Maire perpétuel en Artois en 1694 ?

Dans mon ignorance je pensais les maires issus de la révolution française et les échevins certes du nord mais faisant fonction de maire dans l’ancien régime. Imaginez ma surprise quand dans mes recherches concernant mon ascendance du nord, je croise un  Jean Adrien  Larsé ou Delarsé, maire de Lillers en 1694. Jean Adrien prénom bien masculin donc pas mère (!) mais bien maire et un autre ancêtre  » échevin à son tour », Guillain Martin menuisier né vers 1685 échevin de la ville de Pernes.

Une première recherche dans le dictionnaire historique et archéologique du Pas-de-Calais (tomme 3) sur Jean Adrien Delarsé nous amène à LILLERS , aux coutumes de la ville. Jean Adrien Delarsé y est présenté comme le premier maire de Lillers ville seigneuriale  en 1694, premier maire en vertu de l’Edit de 1692 qui rendit vénales les charges municipales. Cet Edit du roi de 1692 est alors un mystère. Quelques recherches plus loin;

Edit du Roy [d’août 1692] portant création de maires perpétuels et d’assesseurs dans les hostels de villes et communautés du royaume.

LOUIS par la grâce de DIEU Roi de France et de Navarre,  à tous présents et à venir, SALUT;

le soin que nous avons toujours pris de choisir les sujets les plus capables entre ceux qui Nous ont été présentés pour remplir la Charge de Maire dans les plus grandes villes de notre royaume, n’a pas empêché que la cabale et les brigues n’aient eu le plus souvent beaucoup de part à l’élection de ces Magistrats; d’où il est presque toujours arrivé, que les officiers ainsi élus, pour ménager les particuliers, auxquels ils étaient redevables de leur emploi et ceux qu’il prévoyait pouvoir leur succéder ont surchargé les autres habitants des Villes et surtout ceux qui leur avait refusé leurs suffrages. Et à l’égard des lieux les maires ne sont point établis, chacun de nos Juges voulant s’en attribuer la qualité et les fonctions à l’exclusion des autres, cette concurrence n’a produit que des contestations entre eux, qui ont retardé l’expédition des affaires communes, consommé en frais de procès, et distraits ces juges de leurs véritables fonctions, pendant qu’il s’efforçaient d’usurper celles qui ne leur appartiennent pas, et fatiguer nos peuples par la diversité des ordres qui leur étaient donnés en même temps sur les mêmes affaires.

C’est pourquoi Nous avons jugé à propos de créer des Maires dans toutes les villes et lieux de notre royaume qui n’étant point redevable de leurs charges au suffrages des particuliers et n’ayant plus lieu d’appréhender leur successeurs, en exerceront leurs fonctions sans passion et avec toute la liberté qui leur est nécessaire pour conserver l’égalité dans la distribution des charges publiques; d’ailleurs en étant perpétuels, ils seront en état d’acquérir une connaissance parfaite des affaires de leur Communauté, et se rendront capables par une longue expérience de satisfaire à tous leurs devoirs et aux obligations qui sont attachées à leur ministère; et d’autant que dans les principales Villes de nôtre Royaume, le grand et l’importance des affaires qui y surviennent fort souvent, demandent le secours et l’application de plusieurs personnes d’expérience et zélées pour le bien public, Nous avons cru qu’en donnant aux communautés un Chef ou premier Officier éclairé, Nous devions en même temps créer en titre d’Office un certain nombre de conseillers et assesseurs, tirés d’entre les plus notables Bourgeois, qui se rendant plus capables que les autres, de remplir les Charges….(morceau de page manquante).

Cette première partie justificative m’a paru suffisamment importante pour être retranscrite intégralement. Le roi y explique pourquoi il crée de nouvelles charges. La deuxième partie est le résumé des droits et devoirs du nouveau maire. Il parle de leurs nouveaux privilèges dont le titre de noblesse.

« Ils convoqueront les assemblées générales et particulières esdits Hostel de Ville, ou il s’agira de l’utilité publique, du bien de notre service et des affaires de la communauté.

Ils recevront les serments des échevins, des capitouls, jurats, consuls et autres pareils officiers, après qu’ils auront été élus, dans les Assemblées tenues es Hôtels et Maisons des villes, auxquels présideront les dits maires, sans que l’on puisse à l’avenir, faire ailleurs les dites élections. ….

Ils présideront à l’examen des comptes.

Les greffiers ne pourront expédier aucun ordre qu’il ne soit signé des maires.

L’ouverture des lettres et ordres ne sera faite qu’en présence des maires.

Ils allumeront les feux de joie et porteront la robe rouge.

Ils jouiront du titre et privilège de noblesse dans les Villes où il a été par nous rétabli et confirmé…

Ils seront exempts de tutelle,  curatelle, de la taille personnelle dans nos Villes taillables , de guet et garde dans toutes nos Villes, du service du ban et arrière ban, du logement des gens de guerre, et autre charges et contributions…

Faisons défense de plus élire et nommer à l’avenir aucun maire.

Défense à nos officiers d’en prendre à l’avenir la qualité de maire, d’en faire aucune fonction dans les hôtels de ville et autres lieux (3000 livres d’amende).

Suppression des anciens maires leur titre et qualité.

Attribution des gages et des paiements sur les simples quittances des maires.

Créations d’assesseurs héréditaires.

Il s’ensuit les fonctions et privilèges des assesseurs.

Le roi a donc créé dans la plupart des villes un office de maire et des offices d’assesseurs en remplacement des syndics choisis par les habitants, pour les raisons citées dans l’Edit d’août 1692 mais aussi pour une raison moins avouable, les caisses de l’Etat étaient vides. La création de nouvelles charges payantes va donc les aider à les renflouer .

Quentin Metsys, les collecteurs d’impôts.

Le Maire ou maïeur faisait parti de l’échevinage comme les échevins. Il y avait également un procureur syndic un greffier et un argentier. l’échevinage gérait et administrait les affaires de la ville; il y exerçait la haute moyenne et basse justice; ils se réunissaient trois fois par semaine (Bultel, notice d’Artois)

Au vu de l’importance de la fonction je suis surprise de ne pas avoir noté plus de maires en fonction à cette période dans les archives.

Jean Adrien Larsé décèdera le 4 mars 1700 à Pernes à l’âge de 50 ans. Son fils , Jean Baptiste fut maire également à Arras où il est cité en 1717.

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Migration militaire au 18ème et acte de mariage.(2)

Jacques Le Tellier fait parti de ces ancêtres voyageurs. C’est un ancêtre du Pas-de-Calais, qui vécut du côté de Frévent, au nord d’Amiens, à 40 km d’Arras, comme ses descendants entre Frévent, Neuville-au-Cornet. Son acte de mariage ne présentait ni surprise ni difficulté. En 1758, il est veuf et vit à Frévent.

L’an 1758 le 9 du mois de janvier après avoir publié par deux dimanche et une fête savoir le 27 novembre, le 25 décembre 1757 et le 6 de cette présente année à la messe paroissiale entre jacques le Theillier de la paroisse de St hilaire de Frévent veuf de marie anne Courcol d’une  part et marie françoise Frevacque âgée de 38 ans environ, fille d’albert et de madeleine Finet de cette paroisse d’autre part, ayant reçu la lettre du sr Cornu curé de St Hilaire en date du 7 janvier 1758, ayant reçu leur mutuel consentement de mariage et leur ay donné la bénédiction nuptiale selon les cérémonies de l’église présents et consentants leurs parents et amis, à savoir nicolas lefebvre, marié de la paroisse de Frévent, antoine Rulence marié de cette paroisse,, louis Petit jeune homme à marier de la paroisse de la Comté jean baptiste Caron arpenteur de la province d’Artois, tous témoins qui ont attestés ce qui dessus sur le domicile l’âge et la qualité des parties , qui ont signés avec l’époux et l’épouse.

AD 62, 5 MIR 348/1 Foufflin-Ricametz, 1737.1832

Rien dans cet acte ne nous renseigne sur l’origine de Jacques le Tellier, ou plus exactement le curé et les témoins attestent qu’il est de la paroisse de st Hilaire de Frevent(62).  Il arrive que les bans ne soient pas publiés à l’extérieur. Quand il s’agit d’époux jeunes et célibataires, une dispense du diocèse est nécessaire et souvent notée, mais quand il s’agit d’un veuf ou veuve ou encore d’un célibataire âgé ou habitant depuis longtemps dans la paroisse on ne pourra que rechercher l’acte de mariage précédent ou l’acte de décès. C’est le cas de Jacques Le Tellier.

G Courbet.

Il est indiqué qu’il est veuf et c’est donc l’acte de mariage précédent que je recherche. Le 21 janvier 1749, eut lieu un premier mariage entre Jacques le Thellier, et Marie Anne Courcol.

Jacques THELIER, âgé d’environ 40 ans, maréchal des logis
dans le régiment d’Egmont demeurant depuis 3 mois en cette
paroisse, fils d’Antoine demeurant en la paroisse Humbepaire proche
de la ville de Baccarat en Lorraine diocèse de Toul et de défunte Marie Thérèse ( nom illisible
dans le pli du registre).
Marie Anne Bayencourt dite Courcol, fille de Jean Georges et
Marie Anne Devillers….

Il est originaire de Lorraine, de la région de Baccarat et réside en tant que militaire dans la paroisse de Frévent (62) . Il a les autorisations de ses supérieurs pour se marier, il a 40 ans et est maréchal des logis dans le régiment d’Egmont.

Il signe alors jacque le tellier. Il est à 500 km de son lieu d’origine, et va faire souche dans le Pas de Calais, puisqu’il décédera en 1768 à Frevent. La recherche de son ascendance est difficile. les registres de Baccarat avant 1765 ne sont pas en ligne, mais il a bien existé bien une famille Tellier ou le tellier du coté de Baccarat. Un Nicolas Le Tellier était maitre chirurgien à Humbepaire avant 1732, époux de Jeanne Le Mare, il eut au moins une fille Anne vers 1685. Un autre Letellier prénommé Claude est né vers 1671 à Baccarat et était maître chapelier. Mais rien sur la naissance de Jacques Le Tellier vers 1712, ni sur son père Antoine ou sur sa mère Marie Thérèse Oger. Jacques eut deux frères François et Claude, et une sœur Barbe, nés à Lunéville(54) ou à Neufmaisons (54) en Meurthe et Moselle dont je n’ai pas trouvé la descendance.

De son premier mariage, Jacques Le Tellier eut 5 enfants dont un seul a une descendance connue (généanet). Jacques LETELLIER fils, né en aout 1752 à Frevent eut lui-même 9 enfants. Plusieurs lignées sont issues de son union avec Charlotte Langrenne dans le Nord ou dans la Somme et ont gardées l’orthographe de LETELLIER.

De son mariage avec Françoise Frevaque il eut 4 enfants:

Le premier fils, Henri joseph né en 1758, épousa en premières noces en 1794 Marie Angélique Beugnet il eut alors 3 enfants. Veuf en 1805, Henri épousa Emilie Cousin et eut 4 enfants. Des 7 enfants seuls les mariage de Henri Joseph et de Pierre Joseph sont connus. La branche de Henri Joseph s’installa à Pressy les Pernes à partir de son mariage avec Augustine Henriette Josèphe Picque en 1836, il est mon ascendant. La branche de Pierre Joseph, blatier à Marest, s’installa à Pressy vers 1844. Cette descendance a gardé l’orthographe LETHELLIER.

Le second fils, Antoine né en 1760 il épousa Marie Rose Theret avec qui il eut un garçon puis Marie Angélique Carette en 1806 avec qui il eut 6 garçons. Au recensement de 1836 à Neuville au Cornet, 5 garçons sont encore présents auprès d’Antoine qui a alors 75 ans. Pierre 26 ans est soldat, 1er chasseur à Dieval, Eugène 24 ans charpentier, François 21 ans couvreur de paille, Antoine 17 ans quincaillier, Frédéric 15 ans. Leurs descendance m’est inconnue.

Le troisième fils, Louis Joseph né en 1761, s’est marié en 1794 à Marie Thérèse Fournet, sa descendance m’est inconnue.

Marie Rose Joseph née en 1764 épousa Jean Baptiste Rulence et eut 4 enfants.

l’an 1768 le 5 de décembre les 5 heures du soir est décédé muni des sacrements de l’église Jacques Theillier veuf de marie anne de baillencourt dit courcol âgé d’environ 53 ans marié en seconde noces à marie françoise frevacque …
Frevent 5 MIR 361/2 1666-an I

signature Jacques Le Tellier 1749 AD 62

 

Le motif de sa migration est clairement militaire. A noter que l’orthographe de son nom a changé au fil du temps, Tellier, le Tellier, le Theillier, puis maintenant Lethellier ou Letellier.

 

Louis Thellier, meurtrier par amour?….Le drame de Saint Branchs.

C’est par la gazette des tribunaux du 12.12.1872, que j’apprends la triste histoire de Louis Thellier.

Le 19 juillet 1872, louis Thellier, 25 ans fils d’un agriculteur de Pressy, né le 1er novembre 1848, jeune homme blond aux légères moustaches,  fut retrouvé quasiment mourant sur le pont du Cher près de Tours. Hébergé par une brave femme, sa santé s’améliora rapidement mais délire ou confession, sa logeuse rapporta de terribles propos à la justice.

Louis avait empoisonné M. Gilham, officier de santé, avec de la strychnine, de concert avec l’épouse de ce dernier, qui lui avait fait la promesse formelle de l’épouser.

Louis venait d’apprendre que celle-ci était courtisée et demandée en mariage par un voyageur de commerce. Il était donc parti  à la recherche de Mme Ghilham à Ligueuil, Ste Maure, St Branchs sans la trouver (elle était au couvent de la Pommeraie, près de Chollet) et échoua sur le pont du Cher fou de douleur, exténué de fatigue, dans un état pitoyable.

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Daumie,r les avocats à la cour d’assises.

L’histoire du drame de Saint Branchs.

Louis avait rencontré Mr Gilham à l’occasion de la guerre de 1870. Échappé de Sedan, malade, il fut conduit à l’ambulance du Grand Séminaire, où il rencontra Mr Gilham, officier de santé depuis 1868.  Guéri grâce aux soins de ce Gilham, Thellier obtint un congés de réforme et resta dans la maison du médecin qui l’admettait à sa table.

Mais Mr Gilham était alcoolique, battait sa femme qui rêvait de « s’en débarrasser. »

A partir de mai 1871, la femme Gilham remettait pour cela à Thellier de la strychnine qu’il versait dans le café du sieur Gilham. « séduit par la promesse formelle de mariage que lui faisait la femme Gilham », sa maitresse. Thellier avoue qu’il a plusieurs fois de la même manière administré de la strychnine au sieur Gilham suivant les indications de Mme Gilham. La dernière dose de poison lui a été versée à son déjeuner du 18 juillet 1871, le jour même de sa mort. »

Thellier resta quelques temps chez la veuve, et partagea sa chambre comme le confirment des témoins. Mais elle refusait de tenir sa promesse de l’épouser, Thellier menaça alors de la dénoncer, ce qu’il fit. La police n’accorda aucune importance à la dénonciation….

Désespéré d’être éconduit, exténué de fatigue, bourrelé de remords d’avoir donné la mort à son bienfaiteur, c’est ainsi qu’il fut ramassé un an après sur le pont, le 19 juillet 1872.

Le procès décembre 1872.

Mme Gilham mise en état d’arrestation opposa de formels démentis. « son mari n’est mort que des suites de son intempérance, il était atteint d’un delirium tremens, et si Thellier a commis ce crime c’est à son insu et sans sa participation. La conduite de Thellier ne peut s’expliquer que par la jalousie qu’il a conçue et le dépit qu’il a éprouvé de ne pouvoir l’épouser. Les faits démontrent qu’ils étaient bien amants, que la femme Gilham avait le poison à sa disposition. L’exhumation du cadavre a permis de prouver que le sieur Gilham a bien ingéré de la strychnine.

« Si l’accusation portée par Thellier contre la femme Gilham est dictée non par les remords d’un crime lâche et odieux, mais par un vif sentiment de jalousie ou de haine, par un désir de vengeance, cette accusation n’en est pas moins l’expression de la vérité, et c’est en vain que la femme Gilham cherche à contester des faits dont elle ne saurait détruire l’éclatante certitude, en conséquence, etc…. »

Le système de défense de la veuve a bien marché, puis qu’après de longs et minutieux débats le jury n’a pas jugé le crime suffisamment démontré et a rendu un verdict négatif sur toutes les questions.

En conséquence la veuve Gilham et Louis Thellier ont été remis en liberté. Louis Thellier a été déclaré innocent malgré lui.

La gazette des tribunaux

Le Rappel

Voila la triste histoire de Louis Thellier, né à Pressy. Si il n’existe pas de Louis né le 1er novembre 1848 à Pressy, il y a un François Louis Joseph Thellier né à Pressy le 1er novembre 1847, dernier fils de Louis Thellier et d’Apolline Réant. Il serait alors le petit frère de Rosa Thellier, aïeule dont j’ai déjà parlé.

Brasserie-malterie Salmon Frères.

Mes recherches sur les familles SALMON dans la bibliothèque Généanet m’ont entraînée dans l’histoire brassicole. Les soeurs Salmon de Pressy étaient cultivatrices, mais à Pernes, donc tout près, vivaient les frères Salmon, brasseurs. Intriguée j’ai cherché s’il existait un lien de parenté…cousins?

Petit résumé de l’histoire de la bière;

Si les terres du Nord n’étaient pas propices à la culture des vignes, le blé l’orge et le houblon nécessaires à la fabrication de la bière y poussaient bien et les eaux souterraines étaient abondantes. Il fut même un temps où la bière était une affaire de femmes. Ce sont elles qui fabriquaient le pain, cuisinaient les céréales et dans le même espace fabriquaient la bière dans les mêmes fours que le pain avant de la garder et de la laisser mûrir en cave.

Dans des civilisations encore plus anciennes, la bière ou pain liquide était même un symbole de fertilité et de fécondité. Elle était alors une boisson nourrissante très peu alcoolisée que l’on pouvait aromatiser et même conseiller aux nourrices. Les femmes ont continuer de brasser dans le milieu domestique, mais le brassage s’est organisé en corporations et est devenu un métier d’hommes.

La révolution industrielle a entraîné celle de la bière.  Refroidisseur, de moût, identification des levures, invention de la machine à vapeur, pasteurisation, machine frigorifique….ont permis d’obtenir une bière propre, limpide, de qualité reproductible et transportable grâce aux chemins de fer. Les brasseurs se sont alors regroupés et industrialisés après la fin de la seconde guerre mondiale On est passé  de 4000 brasseries fin du 19e à une quarantaine en 1970. Celle des frères Salmon n’a pas échappé à la règle.

La brasserie des frères Salmon aurait été fondée en 1848 (source orale) et située rue des Cours à Pernes. Elle a fonctionné jusqu’en 1960 (source Mérimée) puis a été convertie en dépôt de boissons. La brasserie est maintenant détruite sauf la malterie convertie elle en logements collectifs.

salmon biere pernes

En 1927 l’usine produisait du malt et 10 000 hectolitres de bière en fermentation haute conditionnée en bouteilles.

En 1940, l’usine employait 12 personnes et possédait 60 cafés dans les environs.

En 1946, l’usine produisait 15 000 hectolitres de bière, et produisait une limonade « la pernette ».

 

Mais qui étaient les frères Salmon?

Une recherche dans les Archives du Pas-de-Calais, (eh oui, on revient toujours aux fondamentaux) me fait découvrir  au moins trois familles Salmon à Pernes; une lignée de menuisier, une lignée de maréchal-ferrant, et une de brasseur. Pour rester dans mon sujet, j’ai suivi la lignée des brasseurs.

Salmon Auguste François Joseph env 1745-1813, maître brasseur à Pernes.

Salmon Casimir Albert Joseph, 1782-1858, brasseur et maire de Pernes.

Salmon Auguste Casimir, 1816-1848, brasseur.

Salmon Auguste Casimir, 1844 et Salmon Casimir Alphonse 1848-1864

Salmon Alfred Clément Jules 1876-1936.

Les éléments trouvés ne doivent pas être complets. Si l’usine a été fondée en 1848, il n’y  a que l’aïeul Casimir Albert Joseph. Mais quand celui-ci meurt en 1858, son fils Auguste Casimir est décédé il y a 10 ans et ses petits-fils ont 10 et 14 ans….Et après?

Ce qui est incontestable c’est qu’ils sont brasseurs de père en fils à Pernes (62).

Une personnalité connue? 

Alfred Clément Jules SALMON.

salmon albert

Alfred Salmon, source Gallica

Né le 20 mai 1876 à Pernes, il fut agriculteur, brasseur et maire de Pernes. Marié à Paris le 19 décembre 1935 avec Joséphine Éléonore Jeanne Laurent, il mourut le 8 août 1936.

Des ancêtres communs?

Salmon Jean Louis 1734-1814 ménager à Marest
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Salmon Charles Louis 1764-1838 cultivateur à Marest (62)
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Salmon Jean-Baptiste Stanislas Joseph 1800-1852
                    |
Salmon Clément Auguste Joseph 1831-1889
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Salmon Elise 1869-1912 et Salmon Marine 1879-1957
 
Salmon Auguste François Joseph env 1745-1813, maître brasseur à Pernes.
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Salmon Casimir Albert Joseph, 1782-1858, brasseur et maire de Pernes.
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Salmon Auguste Casimir, 1816-1848, brasseur.
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Salmon Auguste Casimir, 1844 et Salmon Casimir Alphonse 1848-1864
                    |
Salmon Alfred Clément Jules 1876-1936.
 Je n’ai pas trouvé d’ancêtre commun entre les sœurs Salmon (ici) et leur contemporain Alfred Salmon, même en remontant jusqu’ à la révolution, mais ils habitaient tout près les uns des autres et se connaissaient surement mais n’étaient pas cousins.

Sources;

base mérimée

Le Figaro madame

wikipedia

 

 

 

 

 

 

 

 

Henri Salmon, mort pour la France en 1918.

La France comme l’Allemagne a perdu beaucoup de ses « enfants » pendant cette terrible guerre de tranchées. Certains, très jeunes,  partirent avant d’être mariés, d’avoir des enfants et donc de faire parti d’une généalogie. C’est le cas d’Henri SALMON, né le 17 avril 1896 à Pressy.

Il est le fils d’Elie Philémon Salmon né en 1857 et de Louise Pique, le neuvième de leurs douze enfants, avec son jumeau Léandre. Comme son père avant la guerre, il exerçait la profession de houilleur dans la compagnie des mines de la Clarence. Fils d’Elie, Il était le petit fils de Lucie BOYAVAL, sœur de mon aïeule Cécile et Henry Salmon, frère de mon aïeul Clément.

Henry Salmon était un garçon au visage rond, aux yeux gris et aux cheveux châtains. Il mesurait 1,64 m.  Né en 1896, il fut incorporé le 8 avril 1915 et nommé clairon le 20 mai 1916 dans le 9ème bataillon des chasseurs à pied.

Le 9e bataillon s’est illustré pendant cette guerre;
1914, l’offensive de la Belgique, la bataille de la Marne, l’Argonne
1915, la Champagne, la Woëvre, les Hauts de Meuse, les Eparges, la Champagne (septembre)
1916, le bois des Chevaliers, la bataille de Verdun, le bois des Loges, la bataille de la Somme.
1917, la bataille de l’Aisne, le secteur de Cormiey, le secteur de la cote 304, devant saint Mihiel, le secteur d’Avocourt.
1918, le secteur d’Avocourt, le secteur de Louvemont, la bataille de l’Aisne, la bataille de la Marne et l’offensive victorieuse de la Marne à la  Vesle, le secteur de Mesnil les Hurlus, la bataille de Champagne, le secteur de Luneville.
vallotton paysage de ruines et feux

vallotton paysage de ruines et feux

Les derniers jours d’Henri Salmon dans le 9e bataillon.

Au 15 juillet 1918, le bataillon fut déplacé à Margny, puis Le Breuil endroit menacé par les Allemands qui voulaient franchir la Marne.

Le 18 juillet, une nouvelle retentissante était confirmée; l’armée française passait à l’offensive.

Combats de Evry et Courthiezy.

« Le 20 juillet à 6 heures, après un bombardement court et violent, nos éléments se portaient à l’attaque, suivis de tout le bataillon. On franchissait des fossés, on escaladait des hauteurs, on entrait dans les bois: plus d’ennemis. des cadavres d’Allemands, des mitrailleuses, des fusils abandonnés attestaient seulement que l’ennemi venait de quitter la position. »

Combat de la forêt de Ris.

Le mouvement en avant se poursuit. Le 25 juillet, le bataillon lançait ses éléments avancés , atteignait son premier objectif à 11 h, l’Herolle.

Le 26 juillet, le bataillon poursuit son objectif, la lisière nord de la forêt de Ris.

Le 27 juillet il était à la hauteur de Champvoisy.

Combat du Bois Meunière.

Le 29 juillet, les éléments d’attaque du bataillon sont fauchés par les mitrailleuses allemandes invisibles, éparses dans un bois touffu.

Le 30 juillet l’attaque est reprise par toute la division. Une demi-compagnie du bataillon parvenait « au prix d’un courage et d’une habileté manœuvrière digne d’éloges », à prendre pied à la lisière sud du bois Meunière. Elle s’emparait d’une mitrailleuse et de ses servants. A 11 heures contre-attaque mais le demi-compagnie du 9e maintient sa position.

Le 31 juillet, le bataillon poursuit sa marche et atteignait la route de Goussancourt-Coulonges.

Le 1er août le bataillon livrait à plusieurs reprises de violents combats.

C’est là que pour Henry Salmon, les mitrailleuses se sont tues, emporté vraisemblablement par les bombardements d’ obus toxiques et explosifs, fauché par la mort à 22 ans, trois mois avant l’armistice.

Vallotton_Verdun

Valloton Félix, Verdun.

Henry Salmon fait parti des onze hommes inscrits sur le monument aux morts de Pressy, inauguré en 1920, avec pour épitaphe;

Aux enfants de Pressy
morts pour la patrie 1914-1918.

Et ses frères, me direz vous. Il en avait sept avec son jumeau Léandre. Jean Baptiste, marié en 1908,  Luc, Marcel, Rémy, Clément , Aristide, Henry et Léandre. Ils étaient houilleurs au recensement de 1911. Des feuilles sont manquantes dans les registres de matricules. Mais ses frères sont rentrés au pays.

Sources;

AD 62 registre matricule bureau Bethune;

Reprise du fort de Douamont, 1916

gallica

 

 

 

 

 

 

Une branche maternelle Pas-de-Calaisienne.

Le Pas-de-Calais et encore plus précisément un petit village  dont les habitants sont nommés les percialquois, voila mon sujet. Un petit village, où la population va de 146 âmes en 1793 à 292 en 2013, qui a pour nom Pressy -les-Pernes, arrondissement Arras.

Village de l’Artois,  il est bordé par des communes comme Sachin, Bours, Pernes, Marest, Tangry, Sains-les-Pernes. Je n’ai eu aucun mal à y retrouver mes ancêtres, environ 90% de cette branche maternelle vécu à Pressy ou dans les environs immédiats.

2006 PRESSY 01

 

D’après le dictionnaire Historique et Archéologique du Pas-de-Calais (1880), Pressy était anciennement  dans le canton de Heuchin (supprimé en 2014) maintenant Canton de Saint-Pol-sur-Ternoise  .

On  trouve dans ce canton des collines souvent couronnés de bois, des plateaux et de nombreux cours d’eau dont le plus important est la Ternoise. En général la terre y est fertile, même si on y trouvait autrefois « dans certaines communes un bief rouge ou noir difficile à labourer que le marnage et la culture ont amélioré ».
En 1810, 3,800 hectares étaient ensemencés en blé, 548 en seigle, 37 en orge, 331 en scourgeon, 68 en pamelle, 1,975 en avoine, 32 en œillettes, 95 en lin, 2 en tabac, 148 en légumes, 1,589 en prairies artificielles, et 4,594 restaient en jachères.
D’après l’auteur, ces chiffres étaient déjà bien différents en 1880.
Des fabriques de sucre à Pernes et à Anvain ont favorisé la culture de la betterave par contre les filatures de laine de lin à Bours, les métiers à faire la toile à Heuchin, les deux poteries et la tannerie de Pernes avaient déjà disparus en 1880.
Le canton autrefois traversé par des voies romaines allant d’Arras et Amiens à Thérouanne et Septemvium (carrefour de sept voies romaines) est sillonné par un important réseau routier et le chemin de fer depuis 1874.
Le village de Pressy est situé dans un petit vallon sillonné par un cours d’eau qui va rejoindre la Clarence à Pernes après un parcours de 2 km. Il comptait 13 feux et 64 personnes en 1768. Un hameau nommé « le Faux »qui faisait parti autrefois de Noyelles dépend maintenant de Pressy.
 Son origine;
En 1152, Pressy dépendait déjà de la châtellenie de Pernes.
La commune a pris le nom définitif de Pressy-les-Pernes  en 1720. Mais le dictionnaire topographique écrit par le conte de Loisne en 1907 précise qu’elle est connue depuis le XIe siècle.
Son nom viendrait de Priscius, nom d’homme
(extrait du Dictionnaire topographique du département du Pas-de-Calais, par le comte de Loisne, 1907) :
-XIe siècle : PERCETUM
-1145 : PRECI (charte de Saint-Bertin)
-XIIIe siècle : PERCHI (charte d’Artois)
-1400 : PRECHI (archives nationales)
-1429 : PRECHY
-1415 : PRECY-lez-PERNES (cartulaire des chartreuses de Gisnay)
-vers 1512 : PERSY (Tassart, pouillé)
-1542 : PRESY (épigraphie, Saint-Omer)
-1720 : PRESSY-les-PERNES
Le nom serai même connu avant l’an 696. Bérenger, l’un des assassins de deux missionnaires SS Lugle et Luglien serait de Pressy.  Selon la légende, le pays était alors couvert de bois, dépeuplé, sans communication. le brigandage y régnait alors en maître. (Mémorial Historique et Archéologique du Pas-de-Calais.)
Son église Saint Martin;
 Sur le plan religieux, Pressy était dans le doyenné d’Auchy-au-Bois, son église s’appelle Saint Martin et fut toujours « secours » (dépendante) de la paroisse de  Sachin .
Elle tient son nom de la légende du pas Saint Martin; celle ci raconte qu’ en passant trop près de l’église, le cheval de St Martin y laissa l’empreinte de son sabot sur un bloc de grès. Depuis les voyageurs fatigués, se sentent reposés en y posant le pied.
L’église primitive de 1569 était bâtie sur ½ mesure. En 1725, la toiture avait disparue sur la moitié de l’édifice et la communauté paroissiale manquait de moyens pour faire des travaux. Elle fut vendue nationalement avec son clocher, le 10 prairial an 7 à un habitant de la commune. D’après une note de M. le Chanoine Parenty, l’ancienne église de Pressy ’’ paraissait avoir eu  autrefois la forme d’une croix, dont les bras auraient été démolis car on voyait encore les arcades ogivales’’
2006 PRESSY église

Eglise St Martin de Pressy, photo 2006.

Elle fut rebâtie en 1863 dans un style ogivale très simple ( en pierres et en briques pour le chœur ).
Aux dernières nouvelles, Pressy rejoindra en 2017 la communauté de commune les Vertes collines du Saint Polois (la voix du Nord).
Le registre catholique remonte à décembre 1723 et faire ma généalogie revient quasiment à faire un relevé de la commune depuis la famille Boutilliez et le décès de Simon à Pressy, en 1727,  ancêtre commun aux familles Mellier et Lethellier.
Sources;
Mémorial Historique et Archéologique du Pas-de-Calais.
extrait du Dictionnaire topographique du département du Pas-de-Calais, par le comte de Loisne, 1907

Se remotiver……

Passer trois mois sur une branche de ma généalogie a été très confortable comme un vêtement douillet que l’on enfile tous les matins. Mais, (il y a un « mais »), quand on décide de passer à autre chose, même si le sujet est tout trouvé, le démarrage est difficile. Il faut recommencer, vérifier, chercher de nouvelles idées, consulter d’autres Archives, lire des publications, ou encore changer de région…

J’en étais à ce stade quand j’ai cherché comment me remotiver et ne pas reculer devant l’obstacle, un peu perdue devant l’ampleur de la tâche. Ma solution n’a pas la prétention d’être LA solution, mais celle-ci était  évidente pour moi. Les semaines ou les mois à venir seront consacrés à ma généalogie du coté maternel et donc à l’ascendance LETHELLIER et MELLIER du Pas-de-Calais.

paul Klee, l'harmonie de la flore nordique(1927)

Paul Klee, l’harmonie de la flore nordique(1927)

Pratiquement, je suis depuis le début et toujours Hérédis (2015),  je commence alors par éditer l’ascendance d’un ancêtre maternel. Dans « choisir un arbre », ascendance, puis arbre mono-page, j’ai une préférence pour le modèle Arysis, 5 générations. Ensuite, armée de stylos fluorescents,  je passe en vert les mariages enregistrés et en rouge les recherches à faire ainsi que les modifications d’affichage des villages, bref les anomalies. Ce qui donne un document bigarré mais parlant. Beaucoup de rouge veut dire beaucoup de recherches, ce qui est le cas au delà de la génération 8. C’est l’occasion de vérifier les sources, les incohérences. En général ce document suffit à me motiver pour aller consulter les Archives en l’occurrence celles du Pas-de-Calais.

lethellier arbre ascendance

Lethellier arbre ascendance Hérédis.

Et si cela ne fonctionne pas? J’ai un joker. Je recherche les dictionnaires historiques et archéologiques de la région du Pas-de-Calais, ou les inventaires, ou encore un livre. Pour cette branche, ce sera « Les paysans français d’Ancien Régime » Emmanuel Le Roy Ladurie.

Ma curiosité n’est toujours pas piquée?……….. j’abandonne, je repasserai plus tard.