Madame de Maintenon et la révocation de l’Edit de Nantes.

Ce fut de longues vacances et je n’ai pas eu l’occasion de féliciter toute la communauté de généalogistes qui a publié des articles de qualité pendant tout le mois de novembre dans le cadre du challenge A-Z. Ce que je fais aujourd’hui.

Je souhaite vous parler d’un sujet qui, m’intéressant aux protestants en Poitou, m’a interpellé, celui des responsables des dragonnades de 1681. L’opinion selon laquelle madame de Maintenon, poitevine d’origine, est grande partie responsable de la révocation de l’Edit de Nantes est communément admise et encore aujourd’hui relayée dans l’opinion publique. Je ne sais pas vous, mais compte tenu de mon article précédent je doute fortement, même si elle était réputée dévote et communiquait une certaine austérité à la cour de France. Enfin c’est ce que l’on raconte. Elle n’a certainement pas séduit le Roi de cette façon et tout de noir vêtue. Voilà son histoire;

Madame de Maintenon est née Francoise d’Aubigné le 28 novembre 1635 dans la prison de Niort, fille de Constant d’Aubigné, petite fille d’Agrippa d’Aubigné rebelle, poète mais aussi protestant reconnu. Sa mère voulut pour elle un baptême catholique elle fut donc baptisée à Niort paroisse Notre Dame, mais elle passa ses premiers mois chez sa tante huguenote, Madame de Villette, au château de Mursay à Échiré près de Niort dans un foyer protestant. Après 6 ans en Martinique avec ses parents, elle revint en France en 1647, et devenue orpheline fut placée sous la protection de Madame de Villette. Sa marraine, Madame de Neuillant, fervente catholique intervint alors pour qu’elle pratique, « dans son intérêt »,  la religion catholique en particulier pour être présentée à la cour. Elle la fit rentrer,contre sa volonté au couvent des Ursulines à Niort puis à Paris. C’est part l’intervention d’une religieuse, sœur Céleste, qu’elle renonça à la religion protestante.

Elle n’était donc pas ignorante des questions religieuses depuis son plus jeune âge.

Épouse puis veuve de Paul Scarron qui fit son éducation culturelle, c’est en 1669 qu’elle rencontra pour la première fois Louis XIV alors qu’elle s’occupait des enfants adultérins de celui-ci. Elle vivait alors dans un grand hôtel du village de Vaugirard. Rencontrer est un grand mot puisqu’elle n’habita la cour qu’à partir de 1673, au moment où les enfants royaux furent légitimés.

Madame de Maintenon et deux enfants de Madame de Montespan. Pierre Mignard

Le roi Louis XIV avait déjà affirmé depuis 1663 qu’il était le roi Soleil, seul représentant de Dieu sur terre, catholique régnant sur un peuple catholique. La déclaration du roi du 2 avril 1666 restreignant la liberté de culte public et les droits civiques et sociaux des protestants n’est que la volonté royale.

C’est en décembre 1674 qu’elle acheta le château et le titre de Maintenon et en 1675 qu’elle sembla gagner les faveurs du roi.

Mais le Roi avait déjà au moins trois femmes dans sa vie. Mademoiselle de Fontanges, âgée de 17 ans en 1679 fut la dernière favorite en titre du Roi et mourut le 28 juin 1681 à l’Abbaye de Port-Royal de Paris. La marquise de Montespan, maîtresse du Roi depuis 1667 avec qui elle eut 7 enfants, fut compromise en 1681 dans « l’affaire des poisons ». La reine Marie Thérèse mourut le 30 juillet 1683 . Le Roi âgé de 45 ans fit alors le choix d’une seule femme et le 9 octobre 1683 fut célébré en toute discrétion le mariage de Louis XIV et de Madame de Maintenon, mariage qui resta secret. Elle était reine en privé et à la cour mais pas au delà. On admet maintenant que son influence s’exerça en privé sur le Roi et les enfants de celui-ci, sur sa pratique et ses croyances religieuses. Mais c’est en 1683.

En 1680, le Roi est au sommet de sa puissance, il a imposé sa volonté aux princes européens après la guerre de Hollande, il est au sommet de sa gloire. La caisse de conversion fondée en 1674 qui distribue des récompenses et des faveurs pour ramener les protestants dans le droit chemin a un certain succès mais pas assez ni assez vite au gré de Louis XIV. Le Roi se décide alors à employer la manière forte, prend conseil auprès de Louvois. Louvois envoie un régiment de cavalerie pour ses quartiers d’hiver que Marillac loge principalement chez les réformés les autorisant à les piller, les ruiner, les maltraiter.

C’est une ordonnance du 11 avril 1681 qui déclencha les dragonnades mis en œuvre par Marillac, intendant du Poitou. Les intendants font croire au Roi que les conversions se multiplient, que la religion protestante est en train de disparaitre, ce qui est une réalité mais dans quelle mesure racontent-t-ils que c’est dans la terreur et la désolation que ces « missions bottées » agissent. Quelle information arrivent d’abord au roi, et ensuite à Madame de Maintenon qui n’est pas encore l’épouse du Roi.

Les historiens se sont penchés sur ce point de l’histoire et ils adhèrent à la démonstration résumée par François Bluche dans une biographie de référence sur le grand roi.

« la marquise de Maintenon se réjouit des conversions quand elles lui semblent le résultat de la persuasion et de la douceur. Mais elle répugne à la contrainte envers ses anciens coreligionnaires. Seules une polémique outrancière, puis une légende sans fondement pourront faire croire qu’elle ait encouragé le monarque à la dureté. »

Madame de Maintenon, Mignard musée Niort

Après avoir élevé les enfants du roi, elle crée a partir de 1681, à saint Cyr , une maison d’éducation.  C’est ainsi qu’est fondée la Maison royale de Saint-Louis. Elle accueille gratuitement les jeunes filles de sept à douze ans qui ont moins quatre quartiers de noblesse et une famille trop pauvre pour leur assurer une bonne éducation. Sont privilégiées les jeunes filles dont le père a combattu ou donné sa vie au service du roi. Ces « demoiselles de Saint-Cyr », au nombre de 200 à 250,  sont destinées à faire un « beau mariage » et devenir des dames de la Cour.

L’image que je retiens de Madame de Maintenon est plutôt celle d’une femme, cultivée éducatrice et femme avant tout. Peut-être faut il rechercher les responsabilités du coté de Louvois et bien sûr du Roi Louis XIV, monarque absolu. Qu’en pensez vous?

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Les métiers des huguenots au moment de la révocation de l’Edit de Nantes.

Jusqu’en 1685, l’Edit de Nantes sert de base à toute législation concernant les protestants, en particulier l’article 27. Cet édit de 1598, reconnaissait l’égalité de droit entre huguenots et catholiques. Cependant dès le départ,  cette tolérance est remise en cause en particulier en mettant en place des règles favorables aux catholiques. c’est le fait du clergé de France qui lutte en permanence contre le libre accès aux postes, charges et offices les plus importants ou l’accès à  des professions traitant du dogme ou des commandements de l’église. On trouve dans ce cas les maîtres d’école qui enseignent le catéchisme, les médecins, sage-femme et pharmaciens en raison des contacts qu’ils avaient avec les malades, les notaires qui étaient les maitres en matière de testament et de contrat de mariage ainsi que les juges. Non moins importants, les civils font barrages pour l’entrée des huguenots dans leur profession, pour défendre leurs propres intérêts et établir une forme de non concurrence. Quand ils ne peuvent en interdire l’accès ils réduisent voire interdisent différents droits et privilèges.

David Téniers le jeune, école flamande (1610-1690); le chirurgien

Cet édit de 1598 fait que la loi est pour l’égalité et en cas de procès les catholiques ne sont pas assurés d’avoir gain de cause….jusqu’à un certain point. En effet le gouvernement prend de plus en plus souvent le parti des catholiques jusqu’à l’arrêt du 17 novembre 1664 sous Louis XIV qui énonce que si le Roi est catholique, ses sujets ne peuvent être que catholiques. L’issue est alors écrite, le royaume sera à terme entièrement converti, et la loi sera celle du clergé. Il faut noter que ce ne sont pas alors des interdictions d’accès à certaines professions. C’est plus une politique de réduction des charges et offices comme en 1663 et 1664 pour les procureurs, notaires et huissiers qui touchent en priorité les protestants, mais également une diminution de leurs responsabilité au sein de leur profession. Ainsi la marine ne peut se passer d’officier protestants mais ils ne peuvent présider les conseils de guerre de même que sur les bâtiments qu’ils commandent la religion catholique doit rester prédominante.

2 avril1666 une déclaration du roi restreint la liberté de culte public et les droits civiques et sociaux des protestants. Pierre Bernard, conseiller au présidial de Béziers, hostile aux huguenots, publie cette même année l’Explication de l’édit de Nantes, qui remet en question l’article 27 de l’édit de Nantes qui déclarait les protestants « capables de tenir et exercer tous états, dignités, offices et charges publiques quelconques royales, seigneuriales, ou des villes de notre royaume 

A partir de 1671, une ville ne peut plus avoir qu’une seule école protestante, et cette école un seul maître. La paix de Nimègue (1679), puis à partir de 1680, les arrêts réservant une profession puis une autre aux catholiques se succèdent jusqu’à un arrêt du conseil du roi du 28 juin 1681 qui ordonnait aux notaires, procureurs, postulans, huissiers et sergent de la Religion prétendue Réformée de se démettre de leurs offices en faveur des catholiques … dans six mois. Si bien que quand arrive la révocation de l’Edit de Nantes en 1685, de nombreuses charges et offices ne sont plus accessibles aux protestants. Mais cet Edit généralise et étend cette règle officiellement à toutes les professions puisque les huguenots sont déclarés hors la loi. Certains se trouvent dans des situations délicates. Ainsi tout maitre d’école doit enseigner la religion catholique, un médecin doit déclarer ses malades à la cure de la paroisse et le notaire doit s’assurer que après la rédaction de l’acte de mariage, le mariage sera bien célébré à l’église. De fait, puisque les huguenots sont partis ou bien ont abjuré la RPR, ils sont de « nouveaux convertis » le royaume est maintenant catholique, tous ses sujets sont égaux devant la loi et ont donc accès à tous les charges et offices. …. le gouvernement en est bien conscient, cette politique n’est pas sans danger. Les huguenots sont très présents dans certaines professions et indispensables même, ainsi dans l’armée et la marine. Il faut donc éviter la fuite de ces éléments indispensables pour l’étranger et les contrôles de ces professions sont alors modérés.

Déclaration du 13 décembre 1698; les interdictions ne sont pas levées mais certaines professions ne sont plus citées; ainsi les libraires, imprimeurs, chirurgiens, pharmaciens, sages-femmes, avocats, fonctionnaires fiscaux, officiers de l’armée et de la marine, fonctionnaires communaux. Les nouvelles règles sont difficiles à appliquer, vient la guerre de succession d’Espagne et  la Régence peine à résoudre cette équation.

14 mai 1724, nouvelle déclaration. Les professions non mentionnées réapparaissent, les règles s »alourdissent mais paradoxalement sont moins appliquées.

David Téniers le jeune; école flamande (1610-1690) un fermier avec femme et enfant à la maison.

C’est l’histoire de Jean Migault telle qu’il la raconte dans le témoignage qu’il écrivit pour ses enfants après sa fuite à Amsterdam. C’est dans ce recueil qu’il explique les raisons qui l’ont conduit à partir de France.

Jean Migault épousa à 18 ans Françoise Fourestier, âgée de 19 ans et s’établit à Moullé ( Moulay) paroisse de Fressines (canton de Celles, Arrondissement Melle) où ils passèrent « quelques années fort tranquillement »… « ayant beaucoup d’emploi et peu de conduite, attendu notre âge, pour gouverner en toutes saisons plusieurs pensionnaires et grand nombre d’écoliers, qui m’étaient envoyés des environs. » Il enseigna donc « en public » comme son père avant lui, fit la lecture dans l’église réformée de Mougon, et exerça l’office de notaire dont le seigneur de Mougon lui avait fait présent dès 1670. En 1680 il avait onze enfants vivants et comme il l’écrit « on entendait parler alors que d’édits et déclarations qui nous rendaient pour la plupart incapables de gagner notre vie ». Il fut contraint en 1681 d’abandonner sa maison et ses fonctions. Il alla alors à Mougon pour continuer à exercer les fonctions de lecteur et de scribe. La vie repris son cours jusqu’à l’arrivée des dragons autorisés par le ministre de la guerre de Louvois à partir du 18 mars 1681 et pilotés par Louis de Marillac, intendant et représentant du Roi. Je vous invite à lire son récit sur Gallica. Comme il le raconte l’orage éclata enfin le 22 août 1681.

Sans travail, persécuté il décida d’émigrer vers Amsterdam ainsi que ses enfants, sa femme étant décédée. Ce qui fut également une terrible aventure.

Les édits et décrets sont une chose, le récit de Jean Migault nous entraîne dans une réalité sordide. Ils sont partis avec un espoir de retour mais ses enfants ont fait souche à l’étranger son arbre généalogique a fait pousser de nouvelles branches ailleurs.

Cette situation explique en partie que mes ancêtres étaient des laboureurs, des paysans huguenots mais aussi garde-étalon et c’est ce qui a motivé ma recherche.

Signatures et alphabétisation dans la France du 18e

Les signatures font parti de mes motivations pour la généalogie. Les pleins, les déliés, les ruches, m’ont procuré une émotion et le sentiment illusoire de connaître mes ancêtres un peu mieux. Puis il y eut les autres, tous les autres ceux qui font une croix pour signer, et ceux qui ….ne font rien. Le grand écart entre les Archives du Pas-de-Calais et du Poitou m’ont fait toucher du doigt une autre différence et je me suis alors posée la question de l’alphabétisation.

Aucun document écrit par mes ancêtres ne m’est parvenu, les seules sources fiables sont donc les documents signés au moment de baptêmes, mariages ou enterrements dans les registres paroissiaux depuis 1737 ou les documents signés chez les notaires. Depuis 1554, par l’Edit de Fontainebleau, Henri II demande aux notaires de faire signer les parties contractantes, « s’ils savent signer ».

Je dois faire une exception pour les deux bibles protestantes qui sont arrivées jusqu’à moi. Mis à part cela, les archives départementales sont ma principale source.

Mais c’est dans l’Histoire des paysans français français de Emmanuel Le Roy Ladurie que j’ai trouvé un début d’explication à ce que j’avais constaté par moi-même.

 » les sociologues des années 1830, tels que Dupin et d’Angeville avaient pris les premiers conscience du phénomène : si 48,3% des conscrits sont illettrés en 1830-1833, une telle ignorance, notent ces chercheurs, n’est cependant pas répartie de façon uniforme sur le territoire. Les masses analphabètes, dit d’Angeville, dominent largement au sud-ouest de la ligne Saint-Malo/Genève ; ; Le  » décrassage  » culturel en revanche est presque achevé au nord-est; il est entrepris largement dans le Nord et en Normandie. ( page 631, 632)……

Dès Louis XIV, en effet, dans les années 1686-1690, les « deux France  » (que Dupin et d’Angeville diagnostiqueront encore un siècle et demi après l’époque du Roi-Soleil ) s’opposent déjà. Sans doute les pourcentages ne sont-ils pas les mêmes: Le royaume, au temps de Louvois comptent au bas mot 70% d’analphabètes mâles, beaucoup plus que sous Louis Philippe…….page 404)

« Les analphabètes louis-quatorzien, en foule compacte, se pressent au midi de la ligne durable qui court du sud du Cotentin au sud du Jura. Au nord de cette frontière, en revanche, les provinces sont passablement alphabétisées.

L’ignorance est particulièrement marquée chez les femmes dont 14% seulement savent signer, contre 29% parmi les hommes. Mais là aussi les contrastes s’imposent; en 1686.1690 les femmes du sud et celles des bocages de l’Ouest sont beaucoup plus ignorante que leurs consœurs du Nord-est. (Page 404)

C’est de cette idée que je suis partie, en constatant que Marie Marguerite Deruy, jeune fille à marier du Pas-de-Calais en 1726, signe son nom, certes maladroitement mais lisiblement. Mais à la même époque, Marie Bayard (Sosa 339) signe le jour de son mariage en 1722 en Deux-Sèvres; de même que Louise Bault (Sosa 341) en 1736 à Ste Ouenne (79). Par contre d’autres ne signent pas comme Marie Proust (Sosa 611 )en 1724 dans les registres de st Pierre de Melle (79).

Une autre composante m’a semblé importante. Je reprend ma lecture de l’Histoire des paysans français ;

 » il y eut sans aucun doute une première explosion de croissance intellectuelle pendant le XVIIe siècle, même dans les villages; mais elle ne touche au Nord que la majorité des laboureurs ou exploitants mâles – grands, moyens ou même petits… » page 406

J’ai bien constaté que dans la majorité des actes dans le village de Pressy (AD62) figurait au moins une signature, surtout des signatures masculines mais aussi féminines, ce que je n’ai pas retrouvé dans les registres de Dordogne, dans lesquels, volonté ou non du curé il y a très peu de signatures hormis les élites, les notaires.

Quant aux Deux-Sèvres, c’est beaucoup plus aléatoire. Il y a une disparité entre les villes et les registres des paroisses de campagne, mais plus encore entre mes ancêtres journaliers, laboureurs ou artisans.

Alors que les gens du nord apposent leur marque souvent une croix quand ils ne savent pas signer, ceux de l’ouest ne marquent ni ne mettent leurs initiales.

J’ai aussi constaté que René Desré cordonnier, signe en 1770 à la naissance de son fils; Pierre Bergeron laboureur puis aubergiste et Jeanne Lambert signent tous les deux leur acte de mariage en 1763. Il y a effectivement plus d’hommes que de femmes qui signent, mais la proportion de signatures me parait également importante dans ces paroisses des Deux-Sèvres.

La religion est peut être un début d’explication. Il ne faut pas oublier que les protestants doivent pouvoir lire la bible et écrire, mais ne sont pas désirés dans les paroisses entre 1685 date de la révocation et la révolution et que leur signature peut trahir leur appartenance à la religion reformée. Néanmoins ils signent alors les actes notariés et leurs signatures sont alors plus ou moins sophistiquées. Ayant une forte proportion de protestants dans mon ascendance des Deux-Sèvres, ceci pourrait expliquer cela.

Il reste beaucoup d’incertitudes;

Y avait il des maitres d’école, depuis quelle époque, dans quelles paroisses?

Le rôle des femmes dans la société; avait elle la nécessité de signer des documents?

L’époque; entre le 17e et le 18e siècle, la différence semble encore plus importe.

Je vous livre la conclusion de l’auteur de l’Histoire des paysans français »,

En ce qui concerne l’anthropologie physique, les travaux les plus récents réfutent, les vieilles sornettes racistes relative à la prétendue supériorité intellectuelle ou physique, peu importe ,des grands aryens blonds du nord de l’Europe et du nord de la France… On savait depuis longtemps maintenant on sait mieux encore qu’en dépit de certaines permanences génétiques la stature est un caractère instable, exacerbé ou déprimé par les facteurs économiques, socio-culturels, socio-biologiques, tels que l’alimentation, le genre de vie, l’hygiène, la pratique plus ou moins tardive du travail physique, la scolarisation, la rupture ou le maintien des isolats etc…

Ce qui pose une autre question; qu’elle était la taille de mes ancêtres à cette époque-là?

Je n’ai pas de réponse.

Carl Larsson.

 

L’Etat Civil et 10 générations à Pressy en Artois.

Il y un côté excitant à rechercher les migrations de nos ancêtres . Le berceau d’une branche que l’on croyait dans le Pas-de-Calais se trouve en Lorraine ou encore ceux du lot et Garonne viennent du Rouergue. Et on relance la recherche car si ils venaient d’ailleurs…. un parfum d’aventure….

Il y a les autres, ceux que l’on passe sous silence car on pense ne pas avoir grand chose à dire, les journaliers les manœuvriers, les ménagers qui évoluent dans un périmètre de 5 à 30 km. J’ai trouvé une troisième catégorie, ceux qui semble-t-il n’ont « jamais » bougé. Le berceau de la branche semble être dans un village au moins depuis les premières écritures par le curé du lieu.

Ainsi à Pressy-les-Pernes en Artois, les premiers documents officiels sont de 1737 (quelques documents entre 1723 et 1737). C’est à ce moment là que le curé est tenu d’écrire obligatoirement les naissances mariages et décès selon un protocole établi.

Jean François MILLET, les glaneuses, Musée d’Orsay, 1857

Petit rappel sur l’histoire de l’état civil en France:

L’enregistrement des mariages et sépultures est imposé à partir de 1579 par l’ordonnance de Blois. Ainsi, à partir du XVIe siècle, baptême , mariage et décès sont inscrits sur les registres paroissiaux de l’Église catholique.

C’est en avril 1667,  dans l’« ordonnance touchant réformation de la justice » (aussi dite « ordonnance de Saint-Germain-en-Laye » ou «code Louis ») que la tenue des registres en double est en principe rendue obligatoire. Certaines collections commencent à cette date là.

« Edit du Roy donné au mois d’Octobre 1691, portant création des Offices de Greffiers, Conservateurs des Registres de Baptêmes, Mariages et Sépultures dans les villes du Royaume ou il y a une Justice Royale, Duché Pairies et autres Juridictions pour fournir dans le mois de Décembre de chaque année à tous les curés des paroisses de leur ressort, deux registres cotés et paraphés par lesdits greffiers, à la réserve des premières et dernières pages qui seraient signées sans frais par le juge du lieu, l’un desquels registres servirait de minute, et l’autre de grosse, pour y écrire par les curés les baptêmes, mariages, et sépultures.

L’édit ordonnait aussi que six semaines après l’expiration de chaque année, les greffiers pourraient retirer les grosses qui auraient servi pendant l’année précédente, et que les juges ou greffiers des jurisdictions royales, à qui les grosses de ces registres avaient été remises depuis l’ordonnance de 1667, seraient tenus de les remettre entre les mains de ces greffiers, aussi-bien que les registres des consistoires qui avaient été déposés entre leurs mains en vertu de la déclaration du mois d’Octobre 1685. »

il y a donc eu un office des greffiers de l’Etat civil toujours pour les mêmes raisons, renflouer les caisses de l’Etat à la fin du règne de Louis XIV. Mais cela a mal fonctionné et il fallu attendre l’édit de 1736 pour que La tenue des registres se généralise dans toutes les paroisses. déclaration du 9 avril 1736, rappelant et complétant l’ordonnance de 1667, que l’obligation de tenue en double des registres sera réellement généralisé. Le curé et les témoins doivent alors signer ou apposer une croix ou La déclaration de ne savoir signer.

C’est ainsi que le registre de Pressy 5MIR 669/1 commence en 1723 et le registre officiel 3E669/1 ne commence réellement que le 26 janvier 1737 paraphé et signé selon par « le lieutenant général de la sénéchaussée de St Pôl soussigné commis à cet effet par Monsieur le premier Président du conseil provincial d’Artois conformément à la déclaration du roi du 9 avril 1736 enregistré audit conseil le premier septembre au dit an. »

Marie Marguerite Deruy (Sosa 397 génération9),  jeune fille à marier signe quant à elle, la première page du registre de 1723, comme marraine. le registre est tenu par Zacharie récollet du couvent de Pernes. Elle épousera en 1738 Philippe Pruvost passera sa vie à Pressy, c’est une ancêtre de la branche maternelle Lethellier. Son père Jean François fut sergent de Pressy (décès 1739)

La famille BOUTILLIER apparaît dès les premiers feuillets de ce registre. Simon Boutillier (Sosa 868, génération 10) décédé en avril 1727 était le lieutenant de Pressy. Il eut au moins 3 enfants dont deux sont mes ancêtres; Albert Joseph né en 1695 et Marie Jeanne. Il est dit laboureur ou fermier et aura 8 enfants dont Marie Marguerite en 1739 qui épousera un Boyaval de Pernes, le bourg d’à côté. Il faut surement remonter encore au moins d’une génération, celle d’Antoine Boutillier (Sosa 1736 génération 11) époux de Marie Jeanne Froideval et leurs 5 enfants qui vécurent tous à Pressy. Leurs racines sont donc clairement à Pressy depuis au moins le milieu du 17eme siècle.

La famille MELLIER apparaît aussi très tôt dans les registres; Marie Françoise dès 1728 comme marraine et jeune fille à marier. Cette famille semble ne pas s’être éloigné de Pressy

Julien Dupré, (1811.1889)

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Selon F Le Roy Ladurie (l’histoire des paysans français p 518 à 521) ces régions du nord sont « des régions de grande culture qui, pendant l’époque des Lumières se situent dans l’avant-garde économique; Quelques facteurs généraux agissent fortement selon lui sur la croissance du XVIIIe :

Le développement de vastes fermes qui résistent aux prétentions de l’impôt et de la rente foncière; ces fermes font coexister leur grande exploitation avec des propriétés qui restent souvent petites;

le fantastique chevelu du réseau routier, dont la poussée, dans le Nord-Est est calquée sur les besoins du trafic, de l’urbanisation et des militaires.

la spécialisation des régions et une culture productive (sans jachère) à base de céréales, de choux et de légumineuses (trèfles, fèves et vesces) qui nitrifient le sol et des racines alimentaires et fourragères (pomme de terre betteraves carottes navets). »

La récolte des betteraves, Georges Laugée

Ces familles avaient leurs racines et surtout des terres qu’ils exploitaient de père en fils selon un modèle établi en Artois ce qui leur permettait d’y rester sur plusieurs générations. Les registres de la paroisse m’ont permis de remonter au moins 10 générations dans le cas de mes ancêtres à Pressy-les-Pernes (62). Avez-vous rencontré ce cas là? est-il courant parmi vos ancêtres?

 

Maire perpétuel en Artois en 1694 ?

Dans mon ignorance je pensais les maires issus de la révolution française et les échevins certes du nord mais faisant fonction de maire dans l’ancien régime. Imaginez ma surprise quand dans mes recherches concernant mon ascendance du nord, je croise un  Jean Adrien  Larsé ou Delarsé, maire de Lillers en 1694. Jean Adrien prénom bien masculin donc pas mère (!) mais bien maire et un autre ancêtre  » échevin à son tour », Guillain Martin menuisier né vers 1685 échevin de la ville de Pernes.

Une première recherche dans le dictionnaire historique et archéologique du Pas-de-Calais (tomme 3) sur Jean Adrien Delarsé nous amène à LILLERS , aux coutumes de la ville. Jean Adrien Delarsé y est présenté comme le premier maire de Lillers ville seigneuriale  en 1694, premier maire en vertu de l’Edit de 1692 qui rendit vénales les charges municipales. Cet Edit du roi de 1692 est alors un mystère. Quelques recherches plus loin;

Edit du Roy [d’août 1692] portant création de maires perpétuels et d’assesseurs dans les hostels de villes et communautés du royaume.

LOUIS par la grâce de DIEU Roi de France et de Navarre,  à tous présents et à venir, SALUT;

le soin que nous avons toujours pris de choisir les sujets les plus capables entre ceux qui Nous ont été présentés pour remplir la Charge de Maire dans les plus grandes villes de notre royaume, n’a pas empêché que la cabale et les brigues n’aient eu le plus souvent beaucoup de part à l’élection de ces Magistrats; d’où il est presque toujours arrivé, que les officiers ainsi élus, pour ménager les particuliers, auxquels ils étaient redevables de leur emploi et ceux qu’il prévoyait pouvoir leur succéder ont surchargé les autres habitants des Villes et surtout ceux qui leur avait refusé leurs suffrages. Et à l’égard des lieux les maires ne sont point établis, chacun de nos Juges voulant s’en attribuer la qualité et les fonctions à l’exclusion des autres, cette concurrence n’a produit que des contestations entre eux, qui ont retardé l’expédition des affaires communes, consommé en frais de procès, et distraits ces juges de leurs véritables fonctions, pendant qu’il s’efforçaient d’usurper celles qui ne leur appartiennent pas, et fatiguer nos peuples par la diversité des ordres qui leur étaient donnés en même temps sur les mêmes affaires.

C’est pourquoi Nous avons jugé à propos de créer des Maires dans toutes les villes et lieux de notre royaume qui n’étant point redevable de leurs charges au suffrages des particuliers et n’ayant plus lieu d’appréhender leur successeurs, en exerceront leurs fonctions sans passion et avec toute la liberté qui leur est nécessaire pour conserver l’égalité dans la distribution des charges publiques; d’ailleurs en étant perpétuels, ils seront en état d’acquérir une connaissance parfaite des affaires de leur Communauté, et se rendront capables par une longue expérience de satisfaire à tous leurs devoirs et aux obligations qui sont attachées à leur ministère; et d’autant que dans les principales Villes de nôtre Royaume, le grand et l’importance des affaires qui y surviennent fort souvent, demandent le secours et l’application de plusieurs personnes d’expérience et zélées pour le bien public, Nous avons cru qu’en donnant aux communautés un Chef ou premier Officier éclairé, Nous devions en même temps créer en titre d’Office un certain nombre de conseillers et assesseurs, tirés d’entre les plus notables Bourgeois, qui se rendant plus capables que les autres, de remplir les Charges….(morceau de page manquante).

Cette première partie justificative m’a paru suffisamment importante pour être retranscrite intégralement. Le roi y explique pourquoi il crée de nouvelles charges. La deuxième partie est le résumé des droits et devoirs du nouveau maire. Il parle de leurs nouveaux privilèges dont le titre de noblesse.

« Ils convoqueront les assemblées générales et particulières esdits Hostel de Ville, ou il s’agira de l’utilité publique, du bien de notre service et des affaires de la communauté.

Ils recevront les serments des échevins, des capitouls, jurats, consuls et autres pareils officiers, après qu’ils auront été élus, dans les Assemblées tenues es Hôtels et Maisons des villes, auxquels présideront les dits maires, sans que l’on puisse à l’avenir, faire ailleurs les dites élections. ….

Ils présideront à l’examen des comptes.

Les greffiers ne pourront expédier aucun ordre qu’il ne soit signé des maires.

L’ouverture des lettres et ordres ne sera faite qu’en présence des maires.

Ils allumeront les feux de joie et porteront la robe rouge.

Ils jouiront du titre et privilège de noblesse dans les Villes où il a été par nous rétabli et confirmé…

Ils seront exempts de tutelle,  curatelle, de la taille personnelle dans nos Villes taillables , de guet et garde dans toutes nos Villes, du service du ban et arrière ban, du logement des gens de guerre, et autre charges et contributions…

Faisons défense de plus élire et nommer à l’avenir aucun maire.

Défense à nos officiers d’en prendre à l’avenir la qualité de maire, d’en faire aucune fonction dans les hôtels de ville et autres lieux (3000 livres d’amende).

Suppression des anciens maires leur titre et qualité.

Attribution des gages et des paiements sur les simples quittances des maires.

Créations d’assesseurs héréditaires.

Il s’ensuit les fonctions et privilèges des assesseurs.

Le roi a donc créé dans la plupart des villes un office de maire et des offices d’assesseurs en remplacement des syndics choisis par les habitants, pour les raisons citées dans l’Edit d’août 1692 mais aussi pour une raison moins avouable, les caisses de l’Etat étaient vides. La création de nouvelles charges payantes va donc les aider à les renflouer .

Quentin Metsys, les collecteurs d’impôts.

Le Maire ou maïeur faisait parti de l’échevinage comme les échevins. Il y avait également un procureur syndic un greffier et un argentier. l’échevinage gérait et administrait les affaires de la ville; il y exerçait la haute moyenne et basse justice; ils se réunissaient trois fois par semaine (Bultel, notice d’Artois)

Au vu de l’importance de la fonction je suis surprise de ne pas avoir noté plus de maires en fonction à cette période dans les archives.

Jean Adrien Larsé décèdera le 4 mars 1700 à Pernes à l’âge de 50 ans. Son fils , Jean Baptiste fut maire également à Arras où il est cité en 1717.

Jacques LeTellier, maréchal des logis et la bataille de Fontenoy.

Cet acte de mariage a piqué ma curiosité. Qu’est ce qu’être maréchal des logis au milieu du 18e siècle, et quel est ce régiment, le régiment d’Egmont ?

Mes connaissances en matière militaire sont très limitées, j’ai donc recherché une définition qui, si elle est logique, m’a surprise. A l’origine, le maréchal des logis était un sous-officier responsable des écuries et chargé de préparer les étapes de son escadron, comme le ravitaillement ou l’hébergement. Il était historiquement dans des troupes dotées de chevaux.

Dans la France du 18e, le maréchal des logis correspondait au sergent des troupes montées. Savoir bien lire et écrire était une condition nécessaire puisqu’il devait tenir les registres des logements des officiers et des soldats de la compagnie. Hormis  ses connaissances d’écriture il devait avoir des talents logistiques et géographiques. Lors d’une bataille, le maréchal des logis ne participait pas au combat, mais se tenait prêt à transmettre les ordres, porter un courrier. Son rôle prenait toute son importance entre les combats. Lorsque la destination était choisie, le maréchal général des logis devait reconnaître le chemin à parcourir, trouver un emplacement pour le nouveau camp. Il rédigeait ensuite les ordres détaillés que devaient suivre chaque colonne après approbation du général en chef . En effet, l’armée  devait se déplacer en un seul bloc, dans un ordre proche de l’ordre de bataille pour pouvoir agir plus rapidement dans des chemins plus ou moins étroits ce qui devait être un casse-tête pour le maréchal général  des logis. La colonne centrale marchait sur le chemin, les colonnes latérales dans les champs… Les ordres étaient ensuite transmis au maréchal des logis de la cavalerie et aux maréchaux des logis de chaque régiment. À l’arrivée sur le lieu prévu pour le campement, le quartier général était placé  au centre ainsi que l’artillerie , l’hôpital et les vivres, l’ordre de bataille était toujours respecté. L’installation et la levée du camp demandait alors un grand sens de l’organisation et un temps considérable.

Cet ancêtre n’était pas maréchal général des logis des armées du roi mais maréchal des logis du régiment d’Egmont.

Deux régiments ont reçu le nom de régiment d’Egmont

Le régiment d’Egmont cavalerie, ancien régiment du Chevalier de Rosen cavalerie en 1741, est nommé régiment de Charost cavalerie en 1757 ;
le régiment d’Egmont dragons, ancien régiment de Mailly dragons le 14 février 1744, est nommé régiment de Marbeuf dragons le 11 juillet 1753.

Donc entre 1744 et 1753 ont coexisté deux régiments d’Egmont. Les deux « Egmont » étaient ils deux frères ou encore cousins?  L’histoire ne le dit pas.

Le premier régiment d’Egmont était un régiment de cavalerie légère. Auparavant, régiment de Valavoire cavalerie crée en 1667, renommé le 6 mars 1719 régiment de Lorraine cavalerie, dirigé par Jacques Henri de Lorraine, chevalier de Lorraine, marquis d’Ambleville, il devint régiment du comté de Lordat en 1734, puis du chevalier de Rosen en 1738, du Comte d’Egmont en 1741,  d’Egmont le 14 février 1744, frère du précédent, Casimir Pignatelli.Ce régiment fut dissous le 1er décembre 1761.

La devise de ce régiment d’Egmont cavalerie était alors;

Qui s’y frotte s’y pique,

en Latin

pungit aggredrentes.

Le deuxième régiment d’Egmont aussi appelé Le régiment des dragons de Monsieur était également un régiment de cavalerie.

En janvier 1746, ce régiment était à Maubeuge si on en croit le maréchal de Saxe. 

Le maréchal de Saxe était alors en campagne dans les Flandres ou plus exactement c’etait la guerre de succession d’Autriche (1740-1748) avec un point culminant , La bataille de Fontenoy le 11 mai 1745. Le régiment d’Egmont est mentionné dans la brigade des cuirassiers  du roi et le régiment d’Egmont dragons dans la réserve du comte d’Eu.

la bataille de Fontenoy par Pierre Lenfant.

Mes souvenirs de cette bataille se résumaient à une victoire française et à la fameuse phrase « Messieurs les anglais, tirez les premiers », un bon mot écrit par Voltaire. Avec cet ancêtre c’était  l’occasion de se replonger dans cette bataille.

Marie Thérèse d’Autriche monte sur le trône à la mort de son père Charles VI, ce qui a semé la pagaille entre les grandes puissances européennes. Louis XV alors allié de l’Electeur Charles-Albert de Bavière lance ses troupes sur les Pays-Bas autrichiens (Belgique actuelle). Le maréchal de Saxe, commandant des armées du roi fait le siège de Tournai, mais est pris en tenaille par les armées alliées commandées par le duc de Cumberland, troisième fils du roi d’Angleterre, Georges III.

Le maréchal de Saxe en fin stratège choisi le terrain, dispose ses troupes en ligne brisée, et le 11 mai la bataille commence par deux heures de canonnade. La bataille se resserre vers midi quand Cumberland envoie ses troupes en masse. C’est là qu’aurait eu lieu le célèbre échange réécrit par Voltaire ce qui s’avère une fausse politesse, puisque celui qui tire le premier est ensuite démuni devant l’adversaire. Cela a failli mal tourner pour les français mais le maréchal décide d’utiliser quatre canons à bout portant lance des attaques coordonnées sur les flans ennemis et remporte la victoire. Il y eu 8000 morts chez les anglais, 2000 chez les hollandais et 3000 pour les français.

Voila  comment Jacques Le Tellier, maréchal des logis du régiment d’Egmont, m’a fait réviser l’histoire de France et la bataille de Fontenoy à laquelle je suppose qu’il dut participer dans le cadre de son régiment. Quant à savoir s’il faisait parti du régiment d’Egmont cavalerie ou du régiment dragons, je laisse les spécialistes en débattre.

Migration militaire au 18ème et acte de mariage.(2)

Jacques Le Tellier fait parti de ces ancêtres voyageurs. C’est un ancêtre du Pas-de-Calais, qui vécut du côté de Frévent, au nord d’Amiens, à 40 km d’Arras, comme ses descendants entre Frévent, Neuville-au-Cornet. Son acte de mariage ne présentait ni surprise ni difficulté. En 1758, il est veuf et vit à Frévent.

L’an 1758 le 9 du mois de janvier après avoir publié par deux dimanche et une fête savoir le 27 novembre, le 25 décembre 1757 et le 6 de cette présente année à la messe paroissiale entre jacques le Theillier de la paroisse de St hilaire de Frévent veuf de marie anne Courcol d’une  part et marie françoise Frevacque âgée de 38 ans environ, fille d’albert et de madeleine Finet de cette paroisse d’autre part, ayant reçu la lettre du sr Cornu curé de St Hilaire en date du 7 janvier 1758, ayant reçu leur mutuel consentement de mariage et leur ay donné la bénédiction nuptiale selon les cérémonies de l’église présents et consentants leurs parents et amis, à savoir nicolas lefebvre, marié de la paroisse de Frévent, antoine Rulence marié de cette paroisse,, louis Petit jeune homme à marier de la paroisse de la Comté jean baptiste Caron arpenteur de la province d’Artois, tous témoins qui ont attestés ce qui dessus sur le domicile l’âge et la qualité des parties , qui ont signés avec l’époux et l’épouse.

AD 62, 5 MIR 348/1 Foufflin-Ricametz, 1737.1832

Rien dans cet acte ne nous renseigne sur l’origine de Jacques le Tellier, ou plus exactement le curé et les témoins attestent qu’il est de la paroisse de st Hilaire de Frevent(62).  Il arrive que les bans ne soient pas publiés à l’extérieur. Quand il s’agit d’époux jeunes et célibataires, une dispense du diocèse est nécessaire et souvent notée, mais quand il s’agit d’un veuf ou veuve ou encore d’un célibataire âgé ou habitant depuis longtemps dans la paroisse on ne pourra que rechercher l’acte de mariage précédent ou l’acte de décès. C’est le cas de Jacques Le Tellier.

G Courbet.

Il est indiqué qu’il est veuf et c’est donc l’acte de mariage précédent que je recherche. Le 21 janvier 1749, eut lieu un premier mariage entre Jacques le Thellier, et Marie Anne Courcol.

Jacques THELIER, âgé d’environ 40 ans, maréchal des logis
dans le régiment d’Egmont demeurant depuis 3 mois en cette
paroisse, fils d’Antoine demeurant en la paroisse Humbepaire proche
de la ville de Baccarat en Lorraine diocèse de Toul et de défunte Marie Thérèse ( nom illisible
dans le pli du registre).
Marie Anne Bayencourt dite Courcol, fille de Jean Georges et
Marie Anne Devillers….

Il est originaire de Lorraine, de la région de Baccarat et réside en tant que militaire dans la paroisse de Frévent (62) . Il a les autorisations de ses supérieurs pour se marier, il a 40 ans et est maréchal des logis dans le régiment d’Egmont.

Il signe alors jacque le tellier. Il est à 500 km de son lieu d’origine, et va faire souche dans le Pas de Calais, puisqu’il décédera en 1768 à Frevent. La recherche de son ascendance est difficile. les registres de Baccarat avant 1765 ne sont pas en ligne, mais il a bien existé bien une famille Tellier ou le tellier du coté de Baccarat. Un Nicolas Le Tellier était maitre chirurgien à Humbepaire avant 1732, époux de Jeanne Le Mare, il eut au moins une fille Anne vers 1685. Un autre Letellier prénommé Claude est né vers 1671 à Baccarat et était maître chapelier. Mais rien sur la naissance de Jacques Le Tellier vers 1712, ni sur son père Antoine ou sur sa mère Marie Thérèse Oger. Jacques eut deux frères François et Claude, et une sœur Barbe, nés à Lunéville(54) ou à Neufmaisons (54) en Meurthe et Moselle dont je n’ai pas trouvé la descendance.

De son premier mariage, Jacques Le Tellier eut 5 enfants dont un seul a une descendance connue (généanet). Jacques LETELLIER fils, né en aout 1752 à Frevent eut lui-même 9 enfants. Plusieurs lignées sont issues de son union avec Charlotte Langrenne dans le Nord ou dans la Somme et ont gardées l’orthographe de LETELLIER.

De son mariage avec Françoise Frevaque il eut 4 enfants:

Le premier fils, Henri joseph né en 1758, épousa en premières noces en 1794 Marie Angélique Beugnet il eut alors 3 enfants. Veuf en 1805, Henri épousa Emilie Cousin et eut 4 enfants. Des 7 enfants seuls les mariage de Henri Joseph et de Pierre Joseph sont connus. La branche de Henri Joseph s’installa à Pressy les Pernes à partir de son mariage avec Augustine Henriette Josèphe Picque en 1836, il est mon ascendant. La branche de Pierre Joseph, blatier à Marest, s’installa à Pressy vers 1844. Cette descendance a gardé l’orthographe LETHELLIER.

Le second fils, Antoine né en 1760 il épousa Marie Rose Theret avec qui il eut un garçon puis Marie Angélique Carette en 1806 avec qui il eut 6 garçons. Au recensement de 1836 à Neuville au Cornet, 5 garçons sont encore présents auprès d’Antoine qui a alors 75 ans. Pierre 26 ans est soldat, 1er chasseur à Dieval, Eugène 24 ans charpentier, François 21 ans couvreur de paille, Antoine 17 ans quincaillier, Frédéric 15 ans. Leurs descendance m’est inconnue.

Le troisième fils, Louis Joseph né en 1761, s’est marié en 1794 à Marie Thérèse Fournet, sa descendance m’est inconnue.

Marie Rose Joseph née en 1764 épousa Jean Baptiste Rulence et eut 4 enfants.

l’an 1768 le 5 de décembre les 5 heures du soir est décédé muni des sacrements de l’église Jacques Theillier veuf de marie anne de baillencourt dit courcol âgé d’environ 53 ans marié en seconde noces à marie françoise frevacque …
Frevent 5 MIR 361/2 1666-an I

signature Jacques Le Tellier 1749 AD 62

 

Le motif de sa migration est clairement militaire. A noter que l’orthographe de son nom a changé au fil du temps, Tellier, le Tellier, le Theillier, puis maintenant Lethellier ou Letellier.