1929, Réveillon chez Abélard à Thouars (2).

L’atmosphère commence à s’échauffer ce 31 décembre 1929, la chaleur, les mets, les vins aidants, le restaurateur s’apprête à servir…..

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Les Noisettes de chevreuil d’Oiron à la Montespan.

Le chevreuil est un gibier à poil dont on peut utiliser différentes parties comme le filet coupé en noisettes. Celui-ci venait de la forêt de Oiron , une commune près de Thouars.  La précision « à la Montespan  » me laisse rêveuse car Madame de Montespan a surtout laissé des recettes de produits de beauté,  ses recettes de cuisine n’ont pas traversé le temps. Une recette de chevreuil existe encore, celle des noisettes de chevreuil saint Hubert, qui est une recette avec poires et vin rouge.

http://www.cuisineetvinsdefrance.com/,noisettes-de-chevreuil-saint-hubert,24112,10273.asp

Le boudin blanc  Richelieu.

Au moyen-âge la tradition voulait que l’on commence le réveillon de Noël par de la bouillie de lait et mie de pain servie chaude. La recette  date du XVIIème siècle. En 1892, la baronne de Staffe dans « la maîtresse de maison » suggère pour simplifier le service de présenter cette bouillie améliorée dans un boyau. . Actuellement c’ est une préparation de charcuterie fine à base de viande blanche, maigre de porc, volaille ou veau. On y ajoute des matières grasses, parfois crème, œufs et lait et on aromatise avec des épices. Le boudin à la Richelieu est présenté sous forme de boulettes, hachis de filets et foies de volaille, du maigre de veau et du foie gras, enveloppées de crépine, décorées à la truffe et présentées en parallélépipèdes . Ce fut Etienne Joly, cuisinier et premier aide aux entrées chez le Cardinal de Richelieu qui fit cette création en 1748. Le boudin blanc est resté un produit que l’on déguste au moment des fêtes en version simplifiée.

http://lacuisinefrancaisedantan-jadere.blogspot.fr/2011/12/le-boudin-de-noel-entre-autre.html

http://www.infocharcuteries.fr/dmdocuments/dossier_complet_boudins.pdf

La dinde farcie aux truffes du bois de Féole.

La dinde est encore la vedette des tables de fêtes de fin d’année.  Le dindon découvert par Christophe Colomb aux Amériques devient « coq d’Inde » ou « poule d’Inde » en Europe. Rabelais en parle dès 1534 dans Gargantua et même si le dindon véhicule une image de gloutonnerie et de sottise, sa viande fine et digeste est vite réputée mais chère par sa rareté et le coût de son engraissage. A partir du XIXème la poule d’Inde devient un incontournable de la table de Noël  sous forme de dinde farcie. Les recettes pullulent sur le net , mais celle d’Abélard était farcie de truffes récoltées dans le bois de Féole.

http://www.histoire.presse.fr/actualite/infos/pas-de-noel-sans-une-dinde-01-01-2008-3705

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Nature morte au pâté de paon, Pieter Claesz 1627.

La salade Héloïse.

Elle ne semble devoir son nom qu’à l’histoire de Héloïse et Abélard. Voulait-il faire un jeu de mot, simplement donner un nom à une salade?

Les Asperges sauce Hongroise.

Les asperges en fin de repas semblent une curiosité, et ne se servent plus en fin d’année, hors saison. La sauce hongroise est à base de fromage blanc assaisonnée de paprika à laquelle on incorpore un blanc d’œuf battu en neige, surement pour alléger la recette!…

Il est temps de passer aux desserts.

la Bûche de Noël.

http://www.lepetitjournal.com/singapour/a-voir-a-faire/culture/us-et-coutumes-singapour/134286-tradition-connaissez-vous-lhistoire-de-la-buche-de-noel-.html

D’origine en bois
En France, depuis plusieurs siècles, la coutume voulait que lors de la veillée de Noël, l’on flambe une bûche en bois d’arbres fruitiers (prunier, cerisier, pommier, olivier) ou bien de bois francs (chêne ou hêtre). C’est autour de sa flambée, qu’au retour de la messe, les familles se réunissaient pour prendre le repas de Noël, en chansons.
Placée dans l’âtre de la cheminée – foyer apportant chaleur et réconfort – avec des fragments de la bûche de l’année précédente symbolisant ainsi le temps sans cesse renouvelé, la flambée de la bûche de Noël était un rituel de bénédiction.

Selon les régions, elle était saupoudrée de sel (en Poitou-Charentes) ou arrosée de vin (en Provence), d’eau bénite, d’huile, de lait ou de miel en récitant des prières. Généralement, la coutume voulait que la bûche se consume durant trois jours sinon, gare au malheur !

Entre croyances et superstitions
La bûche ainsi « bénie » protégeait la maison et ses habitants. Ses cendres étaient dispersées dans les étables, les vergers ou les champs pour protéger des maladies et apporter la prospérité. Pour certains, les cendres permettaient d’empêcher les renards d’entrer dans le poulailler et les sorciers dans les habitations. Pour d’autres, elles avaient le pouvoir d’accroître les semences, de protéger de la foudre et d’abréger l’agonie des mourants. Jetées dans un puits, elles éloignaient les serpents et les mauvaises langues ! Déposées dans le cercueil d’un défunt, les cendres portaient chance dans l’au-delà.

Nos traditions hésitent toujours entre fêtes religieuses et croyances païennes. A quel moment la bûche du foyer s’est elle transformée en bûche en chocolat? L’histoire ne le dit pas. Pâtissière ou glacée la bûche est toujours un incontournable de nos fêtes de Noël.
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Le Plum-pudding.

C’est un plat typiquement anglais, qui est également le titre d’une nouvelle « Christmas pudding » publiée par Agatha Christie en 1923. Par quelle magie est il arrivé sur ce menu, une mode?

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Les fleurs de Nice évoquent les violettes de Nice , véritables fleurs enrobées de sirop de sucre pour être confites et servies avec un café « Héloïse ».

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Il faut espérer qu’après un pareil repas ils auront pu esquisser quelques pas de danse, un fox trot, ou un charleston tout en se souhaitant comme je le fais aujourd’hui une

        BONNE et HEUREUSE ANNÉE 2016.

 

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2 réflexions sur “1929, Réveillon chez Abélard à Thouars (2).

  1. Je pense qu’Abélard a donné le nom de « Montespan » au plat de chevreuil sans doute parce que la marquise possédait à la fin de sa vie le château d’Oiron. Ce n’est sûrement pas pour les talents culinaires de la maîtresse royale.
    Dîner chez Abélard, c’était s’enrichir de culture (Montespan, Héloïse, Richelieu…) presque autant que de nourriture !

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