Une généalogie peut-elle être finie?

Ou même, peut-on dire d’une branche qu’elle est terminée? Il y a une quinzaine de jours, je vous aurais dit que je ne pensais pas pouvoir aller plus loin sur la branche bordelaise Roberdeau, Briet. Le démenti a été  quasi immédiat, quand je me trouvais en face d’un document,

« Le dictionnaire des familles protestantes de Bordeaux au XVII siècle. »
                                    de Paul Louis Coÿne.

Dans un document de 680 pages, il répertorie 951 familles protestantes en s’appuyant sur les documents manuscrits des Archives Départementales de la Gironde, Archives municipales et les imprimés des Archives Historiques bordelaises. Un travail remarquable, documenté, avec des sources claires, précisant même la place d’une famille dans l’échelle sociale par « l’indication de l’agencement stipulé par le contrat de mariage ». C’est selon lui,  » un indice plus fiable que la dot, qui peut exclure ou non les « espérances » de succession. Dans la coutume de Bordeaux, l’agencement minimum est de quinze livres ; (il n’en a) pas trouvé de supérieur à 6 000 livres. Un agencement dissymétrique, où la veuve reçoit plus que le veuf, est en général la marque d’une grande différence d’âge entre les futurs époux. »

J’y ai trouvé des précisions sur les famille Cassaignol, De Lescale, moins sur la famille Briet, mais manifestement, P.L Coÿne s’est intéressé à la famille Roberdeau. Je me sens obligée de clarifier certains points, d’en préciser d’autres, et d’en corriger quelques uns.

Cette famille, dont le nom parfois orthographié Robardeau ou Roubardeau, est de consonance saintongeaise, était déjà implantée à Bordeaux en 1519. Elle comporte des branches catholiques,…. et des branches protestantes, souvent issues de mariages « bigarrés ».

Tous les Roberdeau rencontrés à Bordeaux au XVIIe siècle proviennent de cette même souche.

Jean Roberdeau, maître tondeur de drap à Bordeaux en 1519, propriétaire d’un moulin à Salignac, près de St-André de Cubzac (Gironde), de vignes dans la banlieue de Bordeaux, et d’une maison rue des Argentiers, mourut avant 1565. Sa veuve, Florette Sentout, vivait encore en 1565 . On leur connaît quatre enfants dont;
– Jean Roberdeau, auteur de la branche aînée.
– Etienne, auteur de la branche cadette.
Je n’avais pas perçu qu’il y avait au moins deux branches Roberdeau et plusieurs homonymes Isaac Roberdeau. Mes ancêtres sont issus de la branche aînée, celle de Jean.
  • Le premier Isaac, fils de Daniel Roberdeau et Marguerite Forthon, est bien celui dont j’ai relaté l’inventaire après décès. P.L Coÿne apporte des précisions.
Bordeaux port-bordeaux-joseph vernet deuxieme vue du port de bordeauxz

Joseph Vernet, deuxième vue du port de Bordeaux.

Isaac Roberdeau, bourgeois et marchand de Bordeaux. Il se lança dans le commerce international, l’armement et l’assurance maritimes, et réalisa une grosse fortune : alors que la succession de son père, en 1643, n’atteignait pas 10 000 livres, la sienne, en 1660, dépassait 200 000 livres. Signe et rançon de sa réussite, il dut en 1647 accepter la lourde charge de trésorier de l’hopital St-André.
Le 22 septembre 1642, il contracta mariage (sans indication de religion) avec Suzanne Cassaignol, probablement catholique, fille de feu Antoine Cassaignol, protestant, bourgeois et marchand de Bordeaux, et de feue Marie de Lescale  ; agencement 800 livres.
 
Isaac Roberdeau fit le 20 octobre 1660 un testament R.P.R., laissant à sa femme l’usufruit de ses biens et la tutelle de ses enfants, et mourut le 20 novembre 1660. Dès le 23 décembre 1660, Suzanne Cassaignol fit porter au consistoire, suivant les dernières volontés de son mari, 500 livres : 250 pour les pauvres, 250 pour l’entretien des pasteurs.
Suzanne Cassaignol continua les affaires commerciales et financières de son mari, mais avec moins de bonheur ; en 1669, ayant subi de lourdes pertes, elle abandonna et son activité, et l’usufruit de biens menacés de saisie . Elle mourut le 16 février 1688 et fut inhumée au cimetière de St-Michel.
Isaac Roberdeau avait laissé quatre enfants, dont mon ancêtre Madeleine. et un fils Isaac qui épousa Marguerite de Théon, eut 6 enfants et mourut le 16 janvier 1679.
  • Un autre Isaac Roberdeau, né vers 1633, bourgeois et maître fourbisseur eut avec Marie Pommeau sa femme un fils Antoine, baptisé à la cathédrale Saint André de Bordeaux  « et dont la postérité catholique tint une place remarquable parmi les orfèvres et graveurs du XVIIIe siècle bordelais. Isaac Roberdeau mourut le 14 06 1690 et fut inhumé dans l’église St-Projet. »
Cet autre Isaac serait celui évoqué comme maître fourbisseur et est issu de la branche cadette, celle d’Etienne Roberdeau. Ils sont donc parents mais pas père et fils.
 P.L Coyne site une étude généalogique de l’ensemble de la famille qu’il a déposé au Centre Généalogique du sud-Ouest et aux A. M. Bx. Je ne dirai donc plus que cette branche est terminée…ni aucune autre.
Source;
Le dictionnaire des familles protestantes de Bordeaux au XVIIe siècle; P.L.  Coÿne.
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