d’école 1681»

Beauchet-Filleau. Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou. Poitiers : Oudin, 1891.

 

Quand Pierre Moreau épouse sa nièce en 1806 …

Ce pourrait être un article insolite (généathème) si ce n’était pas aussi courant à cette époque là, enfin presque.

C’est l’histoire de Pierre Moreau, bordier à Exireuil, né au lieu dit les Noues (Nouhes) le 2 février 1750. Il était exirois, habitant d’une paroisse très près de Saint Maixent (79), dans une campagne principalement agricole. Il a 38 ans quand il épouse une jeune veuve sans enfants de 44 ans, Jeanne Goyon (ou Goy selon les époques et les orthographes) .

Jeanne Goyon était veuve de Pierre Martin, avait eu cinq enfants tous décédés en bas âge, avant le décès de leur père en 1782, à Fontournable d’Exireuil.

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Vincent Van Gogh, les mangeurs de pommes de terre, 1885 Musée van Gogh, Amsterdam (Pays-Bas)

Jeanne GOYON et Pierre MOREAU se marient le 21 octobre 1788, peu avant la révolution. Ce sera un mariage sans enfant. Jeanne décède le 26 février 1806, à 61 ans, le décès est déclaré par sa sœur, Marie GOYON.

Marie et Jeanne Goyon sont les deux filles d’André journalier à Exireuil et de Jeanne Nicolas. Marie épousa Jean Borrit en 1778. Elle fut la mère d’ au moins deux enfants, Pierre et Marie-Jeanne Borrit.

C’est cette Marie-Jeanne  BORRIT née en 1779 que Pierre Moreau épouse le 18 novembre 1806. Il a alors 56 ans, elle en a  27 ans, 29 ans d’écart. Elle est sa nièce par alliance.

C’est un mariage qui durera 22 ans, jusqu’au décès de Pierre Moreau le 8 janvier 1839 à l’âge respectable de 88 ans. Ils eurent deux enfants.

1.Pierre MOREAU né le 10 août 1807, à Exireuil, sera bordier à  Fontournable Exireuil, comme son père, épousera Madeleine MONNET à Exireuil en 1845 et aura deux enfants. Il décédera à Nanteuil en 1886 chez son gendre Pierre Barbier.

2. Louis MOREAU le cadet, naîtra le 14 septembre 1810 à Fontournable. Son père a alors 60 ans, sa mère 31 ans. Son enfance, son éducation sont inconnues sinon qu’il fut protestant, élevé à Fontournable  d’Exireuil. Il partit faire son service militaire à 20 ans en 1831, repris du service en 1838, en remplacement d’un autre. Il fut nommé voltigeur en 1841, et libéré en décembre 1843. Sa carrière fut une carrière militaire. C’est de son livret militaire dont il fut question il y a deux ans.

Louis Moreau revint au pays, épousa Marie GIRARD en 1843. Ils s’installèrent à la Crèche comme domestiques.

Un fils unique Pierre Moreau naquit le 23.2.1845 à Breloux, devint instituteur et en 1874 père de Nelly.

Le recensement de 1881 à Celles sur Belle (79) nous donne une image de cette famille. Dans l’école de Celles rue de la Mairie vivent alors Pierre MOREAU, 38 ans chef de famille, Marie PROUST son épouse 32 ans, Nelly MOREAU 8 ans fille, Louis MOREAU 72 ans, le père du chef.

Nelly connut bien son grand-père, mais son arrière était décédé depuis longtemps (35 ans avant sa naissance)  et rien ne dit qu’elle eut connaissance de cette histoire. Mais c’est elle qui conserva le livret militaire de son grand-père Louis Moreau, un signe de respect.

 

 

Le Grand Hiver 1709 en Poitou.

Quand une vague de froid submerge la France, on en vient toujours à raconter les hivers anciens, en particulier ceux de 1985 ou encore celui plus ancien de 1956. C’est d’un autre hiver dont je viens vous parler; celui de 1709. Il fut nommé le Grand Hiver par Réaumur et Lavoisier.

Il est rare que dans les Archives BMS, les curés d’antan viennent nous parler du temps qu’il fait. Je l’avais déjà noté à Pamproux mais voici le récit du curé de St Rémy (79).

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Archives départementales des Deux-Sèvres, Saint Rémy, 1700.1709 vue 59.

Le sixième jour de janvier de la même année 1709, commença un froid si violent et continue l’espace de trois semaines que un homme vivant n’en a ressenti de semblable les oiseaux périrent presque tous comme les pinsons, les alouettes perdrix corbeaux et aussi menus oiseaux. Les bleds furent tous gelés de sorte qu’il n’y eut pas la semence de froment orge et seigle ce qu’il y eut pour vivre c’est que ce printemps on fit une si grande quantité de baillarge et notamment sur les …qu’il y en eut assez pour faire vivre tout le monde, les vignes gelèrent aussi, tous les noyers exceptés quelques petits furent perdus et furent une grande perte pour les paysans car il y en avait une grande quantité dans ce bourg dont les paysans faisaient de l’huile pour leur entretien.  Il y en avait six gros dans le cimetière qui périrent aussi, comme ci aussi le froment se vendit cette année là jusqu’à trois cents cinquante livres.

fait à Saint Rémy le 10 décembre 1709.

Curé à St Rémy.

C’est le deuxième témoignage que je rencontre dans la lecture des Archives et exclusivement en début d’année 1709. Je ne pense pas que les curés de ces paroisses se soient concertés, ni qu’il y ait eu une volonté de transmettre une information météo, mais plutôt un problème qui fut si important et si grave pour la communauté et aussi pour le curé qu’ils se sont sentis obligés de le noter.

Si on rapproche les deux textes, je trouve étonnant qu’il s’accordent sans concertation sur le premier jour de grand froid; le sixième jour fête des rois. Le curé de Pamproux nous parle de la météo très précisément, le grand froid commença après une matinée pluvieuse, vers deux ou trois heures de l’après midi. Il commença alors à neiger, et la neige resta sur la terre du 8 janvier jusqu’au milieu de mars 1709. A St Rémy, le grand froid ne dura que trois semaines.

Les oiseaux périrent, les vignes, les noyers (Pamproux et St Rémy), les châtaigniers (Pamproux) gelèrent, et tous les deux s’accordent pour parler de l’envolée du prix des blés et autres céréales.

Seul le curé de St Rémy a une note plus optimiste, la quantité de baillarge semée au printemps a permis de nourrir tout le monde.

Un mort de froid a été recensé à Pamproux le 13 janvier, à St Rémy?

monet claude la pie 1868 1869

Claude Monet. La pie 1868.1869

Ce tableau est un de mes préférés, je n’hésite pas à le remettre en avant. Il aurait peut-être évoqué une menace de disette pour l’été suivant, ou le risque de périr de froid pour nos ancêtres. Signe des temps, il me parle plus de silence, de neige qui craque sous les pas et de la pie qui nous invite à une promenade ou à une méditation.

Avez vous rencontré des récits au fil de vos lectures sur cet hiver 1709?

 

Organisation généalogique pour l’année 2017.

Je bloque, je bloque, je bloque.

Alors quand Sophie Boudarel nous propose un  Geneathèmes sur « réveillez votre généalogie », c’est moi que je dois réveiller. L’inspiration ne manque pas, mais c’est « l’organisation de mon année généalogique » qui est mise à mal dès le mois de janvier. Imaginez; comme l’année dernière je pensais rester sur une branche de mes ancêtres dans le Poitou et orienter mes recherches sur l’ascendance de Nelly en commençant par la famille MOREAU. Forte de ces résolutions, le 2 janvier,je reprend ma fiche de travail ascendance Moreau, établis les actes manquants, les paroisses concernées, les alentours…..et rien.

Exploration sur geneanet; toujours rien.

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Alors, je visite des sites de généablogueurs à la recherche d’idées, je relève celle de timeline ou ligne de vie chez Sophie Boudarel, et Benoit Petit. Je m’émerveille des résultats de chacun pour 2016, comme ceux d’Evelyne de « ciel, mes aïeux » , relis les articles  de « Feuilles d’ardoise » qui met toujours la barre très haut, suis la promenade en barque de Sylvie  de « l’arbre de nos ancêtres »sur la Sèvres et les moulins et je finis par sourire avec le blog de « lulu la sorcière« . Je me suis perdue en route.

Tout cela n’est pas si grave.

Reprenons. Nelly Moreau est la fille de Pierre MOREAU et de Marie Suzanne PROUST. Pierre MOREAU est né à la Crèche en 1845 de Louis Moreau et Marie Girard, domestiques. Une des difficultés est que le nom est courant. Une autre vient du fait que ce sont des familles avec un ou deux enfants et qu’ils sont protestants.

Je vais donc faire une ligne de vie pour les ascendants MOREAU et leurs conjoints, en me fixant un objectif à un mois. Sans aucun résultat mi février, j’abandonnerai cette recherche jusqu’à ce que l’inspiration arrive.

Mon deuxième objectif est de scanner et recenser les photos anciennes que je possède et leur trouver un stockage et une sauvegarde adaptés.

Mon troisième est de travailler sur la sauvegarde de cette généalogie en général. J’en suis projeter cette opération sur deux disques durs externes avec le deuxième externalisé.

Mes objectifs sont peu nombreux mais ambitieux. Rendez-vous en fin d’année. En attendant j’y retourne, parce que;

Parler ne fait pas cuire le riz.

Proverbe chinois.

 

Que savons nous des protestants après la Révocation de 1685.

Didier POTON, professeur à l’université de La Rochelle, spécialiste de l’histoire des protestants français a donné une conférence le 4 décembre 2016, à La Couarde (79) au centre Jean Rivierre sur ce thème: Récits de fuite des protestants poitevins et charentais après la révocation. A la suite de cette conférence l’intérêt et la curiosité encore plus aiguisés, j’ai recherché sur « la toile », d’autres histoires et voila ce que j’ai trouvé.

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Des chiffres.

La révocation de l’Edit de Nantes en 1685 a changé le paysage français. Certains ont abjurés leur foi, d’autres ont continué en grand secret, mais certains ont trouvé cela insupportable et ont choisi la fuite.

1685, en plein règne de Louis XIV, le royaume de France compte alors 19 millions d’habitants dont environ 800 000 huguenots. 200 000 prendront le chemin de l’exil sur 30 ans. , ils fuient le royaume avec leur capital, mais aussi avec leurs compétences qui dictent en partie leur destination; Berlin, Amsterdam (les imprimeries), Londres, Bristol (industrie de laine, du chapeau).

Les poitevins partaient principalement du port le plus proche, La Rochelle, ville historiquement protestante. Dans un premier temps, ils espéraient revenir, récupérer leurs biens et croyaient en la clémence du roi. Puis, certains, ne trouvant pas de travail, partaient encore plus loin autour du bassin atlantique, quelques fois pour ne jamais revenir.

Vocabulaire;

L’exode des huguenots français vers les pays protestants afin d’échapper aux persécutions est un événement capital, qui s’étale pendant un siècle. On distingue;

le « Premier Refuge » à partir des années 1560, avec un maximum après la Saint-Barthélemy, les fugitifs partent alors pour Genève, l’Angleterre ou les Provinces Unies.

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Premier Refuge huguenot au XVIe siècle © Musée Virtuel du Protestantisme

Puis « le Grand Refuge » qui suit la révocation de l’Édit de Nantes. » Chaque crise, la prise de La Rochelle (1573), les « dragonnades » dans le Poitou en 1681, entraîne une nouvelle vague de départs, le pic étant après la révocation de l’Edit de Nantes en 1685, une autre vague après l’échec de la guerre des Camisards (1702.1704), puis une vague après la mort de Louis XIV (1715) , la Régence n’ayant rien changé à la législation ni à la répression.

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Les refuges proches des protestants français après la Révocation © Musée du Désert

« Aux trois pays du premier refuge, s’ajoute l’Allemagne, en particulier l’électorat de Brandebourg (la future Prusse) et celui de Hesse-Cassel, qui attirèrent l’excès de réfugiés de passage en Hollande et surtout en Suisse et Genève. On note des départs pour les pays scandinaves et même la Russie. Les épopées vers le Cap de Bonne-Espérance et vers les colonies anglaises du Nouveau Monde ont souvent été décrites. »

Et nos ancêtres me direz-vous. Ils sont manifestement restés en France, …puisque nous sommes Français…. Des frères ou sœurs ou encore des cousins ont pu partir , mais les récits parvenus jusqu’à nous sont peu nombreux comme nous l’a expliqué le professeur D. POTON. Alors certains chercheurs historiens comme Michelle MAGDELEINE, sont allés plus loin.

A lire, à écouter, à visiter.

1. Une base de données du refuge huguenot crée par Michelle MAGDELAINE, chercheur à l’Institut d’Histoire Moderne et Contemporaine (IHMC – CNRS); La base de données rassemble des informations sur les huguenots et les vaudois fugitifs en provenance du royaume de France et du duché de Savoie.

Michelle Magdeleine est une historienne  dont le but a été de reconstituer la première génération du Refuge entre 1685 et la fin du siècle. Les édits d’accueil des princes allemands et les déclarations des souverains britanniques sont connus, leurs motivations économiques ou politiques sont différentes et l’aide peut prendre des formes variées en fonction du pays d’accueil. Tout dépend aussi du nombre de réfugiés entrant dans le pays. La Suisse par exemple fut vite submergée, malgré sa volonté de secourir les réfugiés.

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Le refuge huguenot, exil et accueil par Michelle Magdelaine chercheur CNRS

Des huguenots fugitifs furent réduits à l’indigence et furent alors assistés par le gouvernement dans certains états, par le magistrat de certaines villes ou encore par les églises wallonnes ou françaises. d’autres étaient accueillis en Hollande.

Ce sont ces documents qui ont été recensés.

Ces réfugiés fondèrent de véritables colonies et tissèrent des liens familiaux, mais aussi commerciaux et religieux. Une colonie de rochelais protestants était connue dans un quartier de Londres (assistance à l’Eglise de Londres, Threadneedle Street. Ces réfugiés sont alors inscrits sur les registres, ainsi pour l’année 1686 ,Manuscrit 64 .

2. Le Musée Rochelais d’Histoire Protestante nous raconte dans quel état d’esprit étaient ces protestants en fuite.

« Pour nombre de protestants, tant en France qu’à l’étranger, la révocation de l’édit de Nantes correspond à un moment fondateur sur le plan identitaire, comme l’est la période dit de la Réforme au XVIe siècle. La répression, bien souvent présentée comme aveugle et meurtrière, a contribué à forger un fort sentiment d’appartenance communautaire, au-delà des origines sociales, qui transcende les frontières nationales. Avec l’un de ses corollaires, le Refuge, elle constitue par définition le moment atlantique de l’histoire huguenote. Les protestants de la Normandie à la Guyenne surtout ont certes toujours été présents sur la scène américaine. Mais, au moment de la Révocation, l’exode envoie sur les routes des milliers de huguenots, nobles, bourgeois et petites gens, partis en quête d’une terre d’accueil et qui finissent par s’installer tout autour du bassin atlantique, de Londres à Cap Town, en passant par New-York et Dublin, sans oublier les Antilles néerlandaises ou danoises. Ces réfugiés, 70 000 peut-être (sur un total d’environ 200 000 départs), fondèrent ainsi de véritables communautés dans les îles Britanniques, dans les Treize colonies, en Afrique du Sud ou dans les Provinces-Unies, qui tissèrent ou scellèrent d’étroits liens commerciaux, familiaux et religieux trans-Manche et transatlantique. Ils mirent en œuvre de véritables stratégies sociales pour faciliter et renforcer leur intégration dans les territoires d’accueil, tout au moins ceux qui appartenaient au monde des élites économiques et financières, car il reste encore à conduire bien des travaux sur les petites gens. Le Refuge, qui est à tort le plus souvent étudié comme un phénomène exclusivement continental, donna ainsi naissance à un espace – voire à une communauté, née d’une mémoire partagée atlantique huguenot(e) inséré(e) dans l’Atlantique anglo-néerlandais dont Londres fut le centre de gravité. Pour les uns (ceux qui sont restés et leurs descendants), c’est certes l’esprit de résistance à l’oppression qui est glorifié, pour les autres (ceux qui partent et leurs descendants), c’est la liberté religieuse retrouvée grâce à l’exil, lui-même souvent associé à un nouveau départ. Mais tous rendent hommage à ceux qui ont dû affronter d’une manière ou d’une autre l’intolérance religieuse et la persécution pour conserver leur foi. »

Extrait de « Les Huguenots et l’espace atlantique : aux sources d’un riche patrimoine historique et mémorial », de M. Augeron, D. Poton et B. Van Ruymbeke, Les Hugunots et l’Atlantique, Paris, pups, 2009

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3. Wikipédia et le Musée virtuel du Protestantisme.

Le Nouveau Monde a été une terre de refuge  pour preuve de cet exil, on peut citer la ville de New La Rochelle. La « Nouvelle-Rochelle « est une ville de la banlieue nord de New York, située dans le comté de Westchester. La ville fut fondée en 1688, par ces réfugiés huguenots, fuyant les persécutions de France. Beaucoup de ces huguenots étaient des commerçants issus d’un milieu assez bourgeois et originaires de La Rochelle. Cette  colonie française a continué à accueillir des réfugiés huguenots jusqu’à 1760. Son nom témoigne de l’importance de la ville de La Rochelle dans sa fondation. » 33 familles sont à l’origine de la communauté de la New-Rochelle. Un monument en reprenant les noms se dresse dans l’Hudson Park, point de débarquement des Huguenots en 1688.

4.  Sur France culture, dans « les Hommes aux semelles de vent », deux émissions diffusées en août 2016,  nous parlent , des Terres Huguenotes. par Mickael Augeron, enseignant chercheur à l’université de la Rochelle, et nous rappellent cet exode massif; le Refuge Huguenot.

Les textes lus au cours de l’émission sont librement adaptés de l’autobiographie de Jacques Fontaine arrivé a Bristol en 1685 intitulée Mémoires d’une famille huguenote victime de la révocation de l’édit de Nantes, co-éditée en 1992 par Max Chaleil et les Presses du Languedoc.

A réécouter.

5. Il existe des cas particuliers, comme Isaac de Beausobre né le 8 mars 1659 à Niort (79) et mort à Berlin le le 5 juin 1738. Il s’enfuit à Rotterdam (novembre 1685), avant de gagner Berlin en 1693 où il fut pasteur de l’église française, chapelain du roi, membre de l’Académie royale des sciences de Prusse et écrivit entre autre, Histoire critique de Manichée et du Manichéisme (1734).

J’ai trouvé à lire, à regarder, à visiter, souhaitant vous inspirer, cette liste n’étant pas exhaustive bien évidemment.