Généathème et prénoms Numa et Mina.

Je me prête avec un certain plaisir au thème de ce mois suggéré par « la gazette des ancêtres ». En effet les prénoms représente ce qui reste avec certitude de nos aïeux et ils sont parfois surprenants. J’ai hésité à vous écrire sur Mundine Peletengeas ou encore Peronne Barbut, il y eut aussi les filles Patureau Laborie, Marie Amélie, Jeanne Judith, Sara Zenobie, Clémentine et Nanci, mais j’ai choisi Jean Paul Hector Numa Desage né à Clairac en 1868, décédé à La Crèche en 1953 et son épouse Nelly Louise Mina Moreau qui m’a inspiré le titre de ce blog.

Numa Desage est mon arrière grand-père, le pharmacien de 1ere classe exerçant à Pamproux (79) à partir de 1903 puis à la Crèche (79). Le prénom Numa m’a toujours intrigué, de même que Hector, dans une famille de tradition protestante très classique.

Trois fées au dessus du berceau de la belle au bois dormant,(W.Disney)

C’est en regardant l’ascendance de Numa que je repérais un autre Paul Numa, très proche et vraisemblablement son parrain, son oncle Paul Numa Courtines, instituteur, frère aîné de Anne Iréna Courtines (Sosa 17), époux de Elisabeth Azema Bergeret, vivant à Tonneins (47), ville proche de Clairac (47). Paul Numa Courtines est né en 1830, aîné car ses frères Hyppolite (1826.1831) et Laudis (1827.1832) sont décédés en bas âge.

Hyppolyte, Laudis, Paul Numa, et Anne Iréna sont les quatre enfants de Jean Courtines, coutelier rue des couteliers à Clairac et Suzanne Bacond (Sosa 35). Mariés en 1825, je me demande bien d’où leur est venu l’inspiration pour donner des prénoms aussi originaux à leurs enfants. Il ne s’agit pas de prénoms du calendrier révolutionnaire comme Raisin, Amarante ou encore scorsonère.

Hyppolite, fils de Thésée dans la mythologie grecque, est l’homme qui déclencha la colère de Phèdre. A Rome au 3eme siècle il fut le premier antipape, auteur d’ouvrages théologiques, exégétiques et canoniques importants.

Laudis ? serait un prénom dérivé du latin Laus, Laudis, f dans le sens de louange.

Numa ; dérivé du grec nimos, la loi, c’est aussi le prénom du deuxième roi légendaire de Rome, Numa Pompilius qui règna de 715 à 672 av J.C. on lui attribua l’organisation religieuse de la cité et son calendrier liturgique. Longtemps utilisé par les romains, le prénom tomba en désuétude.

Le prénom Iréna (Sosa 17) est dérivé d’Irène et signifie paix. Sainte Irène fut persécutée avec ses deux sœurs pour avoir caché des livres Saints, refusé de manger de la viande sacrifiée aux dieux et jetée vive sur le bûcher à Thessalonique en Grèce le 1er avril 304.

Le choix des prénoms par Jean Courtines et Suzanne Bacond semble avoir trouvé leurs racines dans l’histoire romaine et les Saintes Écritures, ou peut-être pas….qui peut le dire.

Numa Desage (Sosa 8) épousa en 1899 Nelly Louise Mina Moreau (Sosa 9).

Mina un autre prénom peu courant, issu d’origines diverses, germanique , anglophone, et japonaise. Il est le diminutif affectueux du prénom germanique Wilhelmine, qui est lui même le dérivé germanique de Guillaume . le prénom Mina apparaît en Grande Bretagne au XIXe siècle.

Signification; le prénom est un dérivé des deux termes germaniques qui signifient « heaume » et « volonté ».

Étymologiquement c’est le diminutif et dérivé de jasmin, qui vient du persan « yâsimin ». C’est un arbuste à fleurs jaunes et Mina est donc un prénom fleur. Les « Jasmine » ont pour patronne sainte Fleur qui fut une des premières religieuses à sortir de son monastère vers 1300 pour se porter au service des malades.

Nelly, Louise, Mina Moreau née en 1874 était la fille unique de Pierre Moreau et de Marie Suzanne Proust. Louise était le prénom de sa grand mère Louise Suzanne Proust, mais aucun prénom dans ses ascendants ne peut expliquer cette inspiration. Ses cousines se prénommaient Alice Louise Clotilde, Louise ou Modeste, ou encore Marie-Louise Augustine. Si Louise est un prénom commun à toutes la famille, les prénoms de Nelly et Mina semblent être sortis de nulle part.

Par contre, je n’ai pas trouvé d’ancêtre prénommée Philomène.

Publicités

Bilan 2017 et chemin de traverse.

Je vais éviter les chiffres, ils ne refléterons pas mon travail. Qu’ai-je donc bien pu faire cette année?

Comme prévu, j’ai travaillé sur l’ascendance de Pierre Moreau, instituteur. Les traces en sont discrètes, les mariages tardifs, ils eurent peu d’enfants et sont protestants de père en fils jusqu’à Pierre Moreau. Tout en retraçant leur ligne de vie, je me suis donc orientée vers l’histoire des  protestants. La vie de cette famille se fond dans la page plus grande de la religion réformée. C’est naturellement que j’ai recherché sur la toile, sur Gallica en particulier à comprendre et retracer leur chemin, et j’y ai passé du temps…

2017 était également un anniversaire important pour le protestantisme, C’était les 500 ans de la Réforme. C’est en affichant le 31.10.1517, 95 thèses contre les « indulgences » sur la porte de l’église du château de Wittenberg ( Saxe) que Martin Luther a jeté les bases d’une nouvelle religion chrétienne. Le 31 octobre 2017 cet anniversaire a été fêté dans toute l’Allemagne. Cette année de commémoration fut une année de manifestations culturelles, il y eut même une figurine Playmobil de Luther vendues à plusieurs millions d’exemplaire.

J’ai assisté, dans le Poitou des manifestations à La Couarde dont j’ai déjà parlé, en particulier à une conférence sur l’exil des protestants, une autre sur la psychogénéalogie ainsi qu’une journée de formation sur la généalogie protestante en Poitou. J’ai apprécié tous ces échanges ainsi que les ouvertures  sur le monde protestant. Je remercie en particulier «  genea79 » sans qui je n’aurait pas eu ces informations.

La Rochelle, qui fut très active au moment de la réforme, place forte protestante en son temps, fit également une exposition sur cet événement au « musée rochelais d’histoire protestante ». La ville a fait partie des 5 villes françaises et 96 en Europe à s’inscrire dans le réseau labellisé « cité européenne du 500e anniversaire de la réforme ».

Il y eut peu de travail sur les archives départementales, encore moins de visite, mais des rencontres, comme celle du Cercle généalogique Poitevin à l’occasion des « rencontres régionales de généalogies » à La Rochelle en octobre, des lectures. Voila ma généalogie ne s’est pas passée dans les registres cette année mais plutôt dans des lieux avec des rencontres intéressantes. Ce qui finalement n’est pas plus mal et dépoussière un peu l’idée que l’on a de la généalogie. Je n’ai pas passé un mois comme prévu sur la généalogie de Pierre Moreau, mais plutôt 8 mois à doses homéopathiques.

Alors, que dire pour 2018 ? Continuer à écrire sur le blog pour tracer mon travail, me parait une bonne résolution, nettoyer mon fichier Hérédis, relire, corriger mes erreurs également, mettre à jour geneanet, pas de grands projets…

Quand Pierre Moreau épouse sa nièce en 1806 …

Ce pourrait être un article insolite (généathème) si ce n’était pas aussi courant à cette époque là, enfin presque.

C’est l’histoire de Pierre Moreau, bordier à Exireuil, né au lieu dit les Noues (Nouhes) le 2 février 1750. Il était exirois, habitant d’une paroisse très près de Saint Maixent (79), dans une campagne principalement agricole. Il a 38 ans quand il épouse une jeune veuve sans enfants de 44 ans, Jeanne Goyon (ou Goy selon les époques et les orthographes) .

Jeanne Goyon était veuve de Pierre Martin, avait eu cinq enfants tous décédés en bas âge, avant le décès de leur père en 1782, à Fontournable d’Exireuil.

van-gogh-les-mangeurs-de-pomme-de-terre

Vincent Van Gogh, les mangeurs de pommes de terre, 1885 Musée van Gogh, Amsterdam (Pays-Bas)

Jeanne GOYON et Pierre MOREAU se marient le 21 octobre 1788, peu avant la révolution. Ce sera un mariage sans enfant. Jeanne décède le 26 février 1806, à 61 ans, le décès est déclaré par sa sœur, Marie GOYON.

Marie et Jeanne Goyon sont les deux filles d’André journalier à Exireuil et de Jeanne Nicolas. Marie épousa Jean Borrit en 1778. Elle fut la mère d’ au moins deux enfants, Pierre et Marie-Jeanne Borrit.

C’est cette Marie-Jeanne  BORRIT née en 1779 que Pierre Moreau épouse le 18 novembre 1806. Il a alors 56 ans, elle en a  27 ans, 29 ans d’écart. Elle est sa nièce par alliance.

C’est un mariage qui durera 22 ans, jusqu’au décès de Pierre Moreau le 8 janvier 1839 à l’âge respectable de 88 ans. Ils eurent deux enfants.

1.Pierre MOREAU né le 10 août 1807, à Exireuil, sera bordier à  Fontournable Exireuil, comme son père, épousera Madeleine MONNET à Exireuil en 1845 et aura deux enfants. Il décédera à Nanteuil en 1886 chez son gendre Pierre Barbier.

2. Louis MOREAU le cadet, naîtra le 14 septembre 1810 à Fontournable. Son père a alors 60 ans, sa mère 31 ans. Son enfance, son éducation sont inconnues sinon qu’il fut protestant, élevé à Fontournable  d’Exireuil. Il partit faire son service militaire à 20 ans en 1831, repris du service en 1838, en remplacement d’un autre. Il fut nommé voltigeur en 1841, et libéré en décembre 1843. Sa carrière fut une carrière militaire. C’est de son livret militaire dont il fut question il y a deux ans.

Louis Moreau revint au pays, épousa Marie GIRARD en 1843. Ils s’installèrent à la Crèche comme domestiques.

Un fils unique Pierre Moreau naquit le 23.2.1845 à Breloux, devint instituteur et en 1874 père de Nelly.

Le recensement de 1881 à Celles sur Belle (79) nous donne une image de cette famille. Dans l’école de Celles rue de la Mairie vivent alors Pierre MOREAU, 38 ans chef de famille, Marie PROUST son épouse 32 ans, Nelly MOREAU 8 ans fille, Louis MOREAU 72 ans, le père du chef.

Nelly connut bien son grand-père, mais son arrière était décédé depuis longtemps (35 ans avant sa naissance)  et rien ne dit qu’elle eut connaissance de cette histoire. Mais c’est elle qui conserva le livret militaire de son grand-père Louis Moreau, un signe de respect.

 

 

Prénoms et généalogie.

Aujourd’hui, il  sera question de prénoms. Choisir un prénom, c’est pour la vie et celui qui nous est attribué le jour de notre baptême ne peut pas être changé si facilement. Le site officiel de l’administration publique française, explique;

Pour changer de prénom, la personne doit justifier d’un intérêt légitime. C’est le cas si :

  • son prénom ou la jonction entre son nom et son prénom est, par exemple, ridicule ou peut lui porter préjudice,
  • ou si elle veut franciser son prénom.

L’adjonction ou la suppression de prénoms peut également être demandée.

Lire la suite

Pierre Moreau, instituteur de la IIIème République.

En 1844, Louis Moreau (Sosa 36) ex-militaire revient au pays et épouse Marie Girard originaire d’Aiffres (79). Ils sont alors tous deux domestiques à Breloux (La Crèche 79). Lui a 33 ans et Marie 39 ans. Ils auront un seul enfant, Pierre  (Sosa 18) qui nait le 23 février 1845 à 11 heures dans la commune de Breloux. Louis Moreau ne signe pas.

Pierre passera son enfance à Breloux et suivra de très loin la guerre civile de 1848, la proclamation de la République, l’élection de Louis Napoléon. Il ira à l’école, et découvrira sa vocation, devenir instituteur.

Lire la suite

Nelly Moreau, Paul Gaston Moreau et sérendipité.

Dans ma recherche sur la Légion d’honneur, quand le hasard me mène sur la fiche de Paul Gaston Moreau, né à La crèche (79) et décédé à Royan (17), je reste …pantoise. Il y avait à cette adresse une famille Moreau que Suzanne, la fille de Nelly appelait « cousins ». L’affaire était trop belle. je ne pouvais pas résister, depuis mes recherches sur Nelly Moreau, je ne voyais pas d’où pouvait venir ce cousinage. Il me fallait en avoir le cœur net.

Lire la suite