L’émotion du curé Auboys, 1663, Bourdeilles (24).

Nous avons peu de moyens de connaître la vie de nos ancêtres et encore moins leurs émotions. Alors quand un acte sort du cadre, je m’interroge; que lui arrive t-il?

En règle générale, les actes de décès sont les plus courts et les plus concis des registres paroissiaux, et en Dordogne encore plus courts et concis, si c’est possible. Nous y trouvons la date du jour, le nom du défunt et l’inhumation.

 

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Eglise Saint Pierre de Bourdeilles (24)

Par exemple, nous croisons souvent un acte de décès qui ressemble à;

le 26 février 1665, Hélie Magnian surnommé Lacroix est mort en la communion de l’église le corps duquel a été enterré le lendemain après avoir reçu les cérémonies ordinaires de l’église pendant sa maladie. Il a reçu les sacrements de pénitence d’eucharistie et d’extrême onction.
AD 24 Bourdeilles;
 Alors quand le curé Auboys prend une page entière du registre paroissial pour rédiger un acte de décès, la question fuse, que se passe-t-il?
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Isaac bénissant Jacob-Govert-Flinck-1639

Par ce jour de janvier 1663, le curé Auboys enterre son père, Arnaud AUBOYS.

Le dernier de janvier 1663 Arnaud Auboysmon père, maître chirurgien âgé de 76 ans est mort en la communion de l’église à quatre heures du matin après avoir reçu tous les sacrements de l’église et a été enterré le lendemain après qu’on a eu chanté l’office des morts et célébré solennellement le sacrifice de la messe pour le salut de son âme au tombeau deuxième qui est tout devant l’arche du prédicateur, où il a fondé vingt sols  de rentes à perpétuité.
Auboys curé de Bourdeilles.
AD 24 Bourdeilles
Y assistent une dizaine de prêtres, curés et archiprêtres.

Le curé est habituellement moins bavard. Mais comme il l’écrit, il s’agit de son père.

Le curé Sicaire Auboys est le  troisième fils d’Arnaud et le quatrième de ses enfants. Avant lui sont nés Jacques, Jean mon aïeul, Anne, et vient ensuite Catherine et Catherine.

Ainsi quand mon aïeul Jean AUBOYS décède le 14 septembre 1700, le curé Auboys écrit:

Le quatorze de septembre 1700 Jean Auboys sieur des genest maître chirurgien mon frère est mort âgé de 76 ans et enterré au cimetière dans le tombeau de ses pères avec les sacrements ordonnés.

 Auboys curé de Bourdeilles.

C’est dans la différence entre ces actes que je veux percevoir une émotion et un respect même si aucun sentiment n’est nommé.

A Bourdeilles (24) j’ai trouvé une trace de Sicaire AUBOYS, non pas dans le cimetière, disparu depuis longtemps, mais dans l’église Saint Pierre, son église, où il exerçât de 1663 à 1714.

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Eglise Saint Pierre de Bourdeilles (24)

Les actes du curé Auboys s’espacent jusqu’à son décès le 27 mars 1714.

Le vingthuième de  mars 1714, messire Sicaire AUBOYS prêtre et vicaire perpétuel de l’église de Saint Pierre de Bourdeilles a été enterré dans la dite église dans le tombeau qu’il avait fait pratiquer luy même après avoir reçu les derniers sacrements étant mort le jour de devant à onze heures du soir fait en présence de soussigné Lapier prêtre et vicaire

fr Simon Arbonneau recolé comme aïant été présent à l’heure de la mort du dit messire Auboys arrivé à onze du soir du 27 mars 1714 et lui aïant administré tous les sacrements.

 AD 24 Bourdeilles

 

Filiation et générations;

12. Arnaud AUBOYS

11. Jean AUBOYS mon aïeul né vers 1624, frère du curé. Jean fut maître chirurgien comme son père, il épousa le 18 juillet 1650 à Bourdeilles Peronne Cartaud avec qui il eut au moins onze enfants, dont;

10. Marguerite AUBOYS

9. Marie BOUTHIER

8. Suzanne Roy

7. Jean François DESAGES

6. Bertrand Henri DESAGES

5. Hector DESAGES

4. Numa DESAGE

3. Pierre Henri DESAGE

Sources;

AD 24 Bourdeilles

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Les tombes disparaissent; La Roche Chalais.

Sans les fréquenter assidûment, je n’hésite pas à visiter un cimetière, surtout quand il s’agit de mes ancêtres. C’est ainsi qu’en passant par la Roche Chalais (24),  je demandais un arrêt au cimetière municipal devant lequel nous passions. Eh oui, ce n’était pas préparé.

Nous avons donc arpenté les allées à la recherche de tombes portant les noms de Patureau Laborie, Marin. Il nous fallut peu de temps pour comprendre que nous ne trouverions rien.

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Dans l’allée principale quelques pierres sans aucune plaque, au milieu de celles plus récentes en granit et sur toutes les pierres tombales anciennes figurait la mention;

« En cours de renouvellement, veuillez vous adresser à la mairie » .

L’allée principale n’a plus rien à voir avec cette carte. Le monument au premier plan à gauche existe encore, mais a perdu toutes ses plaques, et les compartiments sont ouverts et vides. Ceux aux deuxième et troisième plans à droite n’existent plus. Quelle déception!

Seule, sur le côté droit, sous un magnolia, une tombe au sol, gravée dans la pierre, plus exactement trois sépultures.

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Ici REPOSE BARRAUD Mathieu Polidor

décédé le 10 décembre 1878

Tu fus sauvé par la grâce et la foi, c’est un don qui ne vient pas de nous mais de DIEU.

 

Ici REPOSE SUZANNE ZELINA BARRAUD épouse DUCROS

née au FIEU le 18 juin 1817,décédée au Fieu le 13 juillet 1892

à l’âge de 75 ans.

La troisième plaque concerne les famille Ardouin, et Barraud Trigant Geneste.

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Le projet  de Geneanet prend alors toute sa signification, et quand ils écrivent que « Les tombes finissent toutes par disparaître un jour, ainsi que les noms, dates et autres informations qui y figurent. »  Je viens de le constater.

Pour préserver ce patrimoine, Geneanet a créé « Sauvons nos tombes ». La prise de photos de tombes anciennes puis le relevé des noms et la mise en ligne permettent d’en garder une trace mais permet aussi de mettre les informations  à disposition de tous. Le succès de l’opération montre bien que les généalogistes sont conscients de ces faits.

 

 

 

 

En passant par Verteillac, Dordogne; les Dézages.

Une partie de mes ancêtres du coté paternel vient de Dordogne. Ils s’appelaient Desage, Patureau, Marin, Roy. C’est à eux que je pense à chaque fois que je vais la-bas, c’est devenu une déformation généalogique.

carte verteillac

géoportail.

Aller en Dordogne nous fait passer par Verteillac, située entre Poitiers et Ribérac sur la N 10. C’est la première étape et le premier lieu connu des Desage ou Dézages.

Verteillac (24). 

Commune de 644 habitants (2013), Verteillac, situé à 11 km de Ribérac est à peu près à égale distance de Périgueux (33 km), Angoulême (37 km), et Nontron (31km).

L’enquête de Cyprien BRARD, 1835 .( FRAD024_6M542_131) à laquelle répond « Mr le maire de Verteillac, Mr De Milhacgrandchamp, conformément à la circulaire de Mr le préfet en date du 10 février 1835, nous raconte les temps anciens.

La commune de Verteillac est située sur la route d’Angoulême à Bordeaux, en « partie en plaine, l’autre coupée de coteaux ».

On y cultive surtout le froment et la maïs, ainsi que la vigne pour faire du vin rouge ou blanc. On y élève des cochons, des génisses et des bœufs du limousin, vendus sur les foires et ensuite dirigés sur Bordeaux ou Paris.

Aucune fabrique ou manufacture n’est recensée dans la commune. On y fait des sabots en « bon noyer », on y trouve des truffes noire uniquement celles de chêne.

Des moulins à eaux et à huile ponctuent le ruisseau de Sauvanie (affluent de la Lizonne).

Les habitants y sont de bonne constitution, se nourrissent de pain de froment ou maïs, de pommes, de légumes pour les moins riches, de viandes de boucherie et de volailles pour les plus aisés, boivent de la « piquette« , font « chabrole » ( mêlant du vin à la soupe),  et ne boivent pas de café à l’eau.

Aucune antiquité ou curiosité n’est à signaler.

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carte de Cassini

Mais c’est avant 2013, avant 1835 et même encore un siècle plus tôt, que mes ancêtres ont habité Verteillac.

Jean Desages était maître chapelier et marchand, négociant à Verteillac. Il épousa avant 1736 Marguerite Duranthon et eut 8 enfants entre 1737 et 1760. Je n’en ai suivi que deux sur les huit.

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AD 24 Verteillac 1738.

Son fils Jean Desages, deuxième enfant et fils aîné, naquit à Verteillac le 5 novembre 1739. Il fut comme son père, négociant, vécut une dizaine d’année au château de Lanmary à Antonne, où mourut son père ( septembre 1787), mais revint à Verteillac vers 1798. Il avait épousé à Bourdeilles (24), le 20 août 1764, Suzanne Roy, fille de François Roy, notaire à Bourdeilles et eut 11 enfants tous nés à Verteillac.

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AD Dordogne Verteillac 1764.

  1. Desages François 1765.1772

2. Desages Suzanne 1766.1848, épouse Louis Desmons Dubois en 1786 à Antonne (24)

3. Desages Marguerite 1768.1844 épouse Jean Marthurin Duvergt à Celles (24) en 1798

4. Desages Marie 1769

5. Desages Jean François (1772. après 1840) épouse Anne Maurance en 1792 à Antonne (24) et ses cinq enfants naîtront à Sorges (24).

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AD Dordogne Sorges 1800.

6. Desages Pierre 1773

7. Desages Thérèse 1774.1782

8. Desages Pierre 1775

9. Desages Léonard 1776

10. Desages Cécile 1778.1778

11. Desages Pierre 1780.1825,  instituteur à Celles.

Il reste encore beaucoup à rechercher sur cette famille…. Les archives départementales de  Verteillac, Dordogne sont muettes entre  1687  et 1736,  le nom Desages n’y apparaît pas avant 1687 mais dès les premières pages en 1736.

Jean Desages mourut à Verteillac le 11 novembre 1816 à 76 ans et sa femme Suzanne Roy, mourut 6 mois après dans sa maison.

Deux générations à Verteillac et puis s’en vont.

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Verteillac 2014, collection personnelle.

Sources;

Wikipédia, AD 24 Verteillac, Celles, Antonne.

Rebondissement dans l’affaire Maurance.

Le mariage de Jean Maurance et Françoise Lajugie avait célébré le 3 février 1763 en petit comité, avec une dispense de trois bans, ce qui m’avait fait conclure à un mariage urgentissime ….sans rien trouver après.

Et bien finalement si. En faisant les archives dans un sens puis dans l’autre, j’ai retrouvé la raison de ce mariage pressé: l’urgence s’appellait MARIE et naquit le 1er novembre 1763. Ce ne devait pas être acceptable dans cette famille puisque son baptême fut célébré par  le curé Laborie, non pas à Antonne, ni à Sorges, mais à Ligueux!

Le premier du mois de novembre 1763, a été baptisée Marie Morance , âgée d’un jour,
fille naturelle et légitime de jean morance, marchand et de Françoise Lajugie conjoints de la Brouchancie d’Antonne,
parrain Lajugie de la maillonnerie de Sorges
marraine  demoiselle Marie Brunet de Castaing du lieu de la Vacherie de Sorges.

Je n’ai pas trouvé ensuite de mention de cette petite Marie.

Black et violet kandinsky 1923

Black and violet 1923, Kandinsky Wassily.

Il n’y a toujours pas de renseignement sur Jean Maurance, et  parrain  marraine sont de Sorges,  plutôt du côté Lajugie. Je continue ma recherche. Grâce aux suggestions de généablogueurs, je me suis intéressée à Family Search, à Perigen, aux recensements.

J’ai à ce jour plusieurs hypothèses;

Jean Maurance né le 18.11.1725 à Ligueux de Pierre et Anne Toumasson.

Jean Maurance né le 28.5.1730 à Sorges, Pavillon de Jean et Jeanne Feyfan

Jean Maurance né le 19.5.1732 à Sorges , Monchateau de Jean et Marie Feyfan

Jean Maurance né le 28.10.1734 à Sorges, les Chabannes de Eymerie et Jeanne Brissac

Jean Maurance né le 8.3.1736 à Sorges Chabannes de Eymerie et Jeanne Brissac.

Mais il a existé des Jean Maurance, à Cornille, à Périgueux,  Antonne,  Agonac, Champcevinel, Trélissac, tous en Dordogne.

Jean TOSTI, expert en anthroponymie (la science des noms de famille) nous donne une information;

Maurence nom porté en Dordogne (variantes : Maurance, Morance), c’est un ancien nom de baptême (latin Maurentius), à rapprocher peut-être de Mauronce, nom d’un abbé à Saint-Florent-le-Vieil (49). Source généanet.

Ce qui peut expliquer en partie mes difficultés , je ne désespère pas….mais il va falloir être patient.

A Suivre….

 

 

 

Sorges et la truffe noire en Périgord.

Alors que la ville de SORGES vient de clôturer sa 28 ème fête de la truffe noire, il m’est venu l’envie de savoir si nos ancêtres en parlait au XIXème. J’ai donc recherché une enquête statistique  comme celle du préfet DUPIN, 1802, en Deux-Sèvres.

sorges truffe

Même s’il n’existe pas d’équivalent au sens strict, il y eu bien une enquête statistique sur le département de la Dordogne à partir de 1835, sur la demande de François Auguste de ROMIEU (1800-1855)  préfet et confiée à Cyprien Prosper Brard (1786-1838). Cyprien Brard scientifique, ingénieur civil des mines, enquête sur la topographie, l’état civil et moral, l’histoire, l’administration, l’instruction publique, l’agriculture, l’industrie et le commerce. Il travailla pendant 3 ans en expédiant des questionnaires aux maires des 583 communes de Dordogne, puis rédigeant en particulier la partie agricole, mais il mourut le 28 novembre 1838 sans avoir terminé son mémoire. Ces documents sont réunis dans un fond conservé aux Archives Départementales de Dordogne.

 

SORGES, 1835; La ville n’est pas très industrialisée, il n’y a ni fabrique, ni manufacture, ni four à chaux. On ne compte aucun moulin ni à eau, ni à vent, un seul moulin à huile et « l’huile qu’on y fabrique se consomme dans le pays. On a pas commencé à cultiver le chou colza dont la graine produit de l’huile. »  » On fait des sabots en noyer mais on n’en vend pas hors la commune et quelques habitants font pour leur usage seulement des paniers en viorne. »

Et les truffes?

troisième série de questions; section industrie,

19. Trouve t-on des truffes noires ? oui.
20. Quel est le poids approximatif et par an des truffières de la commune?
Il m’a été impossible d’obtenir à cet égard des renseignements satisfaisants.
21. Les truffières changent elles de place ? oui.
22. Fait on une différence marquée entre la truffe qui vient à l’ombre du chêne noir et celle que l’on trouve sous les charmes les noisetiers …?
Celle qui vient de l’ombre du chêne est la meilleure.
23. Quelles sont les remarques des paysans sur la rareté ou l’abondance des truffes par rapport aux pluies ou à la sécheresse de l’été?
Lorsque le mois d’août a été pluvieux, il y a abondance de truffes.
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Géoportail, carte ign Sorges et environs.

Si à Antonne, le maire déclare qu’  « il est impossible de  déterminer le poids des truffes récoltées par an, les truffières n’appartiennent pas au propriétaire du terrain. les truffes comme le gibier sont la propriété de tous ou plutôt les paysans les plus fins et les plus adroits », il est d’accord avec celui de Sorges comme celui de Négrondes qui déclare deux quintaux de truffes par an, Savignac  quatre quintaux ou encore celui de Cornille; Les truffes sont meilleures si elles sont récoltées sous un chêne et plus abondantes si le mois d’août a été pluvieux.
Le maire de Ligueux déclare lui,  » qu’il n’y en a pas dans sa commune ».
Depuis, vers 1840, quelques hommes passionnés ont mis en sol des plants de glands de chênes truffiers. A la fin du XIXème, Sorges enregistrait une récolte de 5 à 6 tonnes de truffes. Sorges est maintenant appelée la capitale de la truffe, la commune abrite un écomusée.
Ces documents « oubliés » sont passionnants pour la Dordogne, nous renseignant sur les cultures mais aussi sur létat de santé des habitants. Ainsi à Sorges apprend-on que les habitants sont de bonne constitution, que le pain le maïs et la pomme de terre sont leurs aliments habituels. Le pain du cultivateur se compose de froment, de baillarge et de seigle, sans y mêler ni pomme de terre ni haricot.  Tous les paysans boivent du vin ou de la piquette, il y a 8 ou 10 ivrognes reconnus.  On a l’habitude de « faire chabrole » de mêler du vin dans la soupe, on dit que c’est un tonique.
Cette enquête agricole de 1835, sous la Monarchie de Juillet a été une des premières tentatives d’évaluation précise  des richesses du territoire. Pour la généalogie, elle nous donne surtout une autre vision de la vie quotidienne et des coutumes de nos ancêtres selon leur région.
Sources;

http://archives.dordogne.fr/modules.php?name=News&file=article&sid=131

http://www.sorges-perigord.com/?sorges-et-la-truffe,29

Françoise LAJUGIE, inhumée en payant la fabrique.

C’est en lisant l’ acte de décès de cette aïeule Françoise Lajugie (Sosa 131, génération 8), que j’ai vu pour la première fois l’expression « inhumée dans l’église en payant la fabrique ».

Le dictionnaire de Durand de Maillane n’est pas encore devenu mon livre de chevet (!), mais j’aime m’y référer pour les pratiques de l’église pendant le XVIIIème siècle.

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Durand de Maillane, Dictionnaire de droit canonique et de pratique bénéficiale.

 

Dictionnaire de droit canonique et de pratique bénéficiale .. Durand de Maillane 1761, réédité en 1770. Durand de Maillane, canoniste, avocat et magistrat,  consacra de nombreuses œuvres au droit de l’église.

le mot FABRIQUE vient du mot latin fabrica, qui signifie construction; il est employé dans ce sens dans plusieurs canons. Or comme la construction des églises et leurs réparations sont un objet important et pour les dépenses qu’elles occasionnent et pour l’intérêt qu’y ont les peuples, on assigna des fonds particuliers à la Fabrique, dès le premier partage des biens d’église, et on confia ensuite l’administration aux paroissiens. Ce partage des biens d’église ne s’est pas soutenu: on voit aujourd’hui bien peu de Fabrique en possession de la quatrième portion des dimes; mais la piété des fidèles y a toujours suppléé, et soit par la voie des legs et fondations, soit par les moyens des quêtes ou autrement , il y a toujours eu dans chaque paroisse des revenus à administrer et des administrateurs par conséquent à nommer. Ces administrateurs ont été appelé MARGUILLIERS gagés dans notre langue, et matricularii par les latins

Suit alors le règlement qui a été fait pour l’église de st Germain en Laye en 1739, qui codifie les assemblées ordinaires, leur fréquence  » tous les lundi de quinzaine en quinzaine  à deux heures de l’après midi dans la salle du bureau, les trois assemblées générales par an  où sont conviées  » les personnes de considération, les officiers de judicatures, avocats exerçants la profession, anciens marguillers commissaires de pauvres et autres notables de la paroisse. Une assemblée le jour de Pâques pour l’élection des Marguillers, le jour de st Thomas pour arrêter le compte du Marguiller en exerce de comptable de l’année précédente et la troisième le jour de Noël pour l’élection d’un commissaire des pauvres, puis tous les codes à respecter.

Pour ce qui est des particuliers, ils ont obtenus des sépultures dans l’église paroissiale par certaines rétributions a peu près comme des places pour les bancs. Ceux qui ne sont point en possession de tombeau dans une église peuvent s’en procurer un dans telle église que bon leur semble c. cum liberum de sepult. mais s’ils n’ont fait aucun choix de sépultures et que leur famille n’en ait aucune d’affectée on les enterre au cimetière de la paroisse ou au caveau commun commun de l’église paroissiale en payant un certain droit à la fabrique; ce qui n’a rien de simoniaque (trafic des choses saintes; vente ou achat de biens spirituels,de charges ecclésiastiques) ni par conséquent de contraire à la disposition du ch. abolenda, de sepult. cap. ex parte…
Les canonistes établissent que pour la concession d’une sépulture il faut le consentement de l’évêque, ou au moins celui du provincial, si c’est dans une église de réguliers. Ils ajoutent que cette concession doit prescrire la forme du tombeau, suivant la constitution de Pie V . incip. cum primum, en 1569 et les déclarations des évêques et des réguliers; c’est à dire que le tombeau soit creusé dans la terre et ne soit point sous l’autel, ni même sous les degrés de l’autel, Barbosa.
Pour en revenir à l’acte de décès de Catherine Françoise LAJUGIE; il est dit;
le 21 octobre 1771 est décédée à la Vigerie présente paroisse  Françoise LAJUGIE épouse de sr  Maurence, âgée de 36 ans environ munie des sacrements, le corps de laquelle a été ensevelie dans l’église en payant les droits de la fabrique.
Cheyrade curé.
Françoise LAJUGIE est donc inhumée dans l’église comme l’avait été plus tôt sa fille aînée Catherine en 1765. Elle laisse au moins deux filles, Anne à peine 5 ans et Catherine 2 ans et peut-être deux garçons tout aussi jeunes. Elles passeront leur enfance à la Vigerie de Sorges puisqu’elles y demeurent encore au moment de leur mariage. Je n’ai pas trouvé trace de remariage de Jean Maurence.
Source;

Une branche DESAGE épineuse.

Cette branche DESAGE, périgourdine  est épineuse. Je bloque sur au moins quatre de mes aïeux.

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Arbre gris 1911; Mondrian.

Anne Maurance (Sosa 65) épouse Jean-François DESAGES, huissier, Sosa 64 , le10.1.1792. Elle est la fille de Jean MAURANCE, Maurence. Je vous en ai déjà parlé dans « 100 mots pour ma généalogie ». Je n’ai trouvé aucune trace de cet homme, ni signature, ni parrainage, ni naissance, ni décès. Je n’ai de lui que sa date de mariage, le 3 février 1763 dans la chapelle de la Brouancie à Antonne (24) avec Françoise LAJUGIE, fille d’un notaire de Sorges (24). C’est un acte de mariage avec une dispense de trois bancs.

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Géoportail, la Broussancie d’Antonne; la Vigerie de Sorges

Le 3.2.1763 vue la dispense de 3 bans de mariage d’entre sieur Jean Maurence marchand habitant du lieu de la brouancie présente paroisse et de demoiselle Françoise Lajugie habitant de la Maillonnerie, paroisse de Sorges
ladite dispense accordée par monsieur Murat vicaire général de monseigneur aussi bien que de se fiancer  les susdites parties le même jour de la célébration de leur mariage dans la chapelle du lieu de la brocensie
vu aussi le consentement de mr Cheyrade curé de Sorges ci soussigné
les ai mariés leur ai imparti la bénédiction nuptiale selon la forme prescrite dans la ste église
en présence de Sieur François Lajugie; frère de l’épouse qui a signé sur la dispense de trois bans
de Leonard Boissevi
pierre Barbesson
pierre Toumasson tous les trois laboureurs habitants du lieu de Brocensie qui n’ont signés pour ne savoir de ce enquis
curé Gouyon

Non seulement dispense de trois bans, mais pas de fiançailles, sinon en même temps que le mariage, le dit mariage n’est pas dans la ville de la mariée, mais dans une chapelle voisine, et les témoins sont les laboureurs du lieu. Seul le frère Lajugie qui a signé la demande est présent. Un mariage urgentissime. Bien évidemment,  je recherche une naissance dans les mois suivants, naissance qui n’arrivera que le 25 octobre 1764, soit plus d’un an après…Le mystère reste entier.

Jean Maurence, marchand, bourgeois et sa femme auront au moins 5 enfants. A part Anne les autres enfants se prénomment Catherine comme leur mère ou Pierre comme … leur grand père ?  simple supposition. Je suis toujours attentive aux parrains et marraines en particulier des premiers enfants. Aucun Maurence n’est parrain ou marraine, par contre les Lajugie sont toujours très présents. Le premier enfant naît à la Vigerie de Sorges (24).

 

Catherine 25.10.1764/23.10.1765                                                                                                                                   parrain Guillaume Sr de Castaing de Saleyade et Puycouzon
marraine Catherine Lajugie
 Pierre 18.11.1765
parrain Pierre Husti
marraine Marguerite Tibeau
Anne 21.11.1766 Sosa 65
parrain sr Joseph Versanau, maître de poste aux tavernes.
marraine demoiselle Anne Laborie, (épouse de François Lajugie?)
Elle épousera Jean François DESAGES et aura 6 enfants à la Vigerie de Sorges.
 
 Pierre 6.11.1767
parrain Sr Pierre Dupuy, maître chirurgien.
marraine demoiselle Catherine Lajugie.
 Catherine 6.11.1769
parrain jean Robière.
marraine Catherine Lajugie.
Elle épousera Jean Grenier, huissier le 9 avril 1793 à Verteillac.

Catherine Françoise LAJUGIE , son épouse décède le 21 octobre 1771, a 36 ans et je perd la trace de la famille jusqu’au 10 janvier 1792, mariage de Anne Maurance qui vit toujours à la Vigerie de Sorges, avec Jean François Desages, huissier, où jean Maurence père, est dit décédé. Aucune personne de la famille Maurence n’est présente. Je n’ai pas avancé, me direz-vous. Je ne dirai pas cela… Je viens de trouver le mariage de Catherine Maurence avec Jean Grenier, mais surtout je sais maintenant ce que je voudrais trouver.

Si je pouvais me transporter dans les archives de Dordogne, je chercherais;

le contrat de mariage Maurence-Lajugie, 2.2.1763, Sorges, ( notaire Lajugie ou un successeur, vraisemblablement).

Le testament s’il y a, de Françoise  Lajugie décédée à  21.10.1771. Sorges.

Le contrat de mariage Desages-Maurence 10.1.1792. Sorges, peut-être aussi celui de sa sœur Catherine avec Jean Grenier. Mais là, c’est de la gourmandise….

Source; AD 24 Sorges, Verteillac.