Un cousinage inatendu.

L’idée de trouver un lien généalogique entre mon grand-père et ma grand-mère paternels pour la branche poitevine a toujours été dans mon esprit. Au jour d’aujourd’hui je n’ai pas l’ombre d’une piste. Je ne désespère pas. Par contre je n’avais pas imaginé cela en ce qui concerne l’ascendance de mon conjoint et la mienne ;   cousins!…. J’ai été la première surprise.

Cette ascendance nous mène à Vouillé (79), à côté de Niort et nous parle de Jean Moreau et Marie Belot(Billot).

Les parents de Marie Belot sont de Vouillé. Jean Belot et Marie Doray sont protestants et se sont mariés à Mougon le 15 mars 1648 (non filiatif). Ils sont nos ancêtres communs. Deux de leurs enfants sont connus; Michel né vers 1648 et Marie née vers 1667, notre aïeule.

Pieter Brueghel l’Ancien, danse de mariage paysan,1566.Detroit Institute of Arts

Marie Belot épousa Jean Moreau avant 1677. Ils eurent au moins 9 enfants, nés à Vouillé entre 1678 et 1696. Le jeune couple ainsi que leurs deux aînés Anne née à Mougon en 1678 et jean né à Vouillé en 1680 firent parti des nouveaux convertis en 1681. La famille a abjuré la RPR le 10 aout 1681.

Pierre Fougrain âgé de 30 ans et Suzanne Billot sa femme 23 ans, Jean Moreau âgé de 28 ans et Marie Billot sa femme âgée de 24 ans ayant Anne 4 ans et Jean 1 ans. AD79 Vouillé BMS 1MI EC 239 R 669 vue 40/189

Anne l’ainée de la fratrie, née en 1678 est l’aïeule de mon conjoint. Elle passa son enfance à Vouillé, puis épousa le 7 novembre 1695 à Vouillé Jacques Sauquet.

Ce septième de novembre 1695, ont été épousé en face de l’église jacques sauquet à anne moreau en présence de gilles sauquet, oncle louis sauquet frère andré esmerit cousin germain pierre belot cousin germain jean belot cousin germain gilles michelet qui ont déclarés ne savoir signer. Baussay curé de Vouillé. AD 79 Vouillé BMS 1676.1698 vue 158

Après Anne et Jean, il y eu Marie en avril 1683, une autre Marie en mars 1685, Madeleine en juillet 1686, Pierre en octobre 1689, Jeanne en 1693, Marie en juillet 1696 et André né vers 1688.

Les enfants Moreau se marièrent à Vouillé, près de Niort. Après Anne Moreau et Jacques en 1695;

André Moreau se maria à Jeanne Brisset en octobre 1711.

Pierre (1689) et Jeanne (1693) Moreau épousèrent le même jour, 19 novembre 1714 l’un Françoise Esmerit, l’autre Pierre Esmerit. André Moreau et Jacques Sauquet étaient témoins. Le troisième couple Jacques Hipau et Suzanne Thibault fait également parti de mes ancêtres. Suzanne et Françoise Esmerit étaient cousines.

Le 19 novembre 1714 ont été épousé en face de l’église, pierre moreau et françoise esmerit, pierre esmerit et jeanne moreau, jacques hipau et Suzanne Thibault, en présence d’ andré moreau, jacques sauquet, pierre Michelet, jean mousset, antoine hipau jean hipau jean esmerit  michel bellot qui ont déclarés ne savoir signer sauf les soussignés jean mousset et P moreaux. AD 79 Vouillé; BMS 1711-1735 vue 29.

Marie Moreau (1696) épousa Pierre Brisset en octobre 1718.

Pierre Moreau et Françoise Esmerit sont mes ascendants.

La descendance d’Anne Moreau;

Anne Moreau x (1695 Vouillé) Jacques Sauquet

Jacques Sauquet X (1746 Niort) Marie Damour

jacques Simon Sauquet X Chiron Marie

Jean Sauquet X (1808) Durand Elisabeth

Pierre Sauquet X (1838 Usseau) Madeleine Ristord

Olive Sauquet X (1863 Priaires) Louis Eugène Guitteau

Anais Guitteau X (1886 Usseau) Adolphe Manifier

Berthe Manifier X (1906 Beauvoir sur Niort) Pierre Charron

Jean Charron 1907 le grand-père de mon mari

La descendance de Pierre Moreau;

Pierre Moreau X (1714 Vouillé) Françoise Esmerit

André Moreau x (1744 Vouillé) Jacquette Hipeaux

Pierre François Moreau X (1774 Vouillé) Louise Legeron

Henriette Moreau X (1806 Ste Néomaye) Jacques Moindron

Marie Jeanne Moindron X (1835 Ste Néomaye) Pierre Bergeron

Marie Louise Bergeron X (1871 La Crèche) André Dairé

Eugène Dairé X (1907Paris) Blanche Vacher

Madeleine Dairé  (1907.2008) ma grand-mère

Ancien cimetière de Breloux, tombe d’Eugène Dairé

Jean Moreau et Marie Moreau sont le Sosa 3522 et 3523 de mon époux alors que pour moi ils sont les Sosa 1392 et 1393. Anne Moreau et son frère Pierre avait 11 ans d’écart et Pierre avait 6 ans lors du mariage de sa sœur aînée.

Si on regarde leur lieu de mariage et plus précisément leurs lieux de résidence on constate qu’ils se sont éloignés l’un de l’autre. La famille Sauquet est rapidement partie de Vouillé pour Niort jusqu’au mariage de Jean Sauquet maréchal avec Elisabeth Durand à Usseau(79). Ils sont resté ensuite dans ce secteur.

La famille Moreau quant à elle est restée trois générations sur Vouillé avant d’aller à Ste Néomaye puis rapidement à La crèche où est enterré Eugène Dairé.

Il est vraisemblable que Anne et Pierre se soit peu connus compte de leur écart d’âge et de leur éloignement géographique. Néanmoins c’est par leur intermédiaire que moi et mon époux sommes cousins à la 11 ème génération…Le plus drôle, c’est que je n’ai trouvé aucun lien avec Nelly Moreau, ancêtre du Poitou. C’est un vrai tour généalogique. Certes le nom de Moreau est très répandu dans la région, mais c’est une autre histoire.

Migrations de nos ancêtres et actes de mariage. (1)

Nos ancêtres se déplaçaient, mais la notion de voyage comme on la conçoit aujourd’hui n’existait pas. Nous avons une autre compréhension de ce phénomène qui a changé depuis 1946, date des congés payés.

Quand nos ancêtres se déplaçaient, ils le faisaient pour une bonne raison. Ils parcouraient relativement facilement une dizaine de kilomètres pour se marier ou encore pour changer de travail, d’habitation, ce que l’on peut appeler micro-mobilité mais je veux parler d’une autre sorte de voyage, celle où ils parcouraient une centaine de kilomètres voire plus, pour ne plus revenir, le voyage sans retour celui où ils ont radicalement changé de milieu et de genre de vie.

Bonjour Monsieur Courbet, Gustave Courbet(1854). Musée Fabre.

Les actes de mariage ont le plus grand intérêt pour l’étude de ces migrations. Ces actes se rencontrent dans toutes les paroisses où la tenue des registres est obligatoire depuis 1736. Le curé doit en effet signaler la publication des bans dans les paroisses d’origine des époux, cela concerne toutes les couches sociales, qu’ils soient bourgeois, artisans, laboureurs ou journaliers. En règle générale il s’agit d’un renseignement sûr, qui indique si oui ou non les mariés habitent la paroisse où est célébrée l’union; Par contre il ne faut pas perdre de vue que le mariage est le plus souvent célébré dans la paroisse où est domiciliée l’épouse et que les bans étaient publiés au domicile des parents. Ces derniers pouvaient changer de paroisse entre la naissance et le mariage de leurs enfants.

J’ai ainsi découvert au moins quatre ancêtres.

1. Guillaume COURTINES (Sosa 272 ascendance Bacond-Courtines) se marie à Tonneins dans le Lot et Garonne le 23 mai 1744;

le 23 mai 1744 après avoir proclamé les 3 bans du mariage contracté entre
Guillaume COURTINES coutelier natif de MILLAU en ROUERGUE habitant de cette paroisse et
Jeanne BARAILLAC fille de feu Gédéon et d’Anne DUPON de lyle de cette paroisse
sans opposition ni empêchement civil ni canonique je soussigné les ai conjoints en légitime mariage par paroles le présent ayant précédemment fiancé à l’église en présence Pierre Larmet, Claude Corret, charles dupuy, jean laroque,qui n’ont signé pour ne savoir pour ce enquis
delorman archiprêtre (AD Tonneins 47)

Il était coutelier, natif de Millau en Rouergue, et l’âge de son décès 57 ans en 1781, donne une date de naissance approximative en 1724. Cette branche reste encore à explorer, le mariage n’étant pas filiatif. Mes recherches, geneanet et autres n’ont pas donné de résultats évidents.

2. François Bacond (Sosa 280, génération 9) épouse Marie Gadail le 25 août 1739 à Clairac.

le 25 août 1739, après les fiançailles à l’église, la proclamation des bans du mariage contracté entre François BACON garçon chapelier fils légitime de pierre BACON et de Françoise CHARPEAUTIER de la paroisse de TANCE diocèse de PUY en Velay d’une part et Marie GADAIL fille de pierre et d’Anne Mauri de la paroisse de Clairac d’autre sans empêchement ni opposition vu le certificat du sieur Fauri curé de la dite paroisse du Tance en date du 24 juin 1739 avec son consentement au dit mariage la dite marie ayant ayant promis et juré mettant la main sur le saint évangile qu’elle voulait vivre et mourir dans la religion catholique apostolique et romaine confessant à cet effet toutes les vérités que la même église nous enseigne de croire et renonçant à toutes les … de Luther et Calvin je soussigné curé dudit Clairac après avoir pris leur mutuel consentement leur ay solennellement imparti la bénédiction nuptiale dans l’église dudit Clairac suivant la forme et cérémonies ordinaires prescrite par l’église en présence de Louis Perache compagnon chapelier, de Pierre Chaudruc maître de bateau, de pierre Baussens compagnon charpentier, de jean Dulon aubergiste, de Jean Lassale et de sr Jacques Arboussé de la présente paroisse lesquels Lassale et Arboussé ont signé non les contractants non plus que les autres témoins pour ne savoir de ce enquis.

AD 47 Clairac,

Marie était protestante. En 1739, la conversion est exigée par le curé pour qu’il prononce la bénédiction nuptiale. Celle-ci fut surement prononcée du bout des lèvres par Marie Gadail car ses descendants furent tous protestants jusqu’au XXe siècle. Par contre c’est une difficulté pour retrouver les actes de naissances, les règles devenant plus « souples » entre 1745 et 1765, date où l’on voit réapparaître des registres tenus par des pasteurs protestants.

François Bacon émigra vers 1739, Guillaume Courtines vers 1744 et tous deux vers le Lot et Garonne, la région de Clairac.

3. Plus tard il y eut Gilles VACHER, né à Chinon le 11 mai 1741. Il se maria à Melle St Pierre le 29 juillet 1765 avec Jeanne LEMAURE.

aujourd’hui 29 juillet 1765 après les publications canoniques des promesses de mariage entre Gilles VACHER cloutier fils légitime de Louis Vacher cloutier et de Madeleine Bougeat demeurant en la ville de Chinon ledit Gilles Vacher en cette paroisse et Jeanne LEMAURE fille légitime de Jacques Lemaure charpentier et de Jeanne Brisson de cette paroisse n’ayant découvert aucun empêchement nous avons conjoints les dites parties en épousailles et leur avons donné la bénédiction nuptiale en présence de Jean Morelle, chargé de la procuration du père et de la mère dudit Gilles Vacher pour assister avec à leurs épousailles, de Jeanne Brisson de Jacques Lemaure père et mère de ladite Jeanne Lemaure Jacques Chatagnion et autres qui ont déclaré ne savoir signer hors les soussignés .
MELLE B,M,S/ 1741-1792 (vue 172)

 

Les deux premiers émigrent à la même période, dans des villes  proches, historiquement protestantes; hasard, où volonté? Clairac, Tonneins étaient-elles des villes connues pour un artisanat particulier? la coutellerie peut-être puisqu’il existait une rue des couteliers à Clairac?

Guillaume Courtines, aura un fils Jean Baptiste, coutelier un petit fils Jean, coutelier à Clairac, un arrière petit-fils Jean, coutelier rue des couteliers. La lignée des couteliers s’arrête là.

François Bacond est dit garçon chapelier en 1739 et assisté d’un maître chapelier le jour de son mariage, maître chapelier en 1744, il est fils de chapelier. Il décédera jeune, en 1751 à 40 ans en laissant des enfants de moins de 10 ans. Ces derniers ne seront pas chapeliers, mais charpentiers.

Faisaient-ils partis de corporations, étaient-ils compagnons et leur migration était elle dans le cadre de leur apprentissage? Leur destination était elle une fuite, le fruit du hasard ou une décision ferme?

Un autre temps, une autre région, ils étaient cloutiers, ou couteliers, ou encore chapeliers. Ils avaient en commun d’être des artisans qui pouvaient se déplacer avec leur simples outils, n’avaient pas de propriétés, ni terre, étaient sûrement jeunes.

Il existe une autre forme de migration, la migration militaire.

A suivre….

 

 

Milicien au tirement de 1766.

Pierre GELIN né le mercredi 10 janvier 1742 à Chauray (79) est dit milicien le jour où il épousa Marie COURANT le 23 octobre 1770 dans La paroisse de Breloux (la Crèche). Par la suite, sur les actes de baptême de ses enfants puis au moment de son second mariage, il est dit journalier. Il n’est plus question de milicien.

L’an 1770 le 23 du mois d’octobre après les trois publications requises et nécessaires faites par trois dimanche consécutifs aux prônes de nos messes paroissiales sans qu’il soit venu à notre connaissance aucun empêchement ni opposition nous prêtre soussigné avons donné la bénédiction nuptiale à Pierre GELIN fils mineur de feu Jacques GELIN journalier et de Suzanne de l’aumône le dit pierre autorisé de la dite Suzanne De l’aumône du village de Boisragon de cette paroisse et Marie COURANT fille majeur de feu  jean COURANT cardeur et de françoise GIRAULT de ce bourg de Breloux
le présent mariage célébré après que le proparlé en sa qualité de milicien de cette paroisse au tirement 1766 nous a présenté la permission de l’intendant de cette province en date du 28 septembre de cette dite année délivrée à Rennes et signée Blossac en présence et consentement de parents et amis à savoir du coté de l’époux de Suzanne de l’aumône sa mère Jacques GELIN son frère, du coté de l’épouse de Jeanne et Renée GIRAULT ses tantes Pierre BERLOIN sacristain et autres parents et amis qui ont déclarés ne savoir signer sauf les soussignés.
A signé, Pierre Delaumonne
AD 79 La Crèche, BMS 1750-1770 (vue 191)

Ma réflexion est partie de « Milicien au tirement de 1766 » . Que puis-je dire de cet ancêtre;  en 1766 il avait entre 18 et 30 ans n’était pas marié, ni soutien de famille. pas fils aîné de laboureur ni domestique n’était pas handicapé mais apte à porter une arme mesurait plus d’1.62m et avait tiré le billet noir de la milice. Comment je sais tout cela?

Définition de la milice;

Plus simplement appelée « milice provinciale », elle exista de 1688 à 1791. C’était une forme de service militaire obligatoire, dont la levée avait pour but de compléter le recrutement habituel des « armées royales » régulières, en particulier en cas de conflit. Si il n’y avait pas de volontaires, ils étaient désignés par tirage au sort.

Histoire.

En 1688, c’est le marquis de Louvois qui instaura une levée de miliciens provinciaux pour seconder l’armée royale à l’occasion de la guerre de la Ligue de Habsbourg. Les miliciens rentrèrent chez eux en 1697 après la paix de Ryswick.

Il y eut ensuite la guerre de succession d’Espagne (1701.1714).

Une ordonnance royale de 1726, rend la milice permanente avec une nouvelle définition; « avoir toujours sur pied dans l’intérieur du royaume un corps de milice qui, s’exerçant pendant la paix au maniement des armes, sans déranger les travaux qu’exige l’agriculture, ni sortir des provinces, pût être prêt à marcher sur les frontières pour en augmenter les forces dans les besoins les plus pressants de l’État. » Ainsi eurent lieu la guerre de succession de Pologne (1733.1738), guerre de succession d’Autriche (1741.1748), puis la guerre de 7 ans. A la suite de la guerre de 7 ans (1756.1763), la milice fut délaissée.

L’Ordonnance du 25 novembre 1765 précise les règles et redonne vie à la milice.

Choiseul  reconstitue l’effectif en 4 années de 1766 à 1769, par 4 tirages successifs avant que celle-ci soit de nouveau négligée, pour être à nouveau reconstituées de 1775 à 1780.

Dans la pratique;

Depuis 1691, les miliciens sont désignés par tirage au sort parmi les hommes valides de la paroisse. Mais c’est en 1765 que fut établie une liste officielle des exemptions. Elle concerne les soutiens de famille, les domestiques…

Les hommes devaient être âgés de 18 à 40 ans, être propres à manier les armes, mesurer au moins cinq pieds de haut (1.624m). Le miliciable était le plus souvent célibataire, comme on disait « garçon », veuf sans enfants, ni ecclésiastique, ni noble, ni « gens vivant noblement ». Ils étaient donc roturiers.

La durée du service fut portée en 1765 à 6 ans. Le milicien libéré ne pouvait plus être repris pour le service de la milice au delà du terme de son engagement, il recevait un certificat de congé absolu signé par le chef de corps et visé par l’intendant.

Le tirement de 1766 tient donc compte de ces exemptions. Ce jour là à La Crèche(79), il y avait dans le chapeau un billet par miliciable. Les billets étaient blancs sauf un nombre déterminé qui contenaient le terme de « milicien », le billet noir. L’ordonnance de novembre 1765 avait fixé un effectif à 74550 hommes qui ne fut rassemblé qu’au bout de 4 ans. Les levées furent de nouveau interrompues de 1770 à 1774.

L’uniforme fut définitivement réglé par l’ordonnance du 27 novembre 1765; « habit, veste et culotte de drap blanc, avec revers bleus, collets et parements bleus, boutons blancs chapeau bordé d’argent faux ».

Infanterie française, grenadiers, milice.

La dépense de l’armement fut toujours à la charge du roi ainsi que le grand équipement à partir de 1733. Le petit équipement, chapeau, veste, une paire de souliers, une paire de guêtres, deux chemises de toile, un havresac était payé par la paroisse.

Dans les dernières années du règne, Louis XV (1710-1774) voulut conserver une institution qu’il croyait nécessaire pour la défense du pays, mais ne pouvant réformer les inégalités de répartition, l’abus des exemptions, l’incapacité des officiers à organiser la milice, les angoisses de la populations, de demi-mesures en demi-mesures, il ne réforma pas, ne détruisit pas la milice, il « la laissa tomber ».

En 1771, si elle fut conservée, elle changea de nom, le milicien devient le soldat provincial. Depuis la fin de la guerre de 7 ans la milice n’était pas assemblée, Saint Germain voulut même supprimer les exercices périodiques et les régiments provinciaux arguant « que c’était une dépense sans utilité ».

Voila comment je peux dire que Pierre Gelin au moment de son mariage en 1770 était un homme célibataire, entre 18 et 30 ans, roturier, ni infirme ni à charge de famille et qu’il mesurait plus d’1.62m. Il fut milicien à partir de 1766 jusqu’à son mariage en 1770. Compte tenu de la situation de la milice et de sa nouvelle situation de famille, il dut recevoir son certificat de congé absolu deux ans avant la fin.

Pierre Gelin Sosa 166, fut l’aïeul d’Eugène Dairé.

SOURCES;

Les milices et les troupes provinciales

Histoire des milices provinciales 1688-1791: le tirage au sort sous l’ancien régime.

La milice ou les débuts du service militaire sous Louis XIV.

Pamproux (79) et mes ancêtres.

Pamproux occupe une place certaine dans la vie de mes ancêtres et ce depuis environ 1685, jusqu’en 1925. Il s’agit au moins de deux branches, sans lien généalogique avant moi mais qui se sont peut-être croisées, rencontrées? C’est ce que j’ai voulu rechercher.

Pamproux.

Commune des Deux-Sèvres, Pamproux est située entre Poitiers et Niort près de Saint Maixent-l’Ecole. L’origine du nom vient des vignes et de leur couleurs rousses; pampres roux. En 2013 la commune comptait 1690 habitants, un peu moins qu’en 1903 date a laquelle Numa Desage a repris la pharmacie de Pamproux (alors 1968 habitants).

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Pamproux, la grande rue. carte postale

Ils ont alors fréquenté le temple protestant place de la Mairie, terminé depuis juin 1840, l’école protestante des garçons pour Henri Desage construite en 1867. Mais c’est la halle qui a été le lieu fréquenté par tous à travers le temps. Construite en 1700, elle fut remise d’aplomb en 1828, et la couverture fut refaite en 1923.

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Pamproux, place de la Liberté. Carte postale.

Avant 1900, une autre famille a ses origines à Pamproux, sans aucun lien à l’époque, la famille Vacher/Maye, et leurs ascendants, Pinaudeau, Rateau.

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tableau Heredis, ascendance Vacher.

En 1776 le curé de Pamproux fait un inventaire de ces familles qui, même si celui-ci ne ressemble pas dans la forme aux recensements actuels, fourmille de renseignements. Dans ce recensement, il nomme le chef de famille, la date et la paroisse de la naissance, le conjoint et les enfants, et surtout la religion de ses paroissiens, ce qui pouvait être une motivation en ce temps là.

Le recensement de 1776.

Madeleine PEIGNON, 40 ans, veuve PINAUDEAU et ses 5 enfants dont Pierre Pinaudeau. Elle est catholique, vit dans la 66 ème maison, auprès de sa famille dans les maisons adjacentes. Ils sont huiliers.

Madeleine SENVET, née à Rouillé vers 1717, vit dans la 271 ème maison à Vielpin,. Veuve de Daniel Germain MAYE, laboureur, elle est protestante ainsi que ses six enfants. On apprend que quoique protestant trois enfants ont été baptisés à l’église de Saint Martin de Pamproux, et les deux derniers au prêche protestant en 1746 et 1750. La tolérance de la religion RPR a augmenté au fil du temps.

Jacques MAYE, 37 ans fils aîné vit dans la ferme avec sa mère, et se mariera en 1793, à 54 ans, Il épouse alors en deuxième mariage, Jeanne, la fille de Jacques Germain Rateau, née en 1757, sera le père de Jacques et grand-père de Marie, épouse Vacher.

Jacques germain RATEAU, né à Pamproux en 1718, journalier, marié à Marie PARNAUDEAU depuis janvier 1746, a cinq enfants.  Ils vivent dans la 79 ème maison et sont tous protestants.

Ces familles PINAUDEAU et PEIGNON vivaient à Pamproux avant 1700, c’est alors un autre état dressé en 1698, qui nous renseigne sur Pamproux.

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Pamproux, la Halle. Carte Postale.

ETAT DE L’ELECTION DE SAINT MAIXENT DRESSE PAR SAMUEL LEVESQUE EN 1698
 
PAMPROUX

Il y a deux paroisses à Pamprou, appellées Saint Maixent et Saint-Martin, jointes pour les tailles, dans l’étendue desquelles, outre le bourg, sont huit villages, sçavoir : Parondeau, La Pottière, La Villedé, Vieilpain, Nerbonneau, Les Fosses, La Cognonière, Le Coudré.

Les deux cures valent chacune trois cens cinquante livres, tenues, celle de Saint Maixent par le sr Fontaine, et celle de Saint-Martin par le sr Pichaud. Il y a de plus un vicaire, appellé le sr Pasquet, tenu par les Pères Jésuites de Poitiers. Il y a un prieuré qui appartient aux Jésuites de Poitiers, de trois mille livres, qui les fait seigneurs de la paroisse, avec M. l’abbé de Saint Maixent, à cause de la chambre abbatiale, aussy de revenu de trois mille livres. On fait le service de deux chapelles en une petite église près les cimetières : l’une, de soixante livres, appellée Notre-Dame de Larsaut, tenue par le sr Masson, curé de Sichy, près Paris; l’autre des Cautiers, de vingt livres, tenue par ………….. ;

Le climat est sec et on y sème de toute espèce de bled; il y a quelques vins fort petits, beaucoup de noyers, assez de fourrages. On y commerce sur les bleds et aussy sur quelques bestiaux. Le bourg de Pamprou est fort spacieux ; on y tient marché tous les lundis, où il y a minage, fort bon et qui tient sous une halle; on y vend d’ailleurs quelques petites denrées; il y a une horloge, et quatre foires qui peuvent valoir aux seigneurs avec les droits du minage, qui est un double par boisseau, cent livres.

 Il y a un pont de pierre sur une partie de la rivière de la Sèvre qui y passe, qui auroit besoin d’être raccommodé.
GE 86- Entraide généalogique dans la Vienne.

En 1685, dans le Poitou nous trouvons les registres d’abjuration. Ainsi,  les familles FRAPIN, BELIN ancêtres des PEIGNON abjurent dans l’église de St Martin de Pamproux .

Cette famille Maye et ses ascendants semble avoir vécu à Pamproux depuis avant 1685 jusqu’à environ 1866 alors que la famille Desage/Moreau y vécut de 1903 à 1925. Ils ont en commun d’avoir tous été protestants, même si certains ont abjurés mais n’ont pas pu se rencontrer, si ce n’est au cimetière…

Hector DESAGE, le père de Numa repose au cimetière  de Pamproux, route de la Mothe St Heraye depuis 1925, année où la famille a quitté Pamproux.

pamproux-le-pont

Pamproux, le Pont. Carte postale.

GE 86 Entraide généalogique dans la Vienne.

le cahier de doméances; mars 1789, 463 feux.

http://www.pamproux.fr/fr/association/1/3575/section-histoire-patrimoine

Comment Marie Bergeron impose-t-elle son mariage à ses parents en 1770.

Le mariage est un des grands thèmes de la littérature, et plus encore les amours contrariés. Les situations imaginées par Molière avec » les fourberies de Scapin » ou encore Flaubert et « Emma Bovary » existaient dans la vrai vie. Alors comment nos ancêtres pouvaient-ils imposer leur volonté en cas de refus de leurs parents?  Le voit-on dans les archives? Il semble que  Marie Bergeron ait utilisé une procédure appelée « sommations respectueuses » pour le faire.

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Peter Paul Rubens, Sous la tonnelle de chèvrefeuille,, vers 1609 (Alte Pinakothek, Munich)

Marie Bergeron est le troisième et dernier enfant de Marie Madeleine Laurent et François Bergeron, née en avril 1744. Elle a 5 ans au décès de son père François Bergeron, postillon à la Crèche et tout juste 6 ans au remariage de sa mère en avril 1750, avec René Duprat, aubergiste. Son frère aîné Pierre, appelé la Rose ou encore la Fleur (ça ne s’invente pas), épouse Jeanne Lambert en août 1763.

Marie a 26 ans en 1770, quand elle demande l’autorisation de sa mère et de son beau-père d’épouser Jacques Despré, Desprez, voiturier, une dizaine d’années plus âgé qu’elle, ce que manifestement sa mère lui refuse… Pourtant elle a la majorité matrimoniale qui est de 25 ans a cette époque pour les filles.

Le mariage de Marie Bergeron et Jacques Després.

 Présentation.
Le trente juillet 1770 après la publication des bans du futur mariage entre Jacques Després voiturier, fils majeur de pierre Després et de Jeanne Baillet ses père et mère tous deux décédés
Le futur marié est majeur et a donc plus de 30 ans ce qui situe sa naissance avant 1740.
et Marie Bergeron fille majeure de feu François Bergeron postillon et de Marie Madeleine Laurent, les deux parties de cette paroisse

Il s sont tous les deux de La Crèche (79), l’indication est précieuse, elle orientera les recherches des parents des frères et sœurs éventuels.

La majorité matrimoniale selon la législation royale (ordonnance de Blois 1579) est de 25 ans pour les filles et de 30 ans pour les garçons. Cette ordonnance de Blois de 1579 veut lutter contre les mariages clandestins, le rapt de séduction dus au refus d’autorisation des parents, et ordonne la publication de trois bans aux prônes des messes des trois dimanches précédents la cérémonie et la présence de 4 témoins.

Les trois bans.
Les trois bans ont bien été publiés et tout paroissien a donc pu signaler un éventuel empêchement au mariage. La formulation est classique et exprime la volonté de l’église de lutter contre la polygamie, les mariages consanguins auquel cas il faudra une dispense avec le degré de consanguinité.

Pour les mineurs, l’accord des parents ou d’un tuteur était obligatoire, le curé devait s’en assurer avant de célébrer le mariage, sans accord ni présence de ces derniers le mariage n’était pas célébré..

faites en cette église aux prônes de la messe paroissiale par trois dimanches et fêtes courantes sans qu’il se soit trouvé aucun empêchement et opposition
Jusque là, l’acte ne présente aucune particularité.
Les sommations respectueuses.
vu la requête présentée par la dite Marie Bergeron au juge royal de Saint Maixent a ce qu’il lui fut permis de faire sommer sa mère et son beau père de consentir à son présent mariage et la permission du juge étant au bas en date du 28 juillet 1770 ayant signé Sosereau et duement scellée vu aussi les trois sommations faites la deuxième de juillet et la dixième et la seizième du même mois par Pelisson et Melot notaires à Saint Maixent en présence de Marie Bergeron requérante et contrôlée à Saint Maixent l’une le 12 l’autre le 18 et la dernière le 28  même mois
 Le juge a accordé à Marie Bergeron la possibilité de recourir à des sommations respectueuses qui ont été rédigées en bonne et due forme par deux notaires de Saint Maixent, présentées par trois fois à des dates proches les unes des autres et la permission finale du juge le 28 juillet soit deux jours avant la cérémonie.
Qu’est ce que La sommation respectueuse?

Instaurée au début du XVII è siècle , la sommation respectueuse est une procédure qui permet aux filles de plus de 25 ans et aux garçons de plus de 30 ans de se passer du consentement de leurs parents.

En effet, ceux qui avaient atteints la  majorité matrimoniale étaient simplement tenus de « demander le conseil » de leurs parents par des « actes respectueux ». Cette requête était rédigée en termes respectueux d’où son nom par un notaire et présentée ensuite aux parents par trois fois.

Les parents pouvaient essayer divers moyens pour faire pression, comme menacer de le déshériter, de supprimer la dot, ou d’un éventuel soutien. Ces recours pouvaient durer plusieurs mois, ce qui était un autre moyen de pression. Certains parents espéraient que leurs enfants réfléchissent, et renoncent au mariage.

Si les parents continuaient à s’opposer, les jeunes gens pouvaient alors passer outre.

L’engagement solennel des époux et les témoins.
je soussigné prêtre vicaire de cette paroisse reçu en cette église le mutuel consentement de mariage des susdites parties et leur ai donné la bénédiction nuptiale  avec les cérémonies prescrites par la Sainte Eglise en présence de Charles Roc St. Jean Moindron, Michel Martineau, René Simon, Angelique Martin femme de jean Moindron, Jeanne Despree femme Charles Roc, Jeanne Martineau, témoins et parents lesquels nous ont attesté ce que ci dessus et ont déclaré ne savoir signer exceptés les soussignés qui ont signés avec l’épouse
Marie Bergeron
Jean Moindron
René Simon
Rivière vic de Breloux
L’échange des consentements entre les futurs époux est maintenant fait selon les cérémonies  de l’église catholique et les témoins sont nombreux du coté du marié. Jeanne Despré sa sœur et son mari Charles Roc, Michel Martineau époux ou veuf de Marie Despré, Jeanne Martineau peut être sa fille, Jean Moindron et son épouse Angélique Martin, lien inconnu, René Simon inconnu. Il semble qu’ils aient été soutenu par la communauté créchoise.
Nous ne saurons pas si c’était un problème de religion, d’argent ou encore de désaccord entre les familles.

Les absents sont bien sûr, les parents de Marie et son frère Pierre. Mais le 13 mars 1771, ce dernier et son épouse Jeanne Lambert seront les parrain et marraine d’un enfant du jeune couple, Pierre Despré.

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Portrait de mariage d’Isaac Massa et Beatrix Van der Laen Frans Hals Rijksmuseum d’Amsterdam

 

Conclusion:

Marie Madeleine Laurent décédera en novembre 1771. Ni sa fille ni son gendre ne seront présents et aucune fille ne portera le prénom de Madeleine. Marie Bergeron aura au moins quatre enfants. La dernière Marguerite Marie naîtra le 4 mars 1777, deux mois avant le décès de Marie Bergeron le 28 avril 1777 à l’âge de 33 ans.

8. Marie Bergeron 1744.1777

7. Marguerite Marie Despré 1777.1849

6. René Déré, Desré, Dairé 1805.1880

5. René André Dairé 1841.1880

4. Achille Eugène Dairé 1872.1932

3. Madeleine Dairé

2. mon père

1. moi

Sources;

union; AD 79 La Crèche BMS 1750-1770 vue 189.

décés; AD 79 La Crèche BMS 1771-1792 vue 55.

Marie Madeleine Laurent, La Crèche (79) changement de nom…

Les noms de famille, les patronymes ont évolués au fil du temps. Repérer nos ancêtres quand la famille reste dans une paroisse est quelques fois ardu, mais quand ils partent même à moins de 30 km et que le curé écrit leur nom différemment c’est une autre histoire. C’est ce qui est arrivé pour Marie Madeleine Laurent Sosa 327, 9 ème génération du coté Dairé, décédée à La Crèche en 1771. Grâce à Geneanet je pense avoir retrouvé son ascendance, voila comment.

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Sainte Marie Madeleine Piero Di Cosimo, 1501 Rome galerie nationale d’art ancien.

Ce que je sais:

Marie Madeleine Laurent, eut trois enfants d’un premier mariage avec François Bergeron. Felice en 1738 qui ne vécut que onze mois, Pierre né en 1741 et Marie en 1744. Pierre et Marie sont tous les deux mes ascendants du coté Dairé. Les deux aînés Félice et Pierre naissent à Saint Maixent (79) et la troisième, Marie à Breloux, La Crèche (79).

François Bergeron, son premier époux, aubergiste à la Crèche décède à 40 ans en 1749. Son acte de décès mentionne comme témoins, ses beaux-frères Louis Laurent et Jacques Le Blanc, inconnus à La Crèche.

Marie Madeleine Laurent épouse en secondes noces René Duprat en avril 1750 à Breloux, aubergiste également et sont alors témoins Jacques Le Blanc, Louis Laurent et Pierre Jarc. Les trois témoins sont inconnus.

La recherche:

Il n’y a pas de mariage dans les années 1737 ni avant, ni de naissance vers 1700 dans les paroisses de Saint Maixent, ni de Breloux. J’avais donc plus ou moins, (plutôt plus) abandonné l’affaire, jusqu’au moment où…. Si j’utilisais les moteurs de recherche de Geneanet, en particulier en ajoutant des variantes sur le nom de recherche et une zone géographique étendue à 30km….

J’ai une proposition; lorand Madeleine née à Augé le 7 avril 1707, 7 km de Saint Maixent, 8 km de Breloux, un frère prénommé Louis. Au moins trois bonnes raisons d’y regarder de plus près.

Conclusion:

Il apparaît alors une famille de laboureur d’Augé (79). Madeleine est la dernière fille de Louis Lauren, laboureur à Augé (79) et  Elisabeth Morin mariés le 15 octobre 1691 à Saivres (79). Ils eurent sept enfants.

L’aînée Marie née en 1692  épousa en 1721 à la Chapelle-Bâton un Jacques Leblanc, une Elisabeth Lorand née en 1706 épousa un certain Pierre Jarc en 1740 et un  frère Louis Lorand est né vers 1704 à Augé.

Madeleine Laurent naquit le 7 avril 1707 à Augé, son père Louis est alors valet de meunier.

Les coïncidences se multiplient, la famille se dessine. L’horizon s’élargit considérablement, mais pas de certitude absolue sans le mariage de Marie Madeleine Laurent et François Bergeron, qui reste encore à trouver.

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Marie Madeleine – Jan Van Scorel- 1530 Rijksmuseum, Amsterdam.

Noms de famille.

Dans cette recherche, le nom de Laurent apparaît sous plusieurs orthographes; Laurent, Lauren, Lorand ou encore Loran.

Origine du nom Laurent; nom de baptême formé sur le latin Laurentius, dérivé de laurus (= laurier). Le laurier étant un symbole de victoire, on comprend le succès de ce nom dès l’époque romaine. Par la suite, dans la chrétienté, il représente la victoire de la nouvelle religion sur le paganisme, à l’image de saint Laurent brûlé sur un gril au IIIe siècle en se riant des flammes. (étymologie geneanet). Les autres orthographes en sont des variantes.

L’orthographe d’un nom de famille a varié au fil du temps. Elle est devenue fixe, théoriquement avec l’apparition du livret de famille en 1777. Les lois Jules Ferry (1882) ont accentuées le phénomène en rendant l’école obligatoire. Chaque élève apprend alors à écrire son patronyme.

Dans les années 1730 ou 1740, Madeleine Lorand venue d’Augé (79) s’est mariée et à la naissance de ses enfants est devenue Marie Madeleine Laurent sous la plume du curé de St Maixent (79) puis de Breloux (79).

Un autre exemple, la famille Maye.

La famille Maye est dans l’ascendance du côté Vacher-Dairé.

2- mon père

3- ma grand-mère

4- Blanche Vacher.

5- François Vacher

6- Marie MAYE, née en 1821, épousa François Vacher en 1847 à Pamproux (79).

7- Jacques MAYE naquit en juin 1793 à Pamproux (79).

8- Jacques Mée naquit en 1738 à Pamproux (79)

9- Daniel Germain Mée naquit en Janvier 1705 Pamproux (79).

10- Jean Mehe ?

Il y eut au moins 3 orthographes différentes sur 5 générations, mais toujours  dans la paroisse de Pamproux.

Une recherche sur Mee avec des variantes sur le nom, la commune de  Pamproux élargie à 30 km, me suggère un mariage de Jean MEE, Mie avec Marie Michaud, à Rouillé dans la Vienne, département limitrophe…. à voir.

Faire une recherche en élargissant l’orthographe du nom de famille est logique, les 30 km sont un paramètre pris plus ou moins au hasard ayant constaté que ces ancêtres étaient journaliers amenés à bouger mais qu’ils restaient proches de leur famille.

Cette astuce de recherche est sans prétention, elle m’a permis de lever quelques blocages ou d’ouvrir d’autres portes en vérifiant bien sûr.

Et vous, avez vous des astuces?

 

 

 

# Sosa 666, un ancêtre poitevin.

Ce qui devait être une aparté se révèle une énigme. La recherche via le logiciel Hérédis me donne la réponse en un clic, le Sosa 666 se nomme Isaac Delaumone, fait parti de l’ascendance Dairé, 10ème génération et puis …J’ai du faire quelques recherches complémentaires pour pouvoir vous en parler.

Isaac DELAUMONE quelques fois écrit Delaumosne voire même « de l’aumosne » vécut au XVIIIe siècle dans les Deux-Sèvres ou plutôt le Poitou, il fut laboureur. Il est le fils d’un autre Isaac Delaumone et de  Marie Plantiveau.  Sa mère eut au moins 10 enfants, tous nés à François (79) entre 1682 et 1695. La mortalité infantile était élevée, quatre enfants décèdent en bas âge, les six autres atteindront l’âge adulte. et quatre auront des enfants;Jacques (1687.1737) aura deux filles, Paul (1694-) 3 filles et un garçon, Louis (1695-1752) quatre garçons et une fille.

carte cassini françois chauray

Carte de Cassini, n°97, François Chauray.

Isaac est surement l’aîné des enfants et  le seul dont je n’ai pas trouvé la date de naissance exacte. Sa filiation est prouvée par son mariage qui eut lieu à St Gelais (79) le 31 août 1711.

« Aujourd’hui trentième jour d’août 1711 après les trois publications faites sans oppositions ont reçu la bénédiction nuptiale Isaac Delaumone de la paroisse de François et Madeleine Jamonneau de cette paroisse de Saint Gelais en présence d’Isaac Delaumone père, de Jacques Plantiveau, de Jean Alix, d’André Fouet oncle de la dite Jamonneau.  » ont signé, I Delaumone, Jacques Plantiveau et le curé de St Gelais.

6.11.1712, naissance de sa fille Madeleine qui épousera le 10.2.1733  Pierre Gibault à François.

18.3.1715 naissance de sa fille Jeanne qui épousera Claude Gelin le 2.5.1741 à Chauray.

Le 5 août 1715, il passe un bail de trois ans pour l’exploitation de la métairie du colombier de Bonneuil (François 79). Contrairement à son père, il ne sait pas signer.

14.2.1718, naissance de Louise Suzanne, mon aïeule. Louise Suzanne et Jeanne se marie le même jour, le 2.5.1741 et épousent les deux frères Jacques et Claude  Gelin.

1.2.1721  naissance de Françoise qui décède à 18 ans à Chauray.

20.9.1724  naissance de Louise qui épousera  Michel Bouliau à Chauray  le 4 juillet 1746.

27.4.1727 un fils Jacques qui décède deux jours après.

Il aura donc 4 filles avec Madeleine Jamonneau et des descendants qui s’appelleront Gibault ou Gelin, ou encore Bouliau. Il semble avoir quitté François pour Chauray vers 1739. Sa date de décès reste inconnue, mais située entre 1741 mariage de Louise Suzanne et Jeanne et 1746 celui de Louise. Quant à son épouse Madeleine Jamonneau, son destin m’est inconnu.

En résumé;

11 Isaac Delaumonne

10 Isaac Delaumone, Sosa 666

9 Louise Suzanne Delaumonne

8 Pierre Gelin

7 Marie Gelin

6 Marie Rossard

5 André Dairé

4 Eugène Dairé

3 ma grand-mère

Source;

AD 79 Chauray, François, La Crèche.

Carte de Cassini.

De l’intérêt des registres matricules et la famille Vacher.

Après de sérieuses difficultés pour trouver la naissance de Blanche Vacher (Sosa 11), 4ème génération, finalement bien née à Rom (79) comme elle le disait,  j’avais laisser sa branche latérale. Après Blanche, étaient nés Fernand Auguste en 1886, Julie en 1893. Une fratrie de 3 enfants nés à Rom, ce qui ne correspondait en rien à ce que nous savions de cette famille, à savoir une famille nombreuse.

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