Ligne de vie et ascendance INGRAND.

L’idée d’utiliser la ligne de vie d’un ancêtre m’avait séduite, jusqu’à ce que je constate que l’assistant de recherche fourni par le logiciel hérédis me suffisait. Elle me donnait la chronologie d’un individu avec les différentes étapes de sa vie, tout en permettant de visualiser l’état des recherche. J’utilise donc cette ligne de vie autrement;  comme  outil de comparaison entre deux individus ou encore deux couples. L’idée s’impose en face de l’ascendance de Madeleine Ingrand (Sosa 151, génération 8) née on ne sait où et décédée à Vouillé le 18 décembre 1817.

Mariage au Desert, Gravure de Samuel Bastide, http://www.museeprotestant.org/0000002343l/

Madeleine Ingrand épouse Jean Ingrand le 12 octobre 1778. Le mariage est célébré par le pasteur Gobinaud et inscrit sur les registres d’une commune indéterminée. L’époux, Jean est le fils de Jean Ingrand et Marie Marché demeurant au bourg de Fressines (79) et l’épouse Madeleine est la fille de Jean Ingrand et Marie Suire demeurant à Montaillon paroisse de Mougon (79).

Une recherche rapide sur geneanet donne une seule réponse en plusieurs exemplaires sur le premier couple Ingrand-Marché, mais plusieurs réponses différentes sur le deuxième Ingrand-Suire.

Un couple Ingrand-Suire vit à St Martin de St Maixent, s’est marié en 1710, eut au moins 11 enfants, voire 16. Ils sont donnés comme les parents probables de Madeleine Ingrand. Des détails me titillent, il y a des incohérences. C’est ce qui m’a décidé à faire une ligne de vie ou plutôt deux de ce couple Ingrand-Suire. L’estimation de l’âge la deuxième Marie Suire est calculé par rapport à la naissance des enfants.

Jean Ingrand
Marie Suire
Jean Ingrand
Sosa 302
Marie Suire
Sosa 303
naissance
avant 1690
24.3.1689
St Martin St Maixent
?
?
estimation vers 1720
mariage
9.9.1710 St Martin de St Maixent           avec
………
?
enfants
Françoise 8.9.1711 Saivres
Marie       6.10.1713 St Martin St Maixent
Michel      28.8.1715 St Martin St Maixent
Louise      9.10.1717 St Martin St Maixent
Jean        5.6.1721   St Martin St Maixent
Madeleine 5.8.1722  St Martin St Maixent
Pierre      23.11.1723 St Martin St Maixent
René       10.12.1724 St Martin ST Maixent
Jeanne    1726
Jeanne    29.5.1727 St Martin St Maixent
Marguerite 1729      St Martin St Maixent
Madeleine vers 1744 ?
Sosa 151
Daniel vers 1747 ?
Marie 1.1.1751 Ste Blandine
Pierre 3.4.1753 Ste Blandine
Jeanne 6.4.1757 Ste Blandine
mariage des enfants
Marie 27.7.1734         St Martin  St Maixent
Louise 26.9.1742        St Martin St Maixent
Françoise 28.7.1746   St Martin St Maixent
Jean    11.7.1747       Saivres
René   23.10.1759     St Maxire
Madeleine 12.7.1762 St Martin St Maixent
Marguerite 27.9.1762 St Martin St Maixent
Madeleine 11.10.1778 C.indéterminée
Daniel 15.1.1787 C. indéterminée
Marie 27.10.1781 St Romans les Melle
Pierre 9.6.1789 C.indéterminée
décès
avant juillet 1762
avant sept 1762
avant 1778 ?
?

Mis en tableau, il est évident que se sont des couples homonymes, et si le premier est bien connu, il reste beaucoup à rechercher sur le deuxième.

Le Jean Ingrand de St Maixent serait lui meunier, fils d’Abel, meunier,décédé à St Martin de St Maixent et de Louise Gascon . Marie Suire, sa femme née le 24 mars 1699 à St Martin de St Maixent, de Pierre Suire boulanger et de Marie Dubois. Elle avait 22 ans à la naissance de son premier enfant et 39 ans à la naissance du dernier en 1729 et ne peut donc pas avoir eu d’enfant de 1744 à 1757. Si l’aînée naquit à Saivres, les autres sont nés à St Martin. Ils eurent 4 fils et 7 filles. L’aîné des garçons est né en 1715, le deuxième Jean né en 1721 fut boulanger, le troisième Pierre est né en 1723, René le quatrième né en 1724, farinier. Parmi les filles, Marie épouse Jacques Mochon meunier, en 1734 et Louise épouse Jean Mochon meunier en 1742. L’ascendance et la descendance sont donc clairement dans la meunerie entre St Martin de St Maixent et Saivres

Le Jean Ingrand de Ste Blandine (Sosa 302, génération 9) serait maréchal, de même que ses fils Daniel à Ste Blandine et Pierre à Verrines sous Celles. Son mariage avec Marie SUIRE est introuvable et devrait se situer vers 1744, leurs ascendances inconnues, leurs décès sont également introuvables, ce qui peut s’expliquer par leur religion protestante.

Jean Ingrand et Madeleine INGRAND eurent une fille unique, Marie Madeleine née en 1780, ce qui est prouvé par la déclaration des non catholiques faite par Jean Ingrand à Sainte Blandine le 29 décembre 1788, déclaration de mariage et de naissance faite le même jour.

La seule solution pour le couple Ingrand-Suire consisterait à rechercher aux Archives Départementales le contrat de mariage établit en 1778 par le notaire Boisseau à Melle, ou encore rechercher un testament ….

Piet Mondrian, Boogie-Woogie, 1942, Museum of Modern Art New York.

 

La ligne de vie comparée a au moins permis de déterminer qu’il s’agit bien de deux couples homonymes.

 

Comment Marie Madeleine INGRAND me fait-elle tourner en rond?

Depuis bientôt trois mois j’arpente les archives des Deux-Sèvres à la poursuite de l’ascendance Moreau. Cette recherche est maintenant orientée vers Marie GIRARD, la mère de Pierre MOREAU, instituteur, direction Sosa 37, génération 6, née en l’an XIII à Aiffres (79) et décédée à La Crèche en 1866. Cette ascendance est pour le moins compliquée, une famille INGRAND y apparaît des deux cotés, sans que je puisse les rapprocher et tout cela dans le périmètre étroit de Beaussais, Thorigné, Sainte Blandine et Fressines, aux environs de Celles-sur-Belle (79).

 

Carte Cassini, Thorigné, Sta Blandine 79

L’aventure commence avec les parents de Marie Girard et un acte de mariage, celui de Jean Girard avec de Marie Madeleine INGRAND le 27 fructidor an 10 (14.9.1802) à Thorigné (79).

Jean GIRARD né le 21 du mois de mai 1780 est le fils de François Girard et de Michelle Vincent domicilié à Thorigné département des Deux-Sèvres
Marie Madeleine INGRAND née le 22 septembre 1780 domiciliée à Tauché commune de Sainte Blandine département susdit.
AD 79 Thorigné naissances, mariages décès: 1793-an X (vue 225)

La grand-mère de l’époux Jean Girard a pour nom Elisabeth Ingrand.

Du coté de l’épouse, Marie Madeleine Ingrand, même après plusieurs relectures, je n’ai pas vu mention de ses parents. Étaient ils décédés? simplement consentants non présents? il ne reste que la date de naissance et la piste des témoins:

Daniel Girard âgé de 24 ans frère de l’époux domicilié à Thorigné, François Girard âgé de30 ans frère de l’époux domicilié à Thorigné, Daniel Ingrand oncle de l’épouse, âgé de 50 ans domicilié à Ste Blandine, François Vinatier 29 ans beau frère domicilié à Thorigné département susdit.
AD 79 Thorigné naissances, mariages décès: 1793-an X (vue 225)

La date de naissance le 22 septembre 1780 est la première piste, mais ne donne rien ni à Sainte Blandine ni aux alentours. Il reste les registres protestants. C’est dans les registres de la commune indéterminée, BMS 1775-1791 tout en bas de la page, un peu rogné par le temps que je trouve ce qui pourrait être son acte de baptême.

Je soussigné certifie que le 24 de septembre 1780 j’ai batisé Marie Madeleine fille légitime de Jean Ingrand et de Marie Madeleine Ingrand demeurant à Saumon paroisse de Ste Blandine né le 22 de l’an susdit, présentée au baptême par Pierre et Marie Ingrand. Les témoins sont Pierre et Jacques ….
Pasteur Gobinaud
Commune indéterminée, BMS protestants, 1775-1791 (vue 69)
 J’admet donc cette hypothèse, la date concorde, le lieu aussi.Jean Ingrand et Madeleine Ingrand sont manifestement protestants, je recherche donc leur mariage dans le même registre jusqu’en 1778:
je soussigné certifie et atteste que le 12 octobre 1778 j’ai béni après la publication des promesses et bans sans opposition le mariage de Jean Ingrand, fils de Jean Ingrand et de Marie Marché demeurant au bourg et paroisse de Fressines d’une part avec Madeleine Ingrand fille de Jean et Marie Suire demeurant à Montaillon paroisse de Mougon d’autres part. Les témoins sont Jean Bonnet Jacques Pairaud, Jean et Pierre Ingrand qui ont promis de signer le registre de l’église
pasteur Gobinaud
AD 79 commune indéterminée-BMS protestants:1775-1791 (vue 39)
 Les INGRAND apparaissent ici deux fois. Les parents sont bien identifiés. Le premier couple est bien « connu » sur geneanet.
1. Ascendance du marié.
Jean Ingrand né à Beaussais en 1698, épouse à 35 ans Marie Marché née en 1709 à Sainte Blandine. Jean Ingrand est apparemment leur seul fils né en 1735 à Ste Blandine. Jacques Ingrand, son frère et Elie Sabourin son beau-frère époux de Marie Ingrand sont les témoins du mariage.
Si on remonte encore cette branche Ingrand, Jean Ingrand né en 1698 serait le fils de Abel ou Elie Ingrand, bottier, né vers 1654, mari d’Elisabeth Gadeau qu’il a épousé en 1686 à Beaussais.
2. Ascendance de la mariée.
Madeleine Ingrand fille de Jean et Marie Suire, l’ascendance parait simple puisqu’il y a un couple qui a vécu à St Martin de St Maixent et eut plus de 16 enfants, mais c’est tout simplement impossible comme je vous l’expliquerai dans le prochain épisode Ingrand.
Et si j’ajoute qu’il y a une Elisabeth Ingrand (parents inconnus), née vers 1700, épouse d’un maréchal Charles Girard arrière grand-mère de Marie Girard (voir au début), vous comprendrez mon désarroi et pourquoi je tourne en rond depuis trois mois….malgré une base de données de nommés INGRAND qui s’allonge….s’allonge…..
Soit j’efface tout et je passe à autre chose, j’en suis incapable, soit je continue….
Cela vous arrive-t-il de rester bloqué sur une recherche sans avancer, ni reculer? Comment en sortez vous?

Kandinski, Olympe.

 

 

 

Journée des femmes et Olympe de GOUGES.

Le 8 mars a été déclarée  la journée officielle des femmes  et tous les ans s’organise une manifestation à travers le monde. Cette journée internationale des femmes trouve son origine dans le combat des ouvrières et suffragettes du début du XXème siècle pour obtenir de meilleures conditions de travail et le droit de vote.

Histoire de cette journée.

L’idée émergea d’une journaliste allemande à la conférence internationale des femmes socialistes en 1910.

mars 1911 un million  de femmes manifestent en Europe.

8 mars 1913 des femmes russes organisent des rassemblements clandestins.

8 mars 1914 des femmes réclament le droit de vote en Allemagne.

8 mars 1915 à Oslo, des femmes défendent leurs droits et réclament la paix.

8 mars 1921 Lénine décrète le 8 mars journée des femmes.

8 mars 1946 la journée est célébrée dans les pays de l’Est.

8 mars 1977, les Nations Unies officialisent la journée internationale des femmes.

8 mars 1982, déclarée journée officielle des femmes en France.

Mais avant cela il y eut d’autres femmes pour s’élever contre les injustices . Olympe de GOUGES en fait parti.

OLYMPE de GOUGES (1748-1793).
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Olympe de Gouges portrait.

Marie GOUZE dite Olympe de GOUGES, née à Montauban le 7 mai 1748, morte guillotinée à Paris le 3 novembre 1793, était une femme de lettres françaises, devenue femme politique et considérée comme une pionnière du féminisme. Je l’ai découverte il y a des années au travers…..

La déclaration des droits de la femme et de la citoyenne
olympe-de-gouges

Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne. Olympe de Gouges 1791. d’après collage de Henri Guedon.

Rédigée en septembre 1791, elle y pris pour modèle la déclaration des droits de l’homme et des citoyens (26 août 1789), qui énumère des droits ne s’appliquant qu’aux hommes. Dans de nombreux articles elle a remplacé « l’homme » par  » la femme et l’homme ».

La déclaration est constituée d’un préambule adressé à Marie Antoinette suivi de 17 articles.

Un principe de base d’ Olympe est que l’identité des devoirs doit entraîner celle des droits, dans tous les domaines publics ou privés. elle demande que les femmes puissent avoir droit aux votes, à la propriété privée, de pouvoir prendre part à l’éducation et à l’armée, exercer des charges publiques, allant jusqu’à demander l’égalité de pouvoir dans la famille et dans l’église.

Devant l’assemblée constituante, elle réclame l’égalité des sexes.

C’était révolutionnaire, dans un temps….révolutionnaire.

Cette déclaration est sans valeur légale et fut refusée par la convention. Elle ne parut qu’en cinq exemplaires. Alors que « la déclaration de l’homme et des citoyens faisait sensation dans toute la France » et qu’une diffusion s’étendait à l’étranger, seuls quelques extraits furent publiés en 1840. C’est une autre femme de lettres française Benoîte GROULT qui en fit publier la totalité en 1986.

PRÉAMBULE

Les mères, les filles, les sœurs, représentantes de la Nation, demandent à être constituées en Assemblée nationale. Considérant que l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de la femme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernements, ont résolu d’exposer, dans une déclaration solennelle, les droits naturels, inaltérables et sacrés de la femme, afin que cette déclaration constamment présente à tous les membres du corps social leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs, afin que les actes du pouvoir des femmes et ceux du pouvoir des hommes, pouvant être à chaque instant comparés avec le but de toute institution politique en soient plus respectés, afin que les réclamations des citoyennes, fondées désormais sur des principes simples et incontestables, tournent toujours au maintien de la Constitution, des bonnes mœurs et au bonheur de tous. En conséquence, le sexe supérieur en beauté comme en courage dans les souffrances maternelles reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l’Être suprême, les droits suivants de la femme et de la citoyenne :

Article 1 La femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune.

Article 2 Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de la femme et de l’homme. Ces droits sont : la liberté, la prospérité, la sûreté et surtout la résistance à l’oppression.

Article 3 Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation, qui n’est que la réunion de la femme et de l’homme ; nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément.

Article 4 La liberté et la justice consistent à rendre tout ce qui appartient à autrui ; ainsi l’exercice des droits naturels de la femme n’a de bornes que la tyrannie perpétuelle que l’homme lui oppose ; ces bornes doivent être réformées par les lois de la nature et de la raison.

Article 5 Les lois de la nature et de la raison défendent toutes actions nuisibles à la société ; tout ce qui n’est pas défendu par ces lois sages et divines ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu’elles n’ordonnent pas.

Article 6 La loi doit être l’expression de la volonté générale : toutes les citoyennes et citoyens doivent concourir personnellement ou par leurs représentants à sa formation ; elle doit être la même pour tous ; toutes les citoyennes et citoyens étant égaux à ses yeux doivent être également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leurs capacités, et sans autres distinctions que celles de leurs vertus et de leurs talents.

Article 7 Nulle femme n’est exceptée ; elle est accusée, arrêtée, et détenue dans les cas déterminés par la loi : les femmes obéissent comme les hommes à cette loi rigoureuse.

Article 8 La loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires, et nulle ne peut être punie qu’en vertu d’une loi établie et promulguée antérieurement au délit, et légalement appliquée aux femmes.

Article 9 Toute femme étant déclarée coupable, toute rigueur est exercée par la loi.

Article 10 Nul ne doit être inquiété pour ses opinions même fondamentales ; la femme a le droit de monter sur l’échafaud, elle doit également avoir celui de monter à la tribune, pourvu que ses manifestations ne troublent pas l’ordre public établi par la loi.

Article 11 La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de la femme, puisque cette liberté assure la légitimité des pères envers leurs enfants. Toute citoyenne peut donc dire librement : je suis mère d’un enfant qui vous appartient, sans qu’un préjugé barbare la force à dissimuler la vérité ; sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans des cas déterminés par la loi.

Article 12 La garantie des droits de la femme et de la citoyenne nécessite une utilité majeure ; cette garantie doit être instituée pour l’avantage de tous, et non pour l’utilité particulière de celles à qui elle est conférée.

Article 13 Pour l’entretien de la force publique, et pour les dépenses d’administration, les contributions des femmes et des hommes sont égales ; elle a part à toutes les corvées, à toutes les tâches pénibles, elle doit donc avoir de même part à la distribution des places, des emplois, des charges, des dignités et de l’industrie.

Article 14 Les citoyennes et citoyens ont le droit de constater par eux-mêmes ou par leurs représentants la nécessité de la contribution publique. Les citoyennes ne peuvent y adhérer que par l’admission d’un partage égal, non seulement dans la fortune, mais encore dans l’Administration publique et de déterminer la quotité, l’assiette, le recouvrement et la durée de l’impôt.

Article 15 La masse des femmes, coalisée pour la contribution à celle des hommes, a le droit de demander compte à tout agent public de son administration.

Article 16 Toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, n’a point de constitution. La constitution est nulle si la majorité des individus qui composent la Nation n’a pas coopéré à sa rédaction.

Article 17 Les propriétés sont à tous les sexes réunis ou séparés : elles sont pour chacun un droit inviolable et sacré ; nul ne peut être privé comme vrai patrimoine de la nature, si ce n’est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l’exige évidemment et sous la condition d’une juste et préalable indemnité.

« Femme, réveille-toi »

 

Une de ses citations célèbres est tristement prémonitoire;

« La femme a le droit de monter à l’échafaud, elle doit avoir également le droit de monter à la tribune. »
Olympe de Gouges.
Et c’est ainsi qu’elle finit sa vie en novembre 1793.
D’autres femmes ont pris le relais, puis l’ONU et d’autres pays. C’est une journée de manifestations au travers le monde, jour de bilan de la situation des femmes. Des groupes des associations de militantes  préparent des manifestations, pour fêter les victoires et les acquis, faire entendre leurs revendications, afin d’améliorer la situation des femmes. Le sujet ne date pas d’aujourd’hui et n’a pas fini de faire débat.
Montaigne disait déjà;
Les femmes n’ont pas tort du tout quand elles refusent les règles de vie qui sont introduites au monde, d’autant que ce sont les hommes qui les ont faites sans elles.
Montaigne, Essais, III, 5
Pensez à moi et souvenez-vous de l’action que j’ai menée en faveur des femmes ! Je suis certaine que nous triompherons un jour.
 Olympes de GOUGES.
Sources;

 

Le Drame de Grand Ry, 22 février 1688

C’est un triste anniversaire qui toucha profondément la communauté protestante en 1688. Depuis début février de la même année, malgré l’interdiction de religion et de rassemblement, des protestants avaient fait le choix de se retrouver « dans un logis de campagne nommé Grand-Ry qui était fort éloigné des papistes, Ce logis appartenait à des gentilshommes de la Religion, qui avaient tout abandonné pour se retirer dans les pays de liberté. Il y avait là un fermier nommé ROUSSEAU, aussi de la Religion. On prit donc la résolution de s’assembler dans la cour de ce logis, qui était close tout alentour de hautes murailles. »  Des bruits avaient courus, les dragons allaient venir, les dragons allaient intervenir, mais rien n’y fit, la tentation de se retrouver pour prier, la frustration des dernières années depuis la révocation, la volonté de montrer que la communauté protestante était bien vivante….jusqu’à ce jour funeste.

Depuis la Révocation de l’Edit de Nantes en 1685, les temples étaient démolis, les pasteurs traqués ou même mis à mort, les assemblées interdites et depuis l’ordonnance royale du 12 juillet 1688, les organisateurs de telles manifestations étaient soit mis à mort (prédicants et pasteurs),soit envoyés aux galères pour les hommes, en prison pour les femmes.

Dans les régions où les protestants sont nombreux, la résistance est publique. D’abord ils s’abstiennent massivement d’aller à la messe lorsque les dragons s’éloignent. Surtout, ils convoquent des assemblées secrètes dans des lieux écartés, le plus souvent de nuit, pour le « prêche » et éventuellement la cène. Contrairement aux premières assemblées, il n’y a plus de pasteurs pour les présider puisqu’ils ont dû ou fuir ou abjurer. Ce sont donc des laïcs qui convoquent et conduisent les assemblées : les prédicants.
Musée virtuel du Protestantisme.

Le choix pour ces assemblées avait alors été de les faire dans la campagne dans des endroits choisis pour se défendre.

desert-protestant

Le Désert : assemblée de protestants à Lecques près de Nîmes © S.H.P.F.

Le Grand Ry est situé dans la commune d’Aigonnay, au nord du canton de Celles-sur-Belle, en Moyen Poitou, entre Thorigné et Prailles. Dès 1572, il y eut un pasteur du nom de Novel, dont l’activité fut à l’origine d’une forte implantation protestante dans le pays mellois.

desert-mariage

Mariage au Désert, gravure de Samuel Bastide © Musée du Désert

En ce jour de février, il dut y avoir un grand remue-ménage dans le pays. On dit que l’assemblée était formée de 7 à 800 peut être même 1800 protestants. Leur arrivée n’a pas du passer inaperçue. Elle n’est pas passée inaperçue non plus des papistes ni des dragons. On peut même y voir une forme de provocation. Plusieurs assemblées étaient prévues ce même jour autour de Saint Maixent. L’intendant Foucault, présent ce jour là pris la tête de ses troupes. Ils encerclèrent et fondirent sur l’assemblée la plus proche, celle du Grand Ry, un pré entouré d’un ruisseau et d’une haie, gardée par 10 hommes armés, qui tirèrent sur un lieutenant et 10 dragons envoyés en reconnaissance. Les dragons tirèrent alors sur les protestants, « comme sur une nuée de pigeons ».

desert-surprise

L’assemblée est surprise, gravure de Samuel Bastide © Musée du Désert

D’après plusieurs témoignages il y eut 6 morts sur le champ, de noms inconnus.

Selon des témoignages, 200 personnes furent arrêtées, mises sous bonne garde dans une grange pour la nuit jusqu’au matin, où curés et seigneurs vinrent pour demander la libération de certaines de leurs ouailles. l’intendant Foucault envoya son rapport circonstancié à Louvois le lendemain 23 février. Il en fut hautement félicité car le roi précisait «qu’on ordonne aux dragons de tuer la plus grande partie des coreligionnaires qu’ils pourraient joindre sans épargner les femmes».

Le lendemain lundi 23 février 1688, il y eut un semblant de jugement. Trois hommes périrent sur l’échafaud à Saint Maixent.

Thomas Marché, maréchal-ferrant de Thorigné, lecteur et prédicant, fut pendu le 23 février 1688.

Jacques Guérin, de Sainte Blandine lecteur et prédicant, fut pendu à Saint Maixent le 23 février 1688.

Pierre Rousseau, le fermier de Granry qui avait mis ses terres à disposition de l’assemblée,pendu également.

L’intendant Foucault fait état dans ses mémoires de 6 autres pendus, 31 envoyés aux galères perpétuelles et deux femmes condamnées au fouet. Parmi les 31, 29 hommes ont été identifiés. Ils avaient entre 20 et 61 ans, ils étaient laboureurs, journaliers, maréchal, charpentier ou encore valet de meunier.

Enchaînés, ils partirent le 7 mars pour Poitiers,  transférés à Tours ils firent une quarantaine de jours de marche pour atteindre Marseille le 7 juin. Un certain André Moreau de 24 ans est décédé, un Abraham Nocquet d’Aigonnay décédera après 3 ans de galères. Trois hommes ont fait 25 ans de galères, cinq autres furent déportés en Amérique, plutôt les Antilles.

desert-grand-ry

Plaque commémorant l’assemblée du Désert au Grand-Ry (Deux-Sèvres) surprise par les dragons en 1688. © Musée du Poitou protestant

En 1951, une plaque commémorant ce site du souvenir porte l’inscription;

EN CE LIEU

SPÉCIALEMENT DE 1688 A 1706

SE RÉUNIRENT

DES ASSEMBLÉES DU DÉSERT

L’UNE D’ELLES FUT SURPRISE

LE 22 FÉVRIER 1688

IL Y EUT 200 PRISONNIERS

31 CONDAMNES AUX GALÈRES

ET 15 MARTYRS

EN SOUVENIR DE CEUX QUI

NOUS ONT PERMIS DE PRIER

DIEU EN PAIX AUJOURD’HUI

LA SOCIÉTÉ DE L’HISTOIRE

DU PROTESTANTISME FRANÇAIS 1951.

L’affaire fit grand bruit, de Marseille jusqu’à Versailles. Louis XIV fut il l’instrument aveugle de ces barbaries? Les jésuites de Poitiers écrivait au père Lachaise qu’on « réduisait par des voies douces et efficaces les nouveaux convertis à leurs devoirs ». Celui ci répondait que le roi prenait un singulier plaisir à l’entendre…..

BIBLIOGRAPHIE:

Elisabeth et Guy Vidal.

Le Musée du Désert.

le Musée virtuel du Protestantisme.

«Mémoires de N.J.Foucault, intendant du Poitou» dans « Documents inédits sur l’Histoire de France » Paris 1862 p.219 –

Maurice Pezet: «L’épopée des camisards» Seghers 1987 p.233 –

«Journal de Jean Mignault, maitre d’école 1681»

Beauchet-Filleau. Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou. Poitiers : Oudin, 1891.

 

Quand Pierre Moreau épouse sa nièce en 1806 …

Ce pourrait être un article insolite (généathème) si ce n’était pas aussi courant à cette époque là, enfin presque.

C’est l’histoire de Pierre Moreau, bordier à Exireuil, né au lieu dit les Noues (Nouhes) le 2 février 1750. Il était exirois, habitant d’une paroisse très près de Saint Maixent (79), dans une campagne principalement agricole. Il a 38 ans quand il épouse une jeune veuve sans enfants de 44 ans, Jeanne Goyon (ou Goy selon les époques et les orthographes) .

Jeanne Goyon était veuve de Pierre Martin, avait eu cinq enfants tous décédés en bas âge, avant le décès de leur père en 1782, à Fontournable d’Exireuil.

van-gogh-les-mangeurs-de-pomme-de-terre

Vincent Van Gogh, les mangeurs de pommes de terre, 1885 Musée van Gogh, Amsterdam (Pays-Bas)

Jeanne GOYON et Pierre MOREAU se marient le 21 octobre 1788, peu avant la révolution. Ce sera un mariage sans enfant. Jeanne décède le 26 février 1806, à 61 ans, le décès est déclaré par sa sœur, Marie GOYON.

Marie et Jeanne Goyon sont les deux filles d’André journalier à Exireuil et de Jeanne Nicolas. Marie épousa Jean Borrit en 1778. Elle fut la mère d’ au moins deux enfants, Pierre et Marie-Jeanne Borrit.

C’est cette Marie-Jeanne  BORRIT née en 1779 que Pierre Moreau épouse le 18 novembre 1806. Il a alors 56 ans, elle en a  27 ans, 29 ans d’écart. Elle est sa nièce par alliance.

C’est un mariage qui durera 22 ans, jusqu’au décès de Pierre Moreau le 8 janvier 1839 à l’âge respectable de 88 ans. Ils eurent deux enfants.

1.Pierre MOREAU né le 10 août 1807, à Exireuil, sera bordier à  Fontournable Exireuil, comme son père, épousera Madeleine MONNET à Exireuil en 1845 et aura deux enfants. Il décédera à Nanteuil en 1886 chez son gendre Pierre Barbier.

2. Louis MOREAU le cadet, naîtra le 14 septembre 1810 à Fontournable. Son père a alors 60 ans, sa mère 31 ans. Son enfance, son éducation sont inconnues sinon qu’il fut protestant, élevé à Fontournable  d’Exireuil. Il partit faire son service militaire à 20 ans en 1831, repris du service en 1838, en remplacement d’un autre. Il fut nommé voltigeur en 1841, et libéré en décembre 1843. Sa carrière fut une carrière militaire. C’est de son livret militaire dont il fut question il y a deux ans.

Louis Moreau revint au pays, épousa Marie GIRARD en 1843. Ils s’installèrent à la Crèche comme domestiques.

Un fils unique Pierre Moreau naquit le 23.2.1845 à Breloux, devint instituteur et en 1874 père de Nelly.

Le recensement de 1881 à Celles sur Belle (79) nous donne une image de cette famille. Dans l’école de Celles rue de la Mairie vivent alors Pierre MOREAU, 38 ans chef de famille, Marie PROUST son épouse 32 ans, Nelly MOREAU 8 ans fille, Louis MOREAU 72 ans, le père du chef.

Nelly connut bien son grand-père, mais son arrière était décédé depuis longtemps (35 ans avant sa naissance)  et rien ne dit qu’elle eut connaissance de cette histoire. Mais c’est elle qui conserva le livret militaire de son grand-père Louis Moreau, un signe de respect.

 

 

Le Grand Hiver 1709 en Poitou.

Quand une vague de froid submerge la France, on en vient toujours à raconter les hivers anciens, en particulier ceux de 1985 ou encore celui plus ancien de 1956. C’est d’un autre hiver dont je viens vous parler; celui de 1709. Il fut nommé le Grand Hiver par Réaumur et Lavoisier.

Il est rare que dans les Archives BMS, les curés d’antan viennent nous parler du temps qu’il fait. Je l’avais déjà noté à Pamproux mais voici le récit du curé de St Rémy (79).

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Archives départementales des Deux-Sèvres, Saint Rémy, 1700.1709 vue 59.

Le sixième jour de janvier de la même année 1709, commença un froid si violent et continue l’espace de trois semaines que un homme vivant n’en a ressenti de semblable les oiseaux périrent presque tous comme les pinsons, les alouettes perdrix corbeaux et aussi menus oiseaux. Les bleds furent tous gelés de sorte qu’il n’y eut pas la semence de froment orge et seigle ce qu’il y eut pour vivre c’est que ce printemps on fit une si grande quantité de baillarge et notamment sur les …qu’il y en eut assez pour faire vivre tout le monde, les vignes gelèrent aussi, tous les noyers exceptés quelques petits furent perdus et furent une grande perte pour les paysans car il y en avait une grande quantité dans ce bourg dont les paysans faisaient de l’huile pour leur entretien.  Il y en avait six gros dans le cimetière qui périrent aussi, comme ci aussi le froment se vendit cette année là jusqu’à trois cents cinquante livres.

fait à Saint Rémy le 10 décembre 1709.

Curé à St Rémy.

C’est le deuxième témoignage que je rencontre dans la lecture des Archives et exclusivement en début d’année 1709. Je ne pense pas que les curés de ces paroisses se soient concertés, ni qu’il y ait eu une volonté de transmettre une information météo, mais plutôt un problème qui fut si important et si grave pour la communauté et aussi pour le curé qu’ils se sont sentis obligés de le noter.

Si on rapproche les deux textes, je trouve étonnant qu’il s’accordent sans concertation sur le premier jour de grand froid; le sixième jour fête des rois. Le curé de Pamproux nous parle de la météo très précisément, le grand froid commença après une matinée pluvieuse, vers deux ou trois heures de l’après midi. Il commença alors à neiger, et la neige resta sur la terre du 8 janvier jusqu’au milieu de mars 1709. A St Rémy, le grand froid ne dura que trois semaines.

Les oiseaux périrent, les vignes, les noyers (Pamproux et St Rémy), les châtaigniers (Pamproux) gelèrent, et tous les deux s’accordent pour parler de l’envolée du prix des blés et autres céréales.

Seul le curé de St Rémy a une note plus optimiste, la quantité de baillarge semée au printemps a permis de nourrir tout le monde.

Un mort de froid a été recensé à Pamproux le 13 janvier, à St Rémy?

monet claude la pie 1868 1869

Claude Monet. La pie 1868.1869

Ce tableau est un de mes préférés, je n’hésite pas à le remettre en avant. Il aurait peut-être évoqué une menace de disette pour l’été suivant, ou le risque de périr de froid pour nos ancêtres. Signe des temps, il me parle plus de silence, de neige qui craque sous les pas et de la pie qui nous invite à une promenade ou à une méditation.

Avez vous rencontré des récits au fil de vos lectures sur cet hiver 1709?

 

Organisation généalogique pour l’année 2017.

Je bloque, je bloque, je bloque.

Alors quand Sophie Boudarel nous propose un  Geneathèmes sur « réveillez votre généalogie », c’est moi que je dois réveiller. L’inspiration ne manque pas, mais c’est « l’organisation de mon année généalogique » qui est mise à mal dès le mois de janvier. Imaginez; comme l’année dernière je pensais rester sur une branche de mes ancêtres dans le Poitou et orienter mes recherches sur l’ascendance de Nelly en commençant par la famille MOREAU. Forte de ces résolutions, le 2 janvier,je reprend ma fiche de travail ascendance Moreau, établis les actes manquants, les paroisses concernées, les alentours…..et rien.

Exploration sur geneanet; toujours rien.

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Alors, je visite des sites de généablogueurs à la recherche d’idées, je relève celle de timeline ou ligne de vie chez Sophie Boudarel, et Benoit Petit. Je m’émerveille des résultats de chacun pour 2016, comme ceux d’Evelyne de « ciel, mes aïeux » , relis les articles  de « Feuilles d’ardoise » qui met toujours la barre très haut, suis la promenade en barque de Sylvie  de « l’arbre de nos ancêtres »sur la Sèvres et les moulins et je finis par sourire avec le blog de « lulu la sorcière« . Je me suis perdue en route.

Tout cela n’est pas si grave.

Reprenons. Nelly Moreau est la fille de Pierre MOREAU et de Marie Suzanne PROUST. Pierre MOREAU est né à la Crèche en 1845 de Louis Moreau et Marie Girard, domestiques. Une des difficultés est que le nom est courant. Une autre vient du fait que ce sont des familles avec un ou deux enfants et qu’ils sont protestants.

Je vais donc faire une ligne de vie pour les ascendants MOREAU et leurs conjoints, en me fixant un objectif à un mois. Sans aucun résultat mi février, j’abandonnerai cette recherche jusqu’à ce que l’inspiration arrive.

Mon deuxième objectif est de scanner et recenser les photos anciennes que je possède et leur trouver un stockage et une sauvegarde adaptés.

Mon troisième est de travailler sur la sauvegarde de cette généalogie en général. J’en suis projeter cette opération sur deux disques durs externes avec le deuxième externalisé.

Mes objectifs sont peu nombreux mais ambitieux. Rendez-vous en fin d’année. En attendant j’y retourne, parce que;

Parler ne fait pas cuire le riz.

Proverbe chinois.