Catherine Pinaudeau, huilière à Pamproux.

Catherine Pinaudeau (ascendance Vacher; sosa 89) est née un jeudi 10 juin 1802 à Pamproux (79). Elle est la fille de Pierre Pinaudeau (1762-1815) huilier à Pamproux  lui même fils de Daniel Pinaudeau (1714-1767)  huilier aussi à Pamproux et de Madeleine Peignon elle même fille d’huilier…. Catherine Pinaudeau est  dite huilière en 1824, le jour de son mariage avec François Vacher et  représente au moins la quatrième génération d’huilier à Pamproux . C’est aussi la première femme dans ma généalogie exerçant une profession reconnue par le curé du village.

Ce samedi 3 janvier 1824, jour de son mariage, son père est décédé depuis 1815, sa mère est dite sans profession et sa sœur Louise a épousée un journalier Jacques Caillon.
………..
catherine pinaudeau huilière 21 ans et 7 mois née à pamproux le 27 prairial an 10, fille majeure et légitime de défunt pierre pinaudeau décédé à pamproux le 24.4.1815 et de vivante radegonde caillé ici présente et consentante demeurant ensemble au dit bourg de pamproux….
Pendant un siècle au moins, les membres de la  famille PEIGNON et PINAUDEAU,au moins 5 générations dans l’ascendance VACHER ont exercé cette profession  à  PAMPROUX (79)
11 PINAUDEAU Louis sosa 1424 (1647-1694) huilier.
10 PINAUDEAU Daniel sosa 712 (1686-avt 1739) huilier et PEIGNON Daniel sosa 714 huilier
9   PINAUDEAU Daniel sosa 356 huilier, (1714-1767), grand père de Catherine ,Daniel Pinaudeau a épousé madeleine Peignon le 16.7.1754 à Pamproux.
8    PINAUDEAU Pierre (1762-1815) sosa 178 huilier
7 PINAUDEAU Catherine épouse VACHER (1802/1856) sosa 89 huilière
(6 VACHER François sosa 44)
(5 VACHER François sosa 22)
(4 VACHER Blanche épouse Dairé  sosa 11)
(3 Dairé Madeleine sosa 5)
c’est un ancien métier de nos ancêtres. Dans le Poitou il n’y avait guère que les noix qui pouvaient produire de l’huile. Il n’y avait pas de plantation d’oliviers dans la région, mais les noyers existaient  en abondance, ce que nous confirme le préfet Dupin dans son « second mémoire statistique « ;
Le seul arbre que l’on cultive pour avoir de l’huile , c’est le noyer (juglans regia), qui réussit parfaitement dans les terrains substantiels, On en voit de très beaux sur les lisières de plusieurs champs, et surtout dans les hameaux. Il serait à désirer que tous les chemins vicinaux, dans les terrains qui y sont propres fussent bordés de ces arbres. On ne recueille point les fruits du hêtre (fagus sylvatica), pour en retirer de l’huile.

second mémoire statistique du préfet Dupin vue 270.
noix 1

juglans régia, noix planche botanique .

les habitants apportaient ils leurs sacs de noix ou les huiliers passaient ils dans les foyers pour récolter les noix? je ne sais.
Encore aujourd’hui la récolte des noix a lieu fin septembre, début octobre. Il faut les ramasser, les laisser sécher dans leur coque, les casser, il y a tout un vocabulaire pour cela, la tricote, l’énoisage, les énoiseuses,
On les apporte à l’huilerie en janvier, une fois bien sèche pour diminuer l’acidité. L’huilier sépare alors les cerneaux en fonction de leur qualité. Il y a alors 3 étapes, broyage, cuisson, pression.
Huilier de père en fils, on se passait les secrets de fabrication, la brasse, la chauffe des cerneaux, tout ce qui était nécessaire pour fabriquer une bonne huile.
Voici la description du procédé employé aux environs de Mende et dans presque tout le département de la Lozère pour la fabrication de l’huile de noix..

Les noix cassées et dégagées à la main après leur parfaite dessiccation, de leur coquille ligneuse, travail que dans les fermes on exécutait à la veillée, sont soumises à la trituration sous un rouleau en pierre mu par un moteur hydraulique; la pâte qui en résulte est chauffée par petites portions d’un kilogramme et demi environ dans une casserole en cuivre placée sur un feu de bois, elle ensuite placée dans un morceau de toile de cinquante centimètres carrés et mise à la presse. Cette presse consiste en un bloc de bois dur , formant un parallélogramme de 2 m de long sur 50 cm de largeur et autant d’épaisseur; il est percé de 2 trous  coupés à angle droit dans toute l’épaisseur du bois, dans lesquels la pâte est serrée par des coins en bois enfoncés au moyen d’un maillet aussi en bois. l’huile est reçue en dessous dans des seaux.
Trois personnes sont nécessaires pour cette manipulation: un homme occupé à la confection de la pâte, une femme à la faire chauffer, et un homme à extraire l’huile. Ces trois ouvriers produisent en moyenne une trentaine de kilogrammes d’huile pendant une journée de 12 heures. C’est beaucoup de main-d’oeuvre pour un si petit résultat…..
Les tourteaux sont donnés aux vaches, aux bêtes à laine, ou aux cochons à l’engrais, qui tous les mangent avidement….
E.Ignon.
propriétaire et maire à Nojaret, commune de Badaroux, membre de la société d’agriculture, etc…, du département de la Lozère.
Cet article de « la gazette du village  » est de 1866, et concerne la Lozère. La fabrication de l’huile de noix devait être semblable en Poitou.
Les huileries étaient autrefois très nombreuses dans la région, notamment là où la récolte de noix était abondante, comme dans le Mirebalais ou le Civraisien. La grande majorité de ces établissements travaillait à façon (en pressant les noix sans fournir la matière première) et de manière saisonnière, durant l’hiver. La plupart ont conservé une structure artisanale et ont fermé au début du XXe siècle.
Les cerneaux de noix, débarrassés de leurs coques, sont broyés par une meule verticale tournant sur une meule horizontale. La pâte obtenue est chauffée dans une poêle en fonte posée sur un foyer en brique ; elle est constamment remuée jusqu’à une température de 50° C. Elle est ensuite comprimée dans une presse manuelle de manière à en extraire l’huile.
La plupart des établissements utilisent l’énergie hydraulique ; un moulin à huile est fréquemment associé à un moulin à blé sur une même voie d’eau. Certains font appel à la simple énergie animale, comme dans l’huilerie Batard-Goujon, à Neuville-de-Poitou, où la meule a été entraînée par un cheval jusqu’en 1920.
À partir du début du XXe siècle, certains établissements se sont équipés d’un nouveau matériel électrique composé de broyeurs, de malaxeurs pour la chauffe et de presses hydrauliques.http://dossiers.inventaire.poitou-charentes.fr/le-patrimoine-industriel/4produitsagri/2raisin/4produitsagri_2raisin.html#noix
huilerie sartier

Meule du moulin à huile Sartier à Salles-Lavalette (Charente) © Service régional de l’inventaire de Poitou-Charentes / M. Deneyer, 1989

Cette huile servait pour l’éclairage, la teinture et bien sûr pour l’ alimentation, la friture (ce qui est déconseillé aujourd’hui).

Des médecins, botanistes et alchimistes du XVIème siècle dont Paracelse ont fondé « la théorie des signatures » sur la ressemblance entre la noix et le cerveau. En effet sous la coque, la noix présente des circonvolutions qui font penser aux deux hémisphères du cerveau. De là à penser que les noix sont bonnes pour le cerveau ils n’ont fait qu’un pas ..qui a été vérifié par la science bien plus tard.
L’expression,  » à la noix » est une façon péjorative de dire que un objet a peu de valeur, ce qui laisse entendre  celle qu’on accordait à cette huile.
Si vous êtes tenté par la fabrication n’oubliez pas qu’il faut casser 6 kg de noix  pour obtenir 1 l d’huile.
Aujourd’hui on parle plutôt des noix de l’Isère et du Périgord. Il existe encore une huilerie en deux Sèvres, celle de Limalonges et trois autres dans le Poitou. Les noyers ont diminués sans disparaitre tout à fait du paysage.
noix nature morte

Francisco de Burgos Mantilla ( 1609/12- 1672 ), Nature morte aux fruits secs, Yale University Art Gallery New Haven

 Que sont devenus les huiliers de Pamproux, quand ont-ils disparus?  Il en restait deux au recensement de 1861 et ils ne s’appelaient ni Pinaudeau ni Peignon.
Catherine eut au moins 8 enfants. Que sont-ils devenus? Je ne connais que la descendance de François Pierre né en 1826 et il ne fut pas huilier.
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3 réflexions sur “Catherine Pinaudeau, huilière à Pamproux.

  1. Bonjour,
    Vos articles sont toujours très intéressants, et encore plus pour moi qui ai une partie de mes ancêtres dans les Deux Sèvres, surtout dans le pays Mellois. Peut être un jour en retrouverai je dans vos articles. L’histoire des huiliers m’a bien intéressée car j’avais un arrière arrière … grand oncle huilier à Celles sur Belle.
    Félicitations pour votre travail.
    Cordialement
    Marie-Isabelle FEMENIA

    • Comme vous l’avez constaté, je suis attachée au Poitou et la curiosité me guide, toujours la curiosité!… quand je trouve un métier, une précision sur un ancêtre, je cherche toujours à en savoir plus, ensuite, je n’ai qu’une envie, partager ce que j’ai trouvé. Le blog m’oblige à vérifier, à préciser, à fouiller (merci le web). Alors, merci à vous de me lire, de me l’écrire.
      Bonne lecture.

  2. Pingback: Pamproux (79) et mes ancêtres. | Nelly, ancêtre du Poitou

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