Une généalogie peut-elle être finie?

Ou même, peut-on dire d’une branche qu’elle est terminée? Il y a une quinzaine de jours, je vous aurais dit que je ne pensais pas pouvoir aller plus loin sur la branche bordelaise Roberdeau, Briet. Le démenti a été  quasi immédiat, quand je me trouvais en face d’un document,

« Le dictionnaire des familles protestantes de Bordeaux au XVII siècle. »
                                    de Paul Louis Coÿne.

Dans un document de 680 pages, il répertorie 951 familles protestantes en s’appuyant sur les documents manuscrits des Archives Départementales de la Gironde, Archives municipales et les imprimés des Archives Historiques bordelaises. Un travail remarquable, documenté, avec des sources claires, précisant même la place d’une famille dans l’échelle sociale par « l’indication de l’agencement stipulé par le contrat de mariage ». C’est selon lui,  » un indice plus fiable que la dot, qui peut exclure ou non les « espérances » de succession. Dans la coutume de Bordeaux, l’agencement minimum est de quinze livres ; (il n’en a) pas trouvé de supérieur à 6 000 livres. Un agencement dissymétrique, où la veuve reçoit plus que le veuf, est en général la marque d’une grande différence d’âge entre les futurs époux. »

J’y ai trouvé des précisions sur les famille Cassaignol, De Lescale, moins sur la famille Briet, mais manifestement, P.L Coÿne s’est intéressé à la famille Roberdeau. Je me sens obligée de clarifier certains points, d’en préciser d’autres, et d’en corriger quelques uns.

Cette famille, dont le nom parfois orthographié Robardeau ou Roubardeau, est de consonance saintongeaise, était déjà implantée à Bordeaux en 1519. Elle comporte des branches catholiques,…. et des branches protestantes, souvent issues de mariages « bigarrés ».

Tous les Roberdeau rencontrés à Bordeaux au XVIIe siècle proviennent de cette même souche.

Jean Roberdeau, maître tondeur de drap à Bordeaux en 1519, propriétaire d’un moulin à Salignac, près de St-André de Cubzac (Gironde), de vignes dans la banlieue de Bordeaux, et d’une maison rue des Argentiers, mourut avant 1565. Sa veuve, Florette Sentout, vivait encore en 1565 . On leur connaît quatre enfants dont;
– Jean Roberdeau, auteur de la branche aînée.
– Etienne, auteur de la branche cadette.
Je n’avais pas perçu qu’il y avait au moins deux branches Roberdeau et plusieurs homonymes Isaac Roberdeau. Mes ancêtres sont issus de la branche aînée, celle de Jean.
  • Le premier Isaac, fils de Daniel Roberdeau et Marguerite Forthon, est bien celui dont j’ai relaté l’inventaire après décès. P.L Coÿne apporte des précisions.
Bordeaux port-bordeaux-joseph vernet deuxieme vue du port de bordeauxz

Joseph Vernet, deuxième vue du port de Bordeaux.

Isaac Roberdeau, bourgeois et marchand de Bordeaux. Il se lança dans le commerce international, l’armement et l’assurance maritimes, et réalisa une grosse fortune : alors que la succession de son père, en 1643, n’atteignait pas 10 000 livres, la sienne, en 1660, dépassait 200 000 livres. Signe et rançon de sa réussite, il dut en 1647 accepter la lourde charge de trésorier de l’hopital St-André.
Le 22 septembre 1642, il contracta mariage (sans indication de religion) avec Suzanne Cassaignol, probablement catholique, fille de feu Antoine Cassaignol, protestant, bourgeois et marchand de Bordeaux, et de feue Marie de Lescale  ; agencement 800 livres.
 
Isaac Roberdeau fit le 20 octobre 1660 un testament R.P.R., laissant à sa femme l’usufruit de ses biens et la tutelle de ses enfants, et mourut le 20 novembre 1660. Dès le 23 décembre 1660, Suzanne Cassaignol fit porter au consistoire, suivant les dernières volontés de son mari, 500 livres : 250 pour les pauvres, 250 pour l’entretien des pasteurs.
Suzanne Cassaignol continua les affaires commerciales et financières de son mari, mais avec moins de bonheur ; en 1669, ayant subi de lourdes pertes, elle abandonna et son activité, et l’usufruit de biens menacés de saisie . Elle mourut le 16 février 1688 et fut inhumée au cimetière de St-Michel.
Isaac Roberdeau avait laissé quatre enfants, dont mon ancêtre Madeleine. et un fils Isaac qui épousa Marguerite de Théon, eut 6 enfants et mourut le 16 janvier 1679.
  • Un autre Isaac Roberdeau, né vers 1633, bourgeois et maître fourbisseur eut avec Marie Pommeau sa femme un fils Antoine, baptisé à la cathédrale Saint André de Bordeaux  « et dont la postérité catholique tint une place remarquable parmi les orfèvres et graveurs du XVIIIe siècle bordelais. Isaac Roberdeau mourut le 14 06 1690 et fut inhumé dans l’église St-Projet. »
Cet autre Isaac serait celui évoqué comme maître fourbisseur et est issu de la branche cadette, celle d’Etienne Roberdeau. Ils sont donc parents mais pas père et fils.
 P.L Coyne site une étude généalogique de l’ensemble de la famille qu’il a déposé au Centre Généalogique du sud-Ouest et aux A. M. Bx. Je ne dirai donc plus que cette branche est terminée…ni aucune autre.
Source;
Le dictionnaire des familles protestantes de Bordeaux au XVIIe siècle; P.L.  Coÿne.
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Trois mois pour ma généalogie (2)

J’ai tenu l’engagement pris à moi même en début d’année, de rester sur une branche de ma généalogie et avoue y avoir trouvé du plaisir. Ce fil conducteur m’a mené plus loin, encore plus loin jusqu’à ce Guillaume Briet, médecin de Bordeaux. La difficulté dans ce cas a été de changer de lieu, d’archives, d’imaginer d’où ils venaient  et où ils avaient bien pu aller et surtout apprendre à exploiter les données trouvées sur internet en l’absence d’archives en ligne.

 

arbres_genealogiques2

Si je peux me permettre de dégager une idée de tout cela, c’est que cette branche est une branche de marchands, d’artisans, plus ou moins fortunés, qui allaient de ville en ville au gré de leurs alliances matrimoniales.

Un résumé des articles de ces trois derniers mois remis dans le contexte de mon arbre généalogique;

15 G Briet, médecin à Bordeaux.
                  |
14 Jeanne Briet
                  |
13 Marguerite Forthon
                  |
12 Isaac Roberdeau, bourgeois et marchand à Bordeaux
                  |
11 Madeleine Roberdeau
                  |
10 Suzanne Chaperon
                  |
9 Marie Dupuy
                  |
8 Suzanne Barraud                           Jean Maurance (mystère) x Françoise Lajugie de Sorges
                 |                                                                 |
7 Anne Marin                                       Anne Maurance
                |                                                                 |
6 Nanci Patureau Laborie épouse Bertrand Desages
                                                         |
5                                             Hector Desages
                                                        |
4                                             Numa Desage, pharmacien à la Crèche (79)
                                                       |
3                                             mon grand-père
                                                       |
2                                            mon père
                                                       |
1                                               moi

 

Il me reste encore à écrire sur les familles Chaperon, Barraud, Lajugie à faire des recherches sur Marie Dupuy, Anne Marin, sans oublier le mystérieux Jean Maurance. Mais pour l’instant je vais passer à autre chose.

 

Comment Guillaume Briet traite la peste à Bordeaux en1599.

Les premiers renseignements sont donnés par le département historique de la Gironde (1895). L’article est plutôt critique sur les ouvrages de G. Briet. Le premier est qualifié « de traduction du traité de Théodore de Bèze sur la conduite à tenir pendant la peste et le second est la relation de la peste récemment survenue à Bordeaux ». Je vais vous parler du second.

G Briet croyait au caractère contagieux de la peste;

« Quant à la troisième cause et occasion de la peste qu’on appelle contagieuse ou plutôt transportée ( car en toute espèce il y a contagion qui est la principale cause et formelle de la peste), il semble que celle dont nous sommes à présent visités en dépend; ayant premièrement apparu chez Pierre de Ricaud, maître chirurgien demeurant à Port Médoc où vint un étranger dit on venu d’Espagne pour se faire traiter un bubon en l’aine que le serviteur de boutique pensait être vénérien. Il le fait voir à son maître lequel ne connaissant pas le mal y apporte ce qu’il peut. Le malade mourut, le serviteur, un fils d’un conseiller à la cour logé en cette maison pour être instruit aux lettres par le fils du chirurgien, mourut. Des servantes l’une malade ou infectée, se retirant au château Trompette avec un sien parent, soldat du dit château y apporta le mal et y moururent plusieurs. Une autre servante se retira chez Lacoze, marchand au Pont-Saint-Jean où toute sa famille est quasi morte. On dit que les meubles de la maisons du dit chirurgien furent de nuit volés et par conséquent ou vendus ou transportés, en diverses maisons dont le mal s’est fourré et comme semé en toute la ville ça été une petite mèche qui est tombée sur des étoupes, bien disposées à recevoir le feu. »
Académie nationale des sciences, belles-lettres et arts de Bordeaux, 1867.
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Saint Sébastien protège contre la peste,Benozzo Gozzolo église St Augustin San Gimignano

 

Il est bien convaincu de la contagion et relate l’apparition de cette peste à Bordeaux en 1599. C’est un livre édité en 1867, par le Dr G.Pery, consultable sur Gallica,  » Les épidémies de Bordeaux pendant les XVe, XVIe et XVIIe siècles » qui nous en apprend le plus sur les pratiques de ce médecin de la peste. Ce que détaille le Dr Pery  est le traitement préconisé et utilisé par G. Briet , en raison que  « Les anciens s’en sont servis, et nous en avons fait l’expérience en 1585 ».

« le venin de la peste rentre avec l’air que nous respirons et agit de manière différente selon les individus. La première indication à remplir est d’évaporer ce venin par les porosités du cuir; puis d’employer les remèdes altératifs et correctifs de son impression. Dès les premiers symptômes le malade doit se retirer dans sa chambre, laquelle sera agréablement parfumée, les fenêtres closes avec un bon feu; la température devra être chaude pour pousser à la transpiration ou même à la sueur qu’il est important d’obtenir. Il faut vider l’estomac s’il est plein; puis ensuite on emploie les remèdes suivants;
eau d’Ulmaria, de Scabieuse, vin blanc, de chaque deux onces.( si le corps est vigoureux autrement une demi once)
thériaque ………………….1 1/2 drachme
faites mixtion pour être donné au malade
ou bien le suivant;
suc de Calendula, de Morsus diab., extrait avec vin ou eau distillée ……..5 onces
dissolvez de bon Mithridate……………2 drachmes
sera baillée de même.
Briet cite ensuite deux opiats de Fernel, un de Guedon, un de Marcinius Ficinus.

On pourrait  trouver une certaine poésie, une chambre parfumée, un bon feu et quelques plantes, si la maladie n’était pas mortelle. On a évité la saignée, mais il faut au moins vider l’estomac.L’affaire devient sérieuse à l’apparition de bubon, plutôt bon signe selon lui et  je vous laisse découvrir le remède du pigeon ouvert « chaud et sanglant »et de la poule dont on a plumé le derrière, relaté par le Dr Pery.

pour lui l’apparition de bubon n’est pas un mauvais signe et conseille d’appliquer au bas de la tumeur un vésicatoire ou un cautère, mais a une préférence pour le premier, qu’il maintient ouvert par par des cataplasmes ou fomentations des liniments. Il n’aime pas les cataplasmes ordinaires le sien est composé de racines d’Althéa, de Tapsus barbatus, consoude, axonge, beurre, thériaque et mithridate. Il a la faiblesse de croire à l’efficacité d’un pigeon ouvert, chaud et sanglant placé sur la tumeur, ou d’une poule dont on a plumé le derrière qu’on applique sur le mal tout en serrant le bec du pauvre animal qui est censé aspiré le venin par le cloaque. Ce qui vaut mieux, il recommande dans certains cas d’ouvrir la tumeur et de la remplir de 7 à 8 grains de bézaar puis fomentations chaudes. D’autres fois il met des ventouses sur la tumeur ou l’incise et met des attractifs ouvre la tumeur avec le cautère actuel ou potentiel puis modifie la plaie par des détersifs entre autres l’eau mercurielle.

Comme le malade ne va pas mieux…il suggère d’être plus énergique que ses confrères et  préconise alors l’huile bouillante.

Briet traite ensuite les charbons…/…..il blâme la manière de procéder des autres médecins qui n’agissent pas assez énergiquement. Il veut qu’on fasse deux ou trois incisions puis la sanie abstergée qu’on applique de l’huile bouillante ou un caustique actuel ou potentiel, du sublimé ou de l‘arsenic, et qu’on fasse le pansement avec un sel torréfié, suie, beurre, thériaque, et jaune d’œuf, ou bien de l’huile de myrrhe. Il faut détruire par tous les moyens possibles les parties vertes violettes, livides ou noires; lotionner avec des liquides détersifs ou même caustiques; faire en un mot le traitement de la gangrène.

Je laisse au Dr Pery le soin de conclure sur la thérapeutique.

Guillaume Briet nous a laissé dans son livre, l’exposé de sa méthode de traitement et sa thérapeutique nous parait avoir eu pour base une connaissance exacte des indications à remplir. On peut toutefois lui reprocher de s’être quelquefois aller à des croyances que l’on excusera sans doute si l’on songe qu’il écrivait il y a plus de trois cents ans.

Ce qui fait plus de 400 ans pour nous. Les contemporains de G. Briet, les plus fortunés,  appliquaient le principe  d’Hippocrate

                                                       « cito, longe, tarde »
ce qui peut se résumer par
                                                « pars vite, va loin, et reviens tard ».
Ce mal est resté mystérieux jusqu’à la découverte d’Alexandre Yersin en 1894. Il faudra attendre 1950 et les antibiotiques pour avoir un traitement efficace. Contrairement à d’autres maladies, la peste ne peut pas être éradiquée complètement et une nouvelle pandémie de peste ne peut être exclue.
Sources;
Histoire de la peste; Jean Vitaux

Guillaume Briet (1529-) « trouvé » grâce à la bibliothèque Geneanet.

Quand je suis à la recherche de renseignements sur un patronyme, ma première pensée est d’aller sur Geneanet. Maintenant je vais également systématiquement dans la bibliothèque généalogique ce qui donne un accès direct à divers articles dont des documents d’archives. C’est le premier filtre.

geneanet bibliothèque

Bibliothèque généalogique Geneanet.

Cette fois encore j’ai pris un chemin de traverse en recherchant le patronyme Forthon, forton, en ciblant le département, la Gironde sans, puis avec  prénom, plus particulièrement Christophe marchand et bourgeois de Bordeaux, père de Marguerite Forthon, qui épousa Daniel Roberdeau, le père d’Isaac. La lecture est quelques fois longue et difficile voire ardue pour le vieux français, je ne vous parle pas du latin, empreinte des chemins détournés mais j’y ai trouvé quelques pépites. Forthon est cité comme étant un des plus anciens noms de la ville de Bordeaux, mais cette recherche m’a entraînée plus loin.

La bibliothèque Geneanet m’a amené à faire une trouvaille sur un certain Guillaume Briet, beau-père de Christophe Forthon. Quand je dis trouvaille, je suis en dessous de la vérité, j’ai rarement lu des documents aussi bien fournis et relatant des affaires aussi anciennes. Voila l’affaire;

Il s’agit de Guillaume  Briet, père de Jeanne Briet qui épousa le 18 mars 1581 Christophe Forthon.

Guillaume  Briet naquit à St Emilion vers 1529 et vint à Bordeaux en 1559. Le 15 octobre 1573,  le Parlement  nomma quatre professeurs dont  Briet pour les apothicaires et en 1580, les jurats le nommèrent médecin ordinaire de la ville, fonction qu’il occupa jusqu’à sa démission en faveur de son gendre Charles Trautelle le 15 décembre 1603. Il est également inscrit dans les registres protestants de Bordeaux (La France protestante vol.3). En 1583, un événement à Bordeaux le concerne directement et nous informe de son lieu d’habitation;  le feu prit aux poudres de l’Hôtel de Ville emmagasinées dans une maison des fossés St Eloi , appartenant à un chirurgien nommé Guillaume Briet; plusieurs personnes furent tuées et la maison fut presque entièrement démolie.  (Histoire du collège de Guyenne,Auteur : Gaullieur, Ernest)

Son testament reçu en 1582 par maître Chadirac, notaire, mentionne sa femme Marguerite Digos, fille d’un chirurgien, et ses quatre enfants;

  • Jean qui fut conseiller au parlement
  • Jeanne épouse de Christophe Forthon, bourgeois et marchand de Bordeaux. Le mariage eut lieu le 18 mars 1581 à Bordeaux.
  • Isabeau épouse de Verney  apothicaire, qui passait à Bordeaux pour le meilleur préparateur de la thériaque.
  • Guillaumine qui épousa le docteur Trautelle, successeur.

Si la vie de cet homme est aussi bien documentée,  c’est parce qu’il nous a laissé deux opuscules;

Discours sur les causes de la peste survenue à Bourdeaux cest an 1599 avec la préservation et caractère d’icelle.

Explication de deux questions politiques touchant la peste, l’une si elle est contagieuse, l’autre si le devoir du chrétien permet de se retirer du lieu où elle est et comme on s’y doit comporter.

Tout cela en quelques clics..c’est magique.

 Guillaume  Briet;

15. Guillaume  Briet

14. Jeanne  Briet

13. Marguerite Forthon

12. Isaac Roberdeau (1615.1660)

11. Madeleine Roberdeau (1645.1724)

10. Suzanne Chaperon (1681._)

9. Marie Dupuy (1705.-)

8. Suzanne Barraud (1741-1794)

7. Anne Marin (1771.1837)

6. Nanci Patureau-Laborie ( 1808.1891)

5. Hector Desages (1833.1925)

4. Numa Desages (1868.1953)

3. mon grand-père

2. mon père

1. moi

 

 

 

Isaac Robardeau, marchand, son habitat à Bordeaux au 17 ème siècle.

Nous sommes le 17 mars 1661, le jour est important. Aujourd’hui, dans l’église paroissiale de St Simon de Bordeaux, par devant Chastaigner, notaire royal comparait une assemblée de bourgeois pour l’homologation des statuts de leur profession. Raymond Xaintes, Jacques Giraud, Jean Vignières, Isaac Robardeau, Jean de Soubes, Pierre Lafaye, Louis Ally, Jean Guitard dit La Réole ….sont présents. Ils sont tous bourgeois et maîtres fourbisseurs. Ils vont délibérer sur plusieurs affaires concernant leur métier et leur communauté.

Maitres fourbisseurs?
  » les dits maîtres fourbisseurs pourront tenir en leur boutique toutes sortes d’armes, comme épées, dagues, arquebuses, cuirasses, hallebardes, piques, lances, épieux, masses et autres bâtons servants au fait de la guerre, et maniables à la main de l’homme sans nulle contradiction. »
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Habit de fourbisseur, Michael Finney antique prints.

 

Ce jour là, il y a confirmation des statuts du métier enregistrés en 1602, mais également délibération pour pourvoir à divers abus qui se commettent bien souvent dans leur compagnie en particulier sur le passage des compagnons et des garçons de métier d’une boutique à l’autre ce qui deviendrait alors acceptable, mais uniquement avec l’accord du maître.

Extraits des; » anciens et nouveaux statuts de la ville de Bordeaux », Jean de Tillet, 1701.

Cet Isaac Robardeau pourrait être le fils de cet aïeul, autre Isaac Robardeau, décédé à Bordeaux en novembre 1660.

Habitat des marchands bordelais.

Une étude de Bertrand Gautier sur l’habitat des marchands bordelais au 17 ème siècle d’après les inventaires après décès, évoque un « Isaac Robardeau », marchand de Bordeaux (inventaires de 1598 à 1686).

La maison d’Isaac Roberdeau sur un étage se composait de six chambres, deux antichambres, une cuisine, une cave un grenier, une salle basse et la boutique au rez-de-chaussée.( AD Gironde 3E 4080 f°1567-1580 et 1589-1591) Il y avait neuf lits, tous faits d’un châlit en noyer, une paillasse, une couverture de laine, une couette et un traversin de plumes. Des coffres contenaient linge et papiers, quatre « cabinets » ce qui était plus rare dans l’habitat bordelais et simplement une armoire. Les tables étaient plus nombreuses, pas moins de neuf, et quatre vingt quatre chaises, dont vingt quatre en paille, « façon Flandres », douze en noyer et en sapin, douze couvertes de « cuir de vache de Russie », et  vingt fauteuils. Il n’y avait ni tapis, ni tapisserie ni bibelot,  mais seulement trois miroirs et quelques livres imprimés, ce qui ne reflète pas l’aisance de ce marchand. Il faut peut être mettre cette sobriété sur le compte de sa religion. La vaisselle faisait aussi partie de cet inventaire, beaucoup de vaisselle de cuivre rouge ou jaune dans la cuisine, de la vaisselle en étain et de la vaisselle en argent ce qui est déjà plus rare , vingt sept cuillères, douze fourchettes, une salière et un sucrier, signe exceptionnel de consommation de sucre.

Isaac Roberdeau devait être attaché à son apparence, sa garde-robe était bien fournie; pas moins de 28 chemises, 15 paires de bas, dont 13 bas de soie, trois chapeaux. Ils avaient également des hauts-de-chausses, des caleçons, des habits de couleur noire ou foncée. Par contre il n’est pas mentionné de gants mais deux robes de chambre, ce qui est rare.

L’inventaire après décès date de 1660, ce qui correspondrait au décès de cet aïeul, si les dates sont confirmées.

Son « bourdieu » ou maison rurale, en périphérie de Bordeaux, était modeste, mais Roberdeau était le seul marchand à y posséder une écurie avec deux juments et une pouliche deux selles avec les étriers, ce qui laisse supposer qu’il montait à cheval. Celui ci lui fournissait également son vin. Il y avait trois tonneaux de vin de Graves dans l’inventaire après décès.

Isaac Roberdeau fils était maître fourbisseur, mais rien ne nous indique la profession d’Isaac Roberdeau père; maître fourbisseur comme peuvent nous le faire penser dans l’inventaire trois mousquets, deux fusils, deux pistolets ou dans le commerce maritime qui expliquerait  qu’il soit parmi les cinq marchands bordelais les plus fortunés  à la fin du 17ème, avec Jean de Ridder et Jean de Jehan, Jaques Nougues.

Si on veut esquisser un portrait, on dessinerait un homme âgé d’environ 45 ans à son décès, père de 4 jeunes enfants, bien mis de sa personne , montant à cheval , maniant les armes et maintenant son rang sans ostentation conformément à sa religion de protestant.

Cette famille Roberdeau comme les familles de marchands bordelais y compris les hollandais, les anglais vivaient plutôt modestement bien loin du luxe parisien. Ils ne construisaient pas de nouvelles maisons, n’étaient pas propriétaires terriens, avaient de vieux meubles et à quelques exceptions près vivaient dans un décor sans fioritures. Ils  réinvestissaient l’argent gagné dans leurs affaires.

Bordeaux changea au 18 ème siècle et fut alors construit ou reconstruit c’est le Bordeaux d’aujourd’hui.

 

https://books.google.fr/books?id=PZLuWmCWASsC&pg=PA101&lpg=PA101&dq=bourgeoisie+robardeau&source=bl&ots=Lyjx0TYX6o&sig=pDZRmka_vNLAGvMnSZkKlRN_FX8&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwif_tbanqnLAhXKVxoKHW6tDiQQ6AEIHjAB#v=onepage&q=bourgeoisie%20robardeau&f=false

http://www.persee.fr/doc/anami_0003-4398_1996_num_108_216_2543

 

Etre bourgeois à Bordeaux au 17 ème siècle.

Isaac ROBERDEAU était bourgeois de Bordeaux. Quand on parle des bourgeois, on parle des  habitants d’un bourg ou d’une ville, des droits civils et politiques dont ils jouissent, on sous-entend qu’ils sont aisés, bien installés. Si on en croit P Meller dans  « les familles protestantes de Bordeaux, d’après les registres de l’état civil avant 1793 », (1902) c’est un préjugé………… bourgeois.

bourgeois lacour

Pierre Lacour, vue du port de Bordeaux, détail, 1804

A l’origine « bourgeois » désignait l’habitant d’un bourg. Au 11 ème siècle, du fait de l’essor économique, ils forment une nouvelle classe, non terrienne. Le bourgeois est alors un citadin qui gagne sa vie soit en exerçant un métier, soit par le commerce, tout en demandant les autorisations nécessaires à son exercice au seigneur tout puissant du lieu. Le commerce colonial à partir du 16 ème siècle offre de nouvelles perspectives commerciales.

Les bourgeois de Bordeaux avaient des droits et des devoirs.

 
Il fallait pour devenir bourgeois de Bordeaux tenir  »maison, foyer, famille , résider continuellement dans la ville, avoir un certificat de bonne vie et mœurs, posséder une maison d’au moins 15 000 (?) livres ou des navires, ou avoir rempli des fonctions municipales.
Les bourgeois étaient tenus de faire le gué, d’entretenir les pavés au devant de leur maison, et payer certains droits.
Ce titre de bourgeois ambitionné par les grands seigneurs, les magistrats, les commerçants et les corporations religieuses conféraient des privilèges nombreux.
P. Meller (1902)

Ils devaient donc remplir certaines conditions de fortune et de bonne moralité, participer activement à la vie de la ville, à son entretien et son extension, y vivre toute l’année et payer des droits.

Ce sont les privilèges qui motivaient leur demande.

Un des plus importants permettait aux bourgeois de ne payer aucun droit pour les vins de leurs crus, ni pour les marchandises entrantes et sortantes de la ville. Ils étaient exempts du logement ( les gens de guerre) , des contributions, de tout autre subside et de tout droit pour la possession de fief nobles, enfin ils ne payent aucune indemnité sur les co….qu’ils avaient fait nourrir dans leurs maisons de campagne.
P.Meller
Imaginez, ne payer aucun droit sur les marchandises entrantes ou sortantes quand on vit dans un port où le trafic est déjà important! Les vins ne sont qu’une petite partie certes la plus connue de ce commerce. Un rêve pour un commerçant de l’époque.
Il existait un » livre de l’embourgeoisement » (Archives Historiques de Gironde) qui nous renseigne sur la date de cet embourgeoisement. En ce qui concerne la famille Roberdeau (Robardeau) on retiendra la date de 1606.
  • Le 31 janvier 1624, dans les archives municipales de Bordeaux on retrouve des lettres de confirmation de bourgeoisie accordées à Daniel Robardeau, (Roberdeau) Docteur en médecine, Robert, jean et autre Jean Robardeau et à Etienne Guenet (f. 45 et 46).
  • Isaac et Daniel Robardeau ont représentés les lettres de bourgeoisie par les mains de Suzanne Cassaignol , leur mère, de feu maître Daniel Robardeau docteur en médecine, leur aïeul du 31 janvier 1624 signé d’Hosten , pour servir à demoiselle Jeanne Robardeau , leur tante fille dudit feu Daniel. (non daté)
  • 18.12.1761  N°49 Roberdeau (sieur Daniel) a représenté les lettres de Daniel et Isaac Roberdeau ses auteurs tant pour lui que pour Isaac Louis-Isaac, Louis-Benoît, Jean, Marie-Marguerite, Thérèse et  Suzanne ses frères et sœurs du 31 janvier 1624.

La famille Robardeau (Roberdeau) était donc bien une famille bourgeoise de Bordeaux de longue date.

Définition « bourgeois » Larousse.

http://www.geneanet.org/archives/ouvrages/?action=detail&book_type=livre&livre_id=531596&page=458&name=Robardeau&tk=6a02b91007d7d72d

http://www.geneanet.org/archives/ouvrages/?action=detail&livre_id=9956&page=440&book_type=livre&search_type=livre&name=Robardeau&tk=19383ba3c4545096

Question généalogique; mais tu es remontée jusqu’où ?

Cette question et « Tu n’a pas encore fini ? » me poursuivent, parce que je ne sais pas comment répondre. D’abord définissons le « jusqu’où ». On peut l’entendre pour le siècle, une date de naissance, mariage ou décès. Est ce que cela compte si on a juste le prénom???? Ou encore le numéro Sosa le plus élevé, la génération? Faut-il préciser la lignée? Je vais essayer de répondre aux plus curieux…

Cette question en apparence simple ne peut pas avoir une seule réponse. J’ai alors choisi de vous parler d’Isaac ROBERDEAU, son ascendance et sa descendance. Il m’a semblé répondre aux critères cités mais pas seulement.

Pierre Lacour (père) Vue d'une partie du port et des quais de Bordeaux.

Pierre Lacour (père) Vue d’une partie du port et des quais de Bordeaux. (1804.1806) Musba Bordeaux

Isaac Roberdeau était négociant à Bordeaux au  XVII ème siècle. Son AA grand-père Jean puis A grand-père Jean, puis grand-père Jean Sosa 8696 (1555-1587) vécurent à Bordeaux., le dernier avec Gilette de Grasse. Ils eurent un fils Daniel (1585-1643), le père d’Isaac. Voila pour le « jusqu’où ».

16 Jean ROBERDEAU (vers 1496) Sosa 34784-

15 Jean Roberdeau (vers 1524)–

14 Jean Roberdeau ( v.1555-1587)—

13 Daniel Roberdeau (1585.1643)—

12 Isaac Roberdeau-(1615.1660)–

11 Madeleine Roberdeau-(1645.1724)—-

10 Suzanne Chaperon-(1681…)–

9 Dupuy Marie- (1705…)–

8 Barraud Suzanne-(1741.1794)–

7 Anne Marin-(1771.1837)–

6 Nanci Patureau-Laborie-(1808.1891)–

5 Hector Desages-(1833.1925)–

4 Numa Desages—

3 mon grand-père—

2 mon père—

moi…

16 générations depuis la fin du XV ème siècle. Cette filiation n’est pas entièrement le fruit de ma recherche, les Archives de Bordeaux ne sont pas accessibles en ligne, je n’ai pu vérifier toutes les données mais je suis impatiente de pouvoir le faire.

En résumé pour répondre à la question; dire le XV ème siècle ne satisfait personne, moi encore moins. Répondre  1496 sur ma lignée agnatique , et alors on ne me pose pas de question complémentaire.

Toi qui ne t’intéresse pas à l’histoire (!) , tu penses continuer? Oui, je suis rentrée dans l’histoire par la petite porte, celle des inconnus, de nos ancêtres. Je n’ai pas de formation d’historienne mais de scientifique, ce qui m’incite à la modestie.

Quand à avoir fini, non je n’ai pas encore fini, et je n’ai même pas fini de vous parler d’Isaac ROBERDEAU…..

Sources;

généanet

family search

Registres protestants de Bordeaux, P Meller.