Comment Marie Bergeron impose-t-elle son mariage à ses parents en 1770.

Le mariage est un des grands thèmes de la littérature, et plus encore les amours contrariés. Les situations imaginées par Molière avec » les fourberies de Scapin » ou encore Flaubert et « Emma Bovary » existaient dans la vrai vie. Alors comment nos ancêtres pouvaient-ils imposer leur volonté en cas de refus de leurs parents?  Le voit-on dans les archives? Il semble que  Marie Bergeron ait utilisé une procédure appelée « sommations respectueuses » pour le faire.

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Peter Paul Rubens, Sous la tonnelle de chèvrefeuille,, vers 1609 (Alte Pinakothek, Munich)

Marie Bergeron est le troisième et dernier enfant de Marie Madeleine Laurent et François Bergeron, née en avril 1744. Elle a 5 ans au décès de son père François Bergeron, postillon à la Crèche et tout juste 6 ans au remariage de sa mère en avril 1750, avec René Duprat, aubergiste. Son frère aîné Pierre, appelé la Rose ou encore la Fleur (ça ne s’invente pas), épouse Jeanne Lambert en août 1763.

Marie a 26 ans en 1770, quand elle demande l’autorisation de sa mère et de son beau-père d’épouser Jacques Despré, Desprez, voiturier, une dizaine d’années plus âgé qu’elle, ce que manifestement sa mère lui refuse… Pourtant elle a la majorité matrimoniale qui est de 25 ans a cette époque pour les filles.

Le mariage de Marie Bergeron et Jacques Després.

 Présentation.
Le trente juillet 1770 après la publication des bans du futur mariage entre Jacques Després voiturier, fils majeur de pierre Després et de Jeanne Baillet ses père et mère tous deux décédés
Le futur marié est majeur et a donc plus de 30 ans ce qui situe sa naissance avant 1740.
et Marie Bergeron fille majeure de feu François Bergeron postillon et de Marie Madeleine Laurent, les deux parties de cette paroisse

Il s sont tous les deux de La Crèche (79), l’indication est précieuse, elle orientera les recherches des parents des frères et sœurs éventuels.

La majorité matrimoniale selon la législation royale (ordonnance de Blois 1579) est de 25 ans pour les filles et de 30 ans pour les garçons. Cette ordonnance de Blois de 1579 veut lutter contre les mariages clandestins, le rapt de séduction dus au refus d’autorisation des parents, et ordonne la publication de trois bans aux prônes des messes des trois dimanches précédents la cérémonie et la présence de 4 témoins.

Les trois bans.
Les trois bans ont bien été publiés et tout paroissien a donc pu signaler un éventuel empêchement au mariage. La formulation est classique et exprime la volonté de l’église de lutter contre la polygamie, les mariages consanguins auquel cas il faudra une dispense avec le degré de consanguinité.

Pour les mineurs, l’accord des parents ou d’un tuteur était obligatoire, le curé devait s’en assurer avant de célébrer le mariage, sans accord ni présence de ces derniers le mariage n’était pas célébré..

faites en cette église aux prônes de la messe paroissiale par trois dimanches et fêtes courantes sans qu’il se soit trouvé aucun empêchement et opposition
Jusque là, l’acte ne présente aucune particularité.
Les sommations respectueuses.
vu la requête présentée par la dite Marie Bergeron au juge royal de Saint Maixent a ce qu’il lui fut permis de faire sommer sa mère et son beau père de consentir à son présent mariage et la permission du juge étant au bas en date du 28 juillet 1770 ayant signé Sosereau et duement scellée vu aussi les trois sommations faites la deuxième de juillet et la dixième et la seizième du même mois par Pelisson et Melot notaires à Saint Maixent en présence de Marie Bergeron requérante et contrôlée à Saint Maixent l’une le 12 l’autre le 18 et la dernière le 28  même mois
 Le juge a accordé à Marie Bergeron la possibilité de recourir à des sommations respectueuses qui ont été rédigées en bonne et due forme par deux notaires de Saint Maixent, présentées par trois fois à des dates proches les unes des autres et la permission finale du juge le 28 juillet soit deux jours avant la cérémonie.
Qu’est ce que La sommation respectueuse?

Instaurée au début du XVII è siècle , la sommation respectueuse est une procédure qui permet aux filles de plus de 25 ans et aux garçons de plus de 30 ans de se passer du consentement de leurs parents.

En effet, ceux qui avaient atteints la  majorité matrimoniale étaient simplement tenus de « demander le conseil » de leurs parents par des « actes respectueux ». Cette requête était rédigée en termes respectueux d’où son nom par un notaire et présentée ensuite aux parents par trois fois.

Les parents pouvaient essayer divers moyens pour faire pression, comme menacer de le déshériter, de supprimer la dot, ou d’un éventuel soutien. Ces recours pouvaient durer plusieurs mois, ce qui était un autre moyen de pression. Certains parents espéraient que leurs enfants réfléchissent, et renoncent au mariage.

Si les parents continuaient à s’opposer, les jeunes gens pouvaient alors passer outre.

L’engagement solennel des époux et les témoins.
je soussigné prêtre vicaire de cette paroisse reçu en cette église le mutuel consentement de mariage des susdites parties et leur ai donné la bénédiction nuptiale  avec les cérémonies prescrites par la Sainte Eglise en présence de Charles Roc St. Jean Moindron, Michel Martineau, René Simon, Angelique Martin femme de jean Moindron, Jeanne Despree femme Charles Roc, Jeanne Martineau, témoins et parents lesquels nous ont attesté ce que ci dessus et ont déclaré ne savoir signer exceptés les soussignés qui ont signés avec l’épouse
Marie Bergeron
Jean Moindron
René Simon
Rivière vic de Breloux
L’échange des consentements entre les futurs époux est maintenant fait selon les cérémonies  de l’église catholique et les témoins sont nombreux du coté du marié. Jeanne Despré sa sœur et son mari Charles Roc, Michel Martineau époux ou veuf de Marie Despré, Jeanne Martineau peut être sa fille, Jean Moindron et son épouse Angélique Martin, lien inconnu, René Simon inconnu. Il semble qu’ils aient été soutenu par la communauté créchoise.
Nous ne saurons pas si c’était un problème de religion, d’argent ou encore de désaccord entre les familles.

Les absents sont bien sûr, les parents de Marie et son frère Pierre. Mais le 13 mars 1771, ce dernier et son épouse Jeanne Lambert seront les parrain et marraine d’un enfant du jeune couple, Pierre Despré.

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Portrait de mariage d’Isaac Massa et Beatrix Van der Laen Frans Hals Rijksmuseum d’Amsterdam

 

Conclusion:

Marie Madeleine Laurent décédera en novembre 1771. Ni sa fille ni son gendre ne seront présents et aucune fille ne portera le prénom de Madeleine. Marie Bergeron aura au moins quatre enfants. La dernière Marguerite Marie naîtra le 4 mars 1777, deux mois avant le décès de Marie Bergeron le 28 avril 1777 à l’âge de 33 ans.

8. Marie Bergeron 1744.1777

7. Marguerite Marie Despré 1777.1849

6. René Déré, Desré, Dairé 1805.1880

5. René André Dairé 1841.1880

4. Achille Eugène Dairé 1872.1932

3. Madeleine Dairé

2. mon père

1. moi

Sources;

union; AD 79 La Crèche BMS 1750-1770 vue 189.

décés; AD 79 La Crèche BMS 1771-1792 vue 55.

Marie Madeleine Laurent, La Crèche (79) changement de nom…

Les noms de famille, les patronymes ont évolués au fil du temps. Repérer nos ancêtres quand la famille reste dans une paroisse est quelques fois ardu, mais quand ils partent même à moins de 30 km et que le curé écrit leur nom différemment c’est une autre histoire. C’est ce qui est arrivé pour Marie Madeleine Laurent Sosa 327, 9 ème génération du coté Dairé, décédée à La Crèche en 1771. Grâce à Geneanet je pense avoir retrouvé son ascendance, voila comment.

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Sainte Marie Madeleine Piero Di Cosimo, 1501 Rome galerie nationale d’art ancien.

Ce que je sais:

Marie Madeleine Laurent, eut trois enfants d’un premier mariage avec François Bergeron. Felice en 1738 qui ne vécut que onze mois, Pierre né en 1741 et Marie en 1744. Pierre et Marie sont tous les deux mes ascendants du coté Dairé. Les deux aînés Félice et Pierre naissent à Saint Maixent (79) et la troisième, Marie à Breloux, La Crèche (79).

François Bergeron, son premier époux, aubergiste à la Crèche décède à 40 ans en 1749. Son acte de décès mentionne comme témoins, ses beaux-frères Louis Laurent et Jacques Le Blanc, inconnus à La Crèche.

Marie Madeleine Laurent épouse en secondes noces René Duprat en avril 1750 à Breloux, aubergiste également et sont alors témoins Jacques Le Blanc, Louis Laurent et Pierre Jarc. Les trois témoins sont inconnus.

La recherche:

Il n’y a pas de mariage dans les années 1737 ni avant, ni de naissance vers 1700 dans les paroisses de Saint Maixent, ni de Breloux. J’avais donc plus ou moins, (plutôt plus) abandonné l’affaire, jusqu’au moment où…. Si j’utilisais les moteurs de recherche de Geneanet, en particulier en ajoutant des variantes sur le nom de recherche et une zone géographique étendue à 30km….

J’ai une proposition; lorand Madeleine née à Augé le 7 avril 1707, 7 km de Saint Maixent, 8 km de Breloux, un frère prénommé Louis. Au moins trois bonnes raisons d’y regarder de plus près.

Conclusion:

Il apparaît alors une famille de laboureur d’Augé (79). Madeleine est la dernière fille de Louis Lauren, laboureur à Augé (79) et  Elisabeth Morin mariés le 15 octobre 1691 à Saivres (79). Ils eurent sept enfants.

L’aînée Marie née en 1692  épousa en 1721 à la Chapelle-Bâton un Jacques Leblanc, une Elisabeth Lorand née en 1706 épousa un certain Pierre Jarc en 1740 et un  frère Louis Lorand est né vers 1704 à Augé.

Madeleine Laurent naquit le 7 avril 1707 à Augé, son père Louis est alors valet de meunier.

Les coïncidences se multiplient, la famille se dessine. L’horizon s’élargit considérablement, mais pas de certitude absolue sans le mariage de Marie Madeleine Laurent et François Bergeron, qui reste encore à trouver.

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Marie Madeleine – Jan Van Scorel- 1530 Rijksmuseum, Amsterdam.

Noms de famille.

Dans cette recherche, le nom de Laurent apparaît sous plusieurs orthographes; Laurent, Lauren, Lorand ou encore Loran.

Origine du nom Laurent; nom de baptême formé sur le latin Laurentius, dérivé de laurus (= laurier). Le laurier étant un symbole de victoire, on comprend le succès de ce nom dès l’époque romaine. Par la suite, dans la chrétienté, il représente la victoire de la nouvelle religion sur le paganisme, à l’image de saint Laurent brûlé sur un gril au IIIe siècle en se riant des flammes. (étymologie geneanet). Les autres orthographes en sont des variantes.

L’orthographe d’un nom de famille a varié au fil du temps. Elle est devenue fixe, théoriquement avec l’apparition du livret de famille en 1777. Les lois Jules Ferry (1882) ont accentuées le phénomène en rendant l’école obligatoire. Chaque élève apprend alors à écrire son patronyme.

Dans les années 1730 ou 1740, Madeleine Lorand venue d’Augé (79) s’est mariée et à la naissance de ses enfants est devenue Marie Madeleine Laurent sous la plume du curé de St Maixent (79) puis de Breloux (79).

Un autre exemple, la famille Maye.

La famille Maye est dans l’ascendance du côté Vacher-Dairé.

2- mon père

3- ma grand-mère

4- Blanche Vacher.

5- François Vacher

6- Marie MAYE, née en 1821, épousa François Vacher en 1847 à Pamproux (79).

7- Jacques MAYE naquit en juin 1793 à Pamproux (79).

8- Jacques Mée naquit en 1738 à Pamproux (79)

9- Daniel Germain Mée naquit en Janvier 1705 Pamproux (79).

10- Jean Mehe ?

Il y eut au moins 3 orthographes différentes sur 5 générations, mais toujours  dans la paroisse de Pamproux.

Une recherche sur Mee avec des variantes sur le nom, la commune de  Pamproux élargie à 30 km, me suggère un mariage de Jean MEE, Mie avec Marie Michaud, à Rouillé dans la Vienne, département limitrophe…. à voir.

Faire une recherche en élargissant l’orthographe du nom de famille est logique, les 30 km sont un paramètre pris plus ou moins au hasard ayant constaté que ces ancêtres étaient journaliers amenés à bouger mais qu’ils restaient proches de leur famille.

Cette astuce de recherche est sans prétention, elle m’a permis de lever quelques blocages ou d’ouvrir d’autres portes en vérifiant bien sûr.

Et vous, avez vous des astuces?

 

 

 

Ménagères du Pas-de-Calais, un métier de la terre.

Dès que j’ai abordé les archives départementales du Pas-de-Calais, j’ai été surprise  au 18è et au 19è par la mention de professions de femmes. Là où dans l’ouest, elles étaient épouses de …. celles-là  étaient fermières, manouvrières, fileuses, épicières ou cabaretières. Mais plus encore, qu’était cette profession de ménagère? Je ne doute pas que les femmes à l’époque aient toutes fait le ménage, alors pourquoi le mentionner dans les registres de l’état civil. Il y avait même des hommes dits « ménagers » . L’explication devait être ailleurs.

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Désiré François Laugée, le linge de la ferme.

Les femmes allaient au champ au moment des récoltes pour aider les hommes. Le reste du temps elles étaient occupées à la ferme. Il y avait les enfants, souvent nombreux, les petits animaux, comme les poules, les oies, la vente des œufs au marché mais aussi le bétail quand les moyens étaient suffisants. Mais elles le faisaient toutes, alors la différence entre fermières, ménagères ou manouvrières, devait être dans la taille de l’exploitation.

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Julien Dupré. les oies.

Parmi les ruraux en Artois, on distinguait;

Les fermiers cultivaient la terre qu’ils louaient.

Les laboureurs, propriétaires , exploitaient des terres plus ou moins importantes, selon certains entre 5 et 30 hectares, plus selon d’autres, beaucoup plus. Mais je ne connais pas de féminin à laboureur; laboureuse ?

Les ménagers et  ménagères étaient de petits propriétaires laboureurs exploitants moins importants. Ils cultivaient selon certains entre 1 et 5 hectares.

Journaliers dans l’ouest ou manouvriers dans le nord, ils cultivaient moins d’un hectare de terre, ne suffisaient pas à leur consommation et louaient leurs bras à la journée dans de plus grosses exploitations comme celles des fermiers. En cas de difficulté, ils empruntaient aux plus gros du bois pour se chauffer et du grain pour manger et le rendaient en travail au moment des moissons, vendanges ou autres.

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Georges Paul François Laugée. une jeune moissonneuse.

Dénomination.

la façon de les nommer varie au fil du temps, ce qui augmente la confusion. Ainsi au recensement de 1861, à Pressy (62), la première page mentionne;

recensement 1861 AD 62 M 4034
fermiers; celui qui cultive la terre d’autrui moyennent une redevance annuelle fixe soit en argent soit en nature soit en partie en argent et en partie en nature.
colon ou métayer, celui qui cultive la terre d’autrui moyennant une part fixe dans les produits ( le plus souvent la moitié)
journaliers et ouvriers agricoles de toutes nature, employés à la journée;( laboureurs, bouviers, berger, vigneron, jardiniers ….)
Au 19e,   le laboureur deviendra agriculteur,le ménager et le fermier cultivateur et le journalier domestique.
laugee-gpf-a-lapproche-du-grain

Georges Paul François Laugée. A l’approche du grain.

A Pressy;
Un relevé des recensement de 1861, 1866, 1891 et 1911, ne m’éclaire pas beaucoup plus. Ce ne devait pas être clair non plus pour l’agent recenseur. Entre 1861 et 1866, en cinq ans, les fermiers passent de 60 à 1, et en 1891 il n’y a plus que 27 hommes, alors que la population a augmenté! Il n’est pas question non plus de « ménagers ». Ils sont alors fermiers ou journaliers.
Pressy (62)
1861
1866
1891
1911
nombre de ménages
58
58
74
79
population
253
264
355
359
degré d’instruction
122 ne savent ni lire ni écrire
agriculture
124 hommes
124 femmes
propriétaires habitant leurs terres et faisant valoir soit eux même soit par un régisseur soit par un maître valet.
0
2
propriétaires vivant sur leurs terres qu’ils ont affermées.
0
0
régisseurs et maîtres valets faisant valoir pour le compte d’un propriétaire
0
0
fermiers
30 hommes
30 femmes
1 fermier
fermiers colon métayer
27 hommes
8 femmes
colon,métayers
0
journaliers
18 hommes
45 femmes
52 hommes
19 hommes
3 femmes
domestique attachés à la personne et au service de la maison
1 homme
4 femmes
6 hommes
0
ouvriers
4 scieurs de bois
1 bûcheron charbonnier
alimentaire
2 épiceries
2 épiceries
3 cabaretiers
industrie
0
0
2 cordonniers et 1 ouvrier
1 couturière et 1 employé
1 employé des mines et 23 ouvriers
11 ouvriers brique tuiles céramique
7 ouvriers du bâtiment.
1 garde champêtre
1 instituteur
1 facteur rural
 Remarque; c’est en 1891 qu’apparaît pour la première fois un employé des mines à Pressy, et plus généralement que l’industrie y est représentée.
laugee-gpf-fin-du-jour

Georges Paul François Laugée. Fin du jour.

Je retiendrai que ces femmes « ménagères », ou cultivatrices en plus des enfants, des animaux de la fermes et de tout ce qui s’y rapportait, exploitaient seules ou avec leurs « ménagers » des parcelles de terre jusqu’à environ 5 hectares, et complétaient leurs revenus en y ajoutant de petits métiers, l’hiver et pour les temps plus difficiles comme épicières, cabaretières ou fileuses.

 

Pélerinage saint Benoit LABRE à Amettes.

« Tous les ans à Pressy dans le Pas-de-Calais, dans la fin des années 1930, on attelait la carriole par un dimanche de septembre, on traversait le bourg, et on tournait à droite au bout du village, pas à gauche, à droite….. Pour l’enfant que j’étais c’était un jour de fête, préparé de longue date, une promenade et un pique nique en perspective. Une journée hors du commun »…En continuant le chemin sur une dizaine de kilomètres après l’église de Pressy, on arrive à Amettes, village natal de Benoit Joseph LABRE, canonisé en 1881.

Saint Benoit est le saint patron des pèlerins, des itinérants, des sans abris, des pauvres et des exclus.
La route fut son monastère, sa voie vers la sainteté.
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St Benoit. tableau dans l’église d’Amettes.

La vie de saint Benoit LABRE:

Benoit Joseph LABRE naquit dans une famille modeste à Amettes en 1748. Aîné de quinze enfants, son attitude pieuse l’orienta très jeune vers le vie monastique, mais aucun monastère ne voulut l’accueillir en raison de sa jeunesse et de sa constitution jugée trop faible.

Il partit donc sur les routes, prit l’habit à l’abbaye de sept fonds, devint moine itinérant en France , en Espagne à Saint Jacques de Compostelle, en Allemagne, en Italie. Il alla à Lorette au moins 11 fois et à Rome. Il se dit qu’il vécut 6 ans dans les ruines du Colisée.

Il trouva sa vocation religieuse dans une vie de mendiant et de pèlerin, voyageant avec un bréviaire, un bourdon et un bâton de pèlerin. Par esprit de mortification, il fit le vœu de ne plus se laver.

C’est à Rome que s’arrêta sa vie de pèlerin, à 35 ans sur les marches de sainte Marie des Monts, parmi les pauvres les sans abris, les exclus le mercredi saint du 16 avril 1783.

Des miracles eurent lieu et se multiplièrent sur son tombeau, tant et si bien que son procès en béatification s’ouvre dès le mois de mai 1783. Entre sa mort et son inhumation, on a recensé neuf miracles et une centaine avant la fin de l’année 1783. En 1787 on en était à 168 . ils eurent lieu en France, en Artois, en Belgique, en Italie.

Il fut béatifié le 20 mai 1860 par le pape Pie IX et canonisé, le 8 décembre 1881 par le pape Léon XIII. Il est le seul français canonisé qui repose dans la ville éternelle.

Le pèlerinage.

Une partie de ses reliques reposent dans la basilique de Marçay, qui lui est dédiée, et une autre à Amettes, commune de sa naissance. Peu de temps après sa mort, Amettes est devenu un lieu de pèlerinage très fréquenté. On y venait sur les traces du« saint pauvre de Jésus Christ ».

Les Amis de  saint Benoit LABRE nous entraînent dans une visite virtuelle du village de Amettes.

  • La maison de naissance de saint Benoit est « nichée au fond de la prairie, autrefois couverte de chaumes et entourée de bâtiments agricoles formant un carré autour d’une petite cour de ferme avec un puits. Il ne reste plus aujourd’hui que l’ancien corps de logis et une petite chapelle, construite à l’emplacement de l’ancienne grange; qui sont fidèlement entretenus par l’association Saint-Benoît Labre et les membres de la paroisse.»(commune d’Amettes).
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Une aquarelle peinte en mai 1916 par Leslie Walker SJ, aumônier militaire britannique de la 19e Division dans le Nord de la France

Le 16 avril 2010 a été inauguré dans la maison natale de saint Benoit un musée où Jean Capelain graphiste et président de l’Association Saint-Benoît-Joseph-Labre, avait déjà réalisé six « panneaux muséographiques qui orneront quelques murs de la maison. Ils donneront des renseignements sur le village d’Amettes au XVIIIe siècle, sur la vie de Saint Benoît, l’émoi de la foule romaine à l’annonce de sa mort. »( la voix du nord).

  • Le chemin de Croix, qui remonte la colline en partant de la maison.
  • L’église saint Sulpice, qui celle où a été baptisé Benoit LABRE et maintenant accueille la châsse et les reliques de saint Benoit.

La neuvaine d’Amettes existe encore tous les ans entre le dernier dimanche d’août et le premier dimanche de septembre. La neuvaine 2016 a eu lieu du dimanche 28 août au dimanche 4 septembre et le programme est encore accessible sur  le site du diocèse d’Arras.  Le pique nique était cette année le dimanche 4 septembre à l’abri du pèlerin, à midi.

Cette discussion a bien eu lieu et j’ai eu envie de rechercher ce qu’il y avait au bout de la route en à droite en sortant de Pressy. Ensuite j’ai suivi le fil, qui m’a emmené dans une histoire plus vaste dont je ne savais rien. C’était début septembre.

 

La prière des trois cœurs.

Mon Dieu,

accordez moi, pour vous aimer,

trois cœurs en un seul…. Saint Benoit Labre 1771.

____________________________________________________________

Sources;

Wikipédia.

Fraternités Labriennes.

Les amis de saint Benoit LABRE.

Comment écrire un article de blog? mes erreurs.

Un retour en arrière montre l’évolution de ma pratique d’ écriture sur le blog. Quelles conclusions puis-je en tirer?  comment l’améliorer? J’ai essayé de me mettre à la place du lecteur, parce que nous écrivons tous pour être lus, n’est ce pas? Je vous livre mes réflexions en 9 points.

fragonard-le-billet-doux

Fragonard- Le billet doux. Le Grand Palais.

1. De l’importance du titre.

Le titre est ce que l’on voit en premier. C’est donc lui qui doit éveiller la curiosité, susciter l’intérêt et faire que l’internaute va cliquer (ou non) pour le lire. Ce n’est pas toujours facile de trouver un titre percutant qui va interpeller le futur lecteur.

Quelques titres de mes articles ne sont pas pertinents voire même décourageants.

Je n’ai pas trouvé la formule magique, mais je cherche, j’affine.

2. L’introduction.

Dans les premiers articles, je gardais « le meilleur » pour la fin, comme dans un livre. Je ne connaissais pas du tout la pratique des blogs où les premières phrases doivent annoncer la couleur, donner au lecteur les clés de l’article et l’envie de le lire. Je ne dois pas oublier non plus que le but de ces premières phrases est de montrer au lecteur qu’il ne s’est pas tromper d’adresse, en clair que le texte est en accord avec le titre.

Vous êtes toujours là?

3. Ecrire un paragraphe concis.

Il m’arrive à moi-même de passer au travers de mes articles, lisant le début, la fin…alors des lecteurs!….. « Fais court, ma chérie. »

Non pas que je sois bavarde, mais il y une grande différence entre le premier et les derniers articles. Je me limite (j’essaye) à des paragraphes de quatre phrases et à chaque paragraphe, doit correspondre à une idée.

Je respire…

4.  les Sous-titres, les caractères.

Ils permettent une lecture rapide et surtout de donner un éclairage sur le sujet ou même une lecture en diagonale.

Je rajoute donc maintenant des sous-titres comme naissance, mariage, filiations, sources.

Pour aller plus facilement à l’essentiel, je met des mots en gras, italique et j’use de la couleur, des listes à puces.

matisse-les-poissons-rouges

Matisse, les poissons rouges , MBA Pouchkine, Moscou.

Bref, je m’amuse.

5. Avoir un langage simple.

Il m’arrive de partir dans des dérives, des phrases compliquées, quand je suis dans mon sujet. Certaines affaires me passionnent comme celle de Louis Thellier, ou encore Jacques Proust Garde-étalon et j’en oublie que trop d’informations nuisent à l’information. Alors de relecture en relecture, je sabre encore et encore mais il en reste toujours trop.

6. Les images.

Depuis le début de ce blog, j’ai fait le choix d’illustrer les articles de ce blog avec des reproductions  de tableaux. C’est une autre passion. Ils m’arrivent comme une évidence, quelques fois le choix est discutable, mais d’autres fois ils sont magiques comme les tableaux de Julien Dupré  dans l’article des « Sœurs SALMON à Pressy » où la ferme s’est animée sous son pinceau.

julien dupré vache réfractaire

Julien Dupré, la vache réfractaire.

.

7. Ecrire, Relire, Re Relire.

Un article me demande plus de huit jours d’écriture…de la vérification des données, à jeter les idées sur le papier ou l’ordinateur par le biais d’Evernote, la relecture, revoir les règles de grammaire, et celles d’orthographes, (ah, le passé simple du verbe être à l’indicatif) et tout cela à 24h d’intervalle,(mais qu’est ce que j’ai voulu dire!!!).

larousse

Non je ne procrastine pas, je prends du recul.

 

8. Lire des articles de blog.

C’est peut être le plus important et de toute façon le plus réjouissant, la récréation en quelque sorte. Vos blogs me réjouissent et m’inspirent. Il m’arrive de me demander pourquoi j’ai envie de lire tel article, envie d’échanger des idées, ou tout simplement de me dire que tel autre est parfait et que j’aurais aimé l’avoir écrit.

9. Un souhait;

Ecrire plus vite, mieux et plus souvent….Un rêve quoi…..Il est temps de se remettre au travail.

Avez vous d’autres astuces à ajouter?? Je vous laisse écrire le 10ème point.

Sources;

webdesignertrends.com

 

 

 

 

 

100ème article du blog de Nelly.

En commençant ce blog, je plongeais dans l’inconnu. Aujourd’hui, je n’ai aucun regret. C’est une belle aventure que je conseille à tous, même si cela ne se fait pas tout seul. Le 100 ème article est une belle occasion de faire le point et de se dire et maintenant?

Alors avant tout;

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Merci  au web,sans qui mon arbre généalogique n’aurait jamais existé et aux sites généalogiques (je n’en citerai que quelques uns); les Archives Départementales en particulier 79, 47, 24, 62, Hérédis, Geneanet et Gallica pour les principaux.

MERCI à mes lecteurs de m’avoir lue, suivie dans mes balades, d’avoir partagé des idées et alimenté mes réflexions.

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Il y a des articles « plus vus » que d’autres.

« Se remotiver ».

Retrouver un français émigré aux Etats Unis.

« Mais tu es remontée jusqu’où. »

Guillaume Briet « trouvé » grâce à la bibliothèque Geneanet.

Il y a aussi mes « chouchous ».

Mes arrières grands-mères les sœurs Salmon de Pressy.

Abjurations à Vouillé (79) en 1681.

être bourgeois à Bordeaux au 17ème siècle.

Et maintenant? la flamme est encore là.

Je continue l’aventure.

Un curé en colère à Clairac (47) en 1748.

La colère est détectée plus  facilement dans un acte paroissial. Ainsi le 16 janvier 1748,  après que Jean AURADOU de Monbarbat eut fait sa profession de foi, qui ressemble à une abjuration de la RPR, (Religion Prétendument Réformée) voici ce qu’écrit le curé sur le registre de Clairac, en lieu et place de la bénédiction nuptiale de Jean AURADOU et Marthe REAU,

Le seizième du mois de janvier 1748 en présence des témoins soussignés après la publication des bans sans connaissance de ….

Et puis rien, sinon cet « acte » écrit en plus gros et en plus gras.

cette place devrait être remplie par les témoignages de bénédiction nuptiale impartie à quelques autres, mais leur indigne conduite après ce bienfait m’a porté à ne vouloir le faire, qu’ils cherchent s’ils en ont besoin.

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Eugène Delacroix, la lutte de Jacob avec l’ange.

Les futurs mariés ont du se faire pardonner, puisque le 5 février 1748 sur le registre de Castelmoron-sur-Lot, ont peut lire;

Après avoir fiancés dans l’église, Jean Auradou de la paroisse de Marsac habitant et Marthe Réau de la paroisse de Castelmoron et publié leurs trois bans de mariage sans opposition, je Antoine Negre, après avoir reçu d’eux leurs consentements mutuels les ai solennellement conjoints en mariage en présence d’Antoine et Hugues Biscarron, brassier, d’Anselme Demarrault maître d’école, pris pour témoins et ensuite ai célébré la sainte messe pendant laquelle je leur ai donné la bénédiction nuptiale selon les formes ordonnées par l’église en foi de quoi j’ai signé….

Il avait raison il fallait  chercher. Le curé a brouillé les pistes, mais Jean AURADOU était protestant et n’a surement pas suivi son engagement vis a vis de l’église, d’assister à la messe ….. d’où la colère du curé!

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Courbet, un enterrement à Ornans 1849.1850

Le huit septembre 1748, huit mois après, c’est un autre curé, Caillava, qui procédera à l’enterrement de Jean AURADOU, forgeron dans le cimetière de Clairac, il avait 30 ans. Son fils unique Etienne naîtra le vingt cinq décembre 1748; trois mois et demi après son décès,baptisé le 26 et sera tenu sur les fronts baptismaux par Etienne. …

Marthe REAUD , sa veuve,décède le 2 novembre 1787 et sera inhumé en terres profanes de nuit sans attroupement conformément à l’instruction du roi et enterrée dans les tombes de son jardin faute de place dans le cimetière après une déclaration au juge de Clairac.

Protestants jusqu’au bout.

Etienne AURADOU est mon SOSA 142, il sera charpentier.

Filiation:

9. Jean AURADOU

8. Etienne AURADOU

7. Anne AURADOU

6. Suzanne BACOND

5. Anne Iréna COURTINES

4. Numa DESAGE

3. Pierre Henri DESAGE

Sources;

Clairac BMS 1741-1749